La Maison rustique du XIXe siècle — Tome 1 (Agriculture)

Ce qu’est ce livre. La Maison rustique du XIXe siècle est une encyclopédie d’agriculture pratique publiée à Paris à partir de 1835. Son tome 1 est consacré à l’Agriculture proprement dite : le climat, le sol, les amendements et engrais, l’eau (drainage et irrigation), le travail de la terre, les semis, les assolements, les récoltes et leur conservation, les clôtures, puis les grandes cultures (céréales, légumineuses, plantes-racines), les prairies et les maladies des plantes. C’est un ouvrage de vulgarisation savante, destiné aux propriétaires et cultivateurs, qui compile l’état des connaissances agronomiques françaises et européennes de son temps.

Qui l’a écrit. L’ouvrage est collectif : une trentaine d’agronomes, chimistes et praticiens y ont contribué, sous une direction éditoriale (les initiales « C. B. de M. » reviennent pour la rédaction). On croise, au fil des chapitres du tome 1, des signatures comme Oscar Leclerc-Thouin, A. Payen (le chimiste, pour les engrais), Antoine de Roville, A. Puvis, ou des renvois à Mathieu de Dombasle, Thaer, De Candolle, Vilmorin. Cette pluralité explique l’inégalité de ton d’un chapitre à l’autre — certains très théoriques, d’autres résolument pratiques.

Ce qu’il couvre (tome 1). 536 pages, ~468 000 mots, 345 gravures. Le corps du livre tient en 23 chapitres : du climat (chap. I-II) aux maladies des plantes (chap. XIX), en passant par le sol et ses amendements, les engrais, les opérations agricoles (défrichement, écobuage, drainage), les labours, les semis, l’entretien du sol, les irrigations, les assolements, les récoltes et leur conservation, les voies de communication, les clôtures, les céréales, les légumineuses, les plantes-racines et les prairies.

Statut juridique. Domaine public. Le texte utilisé ici provient d’une numérisation Google Books ; il a été océrisé.

Ce qu’il vaut aujourd’hui

Sa valeur. Le livre est un formidable réservoir de savoir-faire low-tech, sans intrants achetés et sans énergie fossile : amender sa terre avec des ressources locales, fertiliser au fumier, au compost et au purin, garder un sol fertile par la rotation, récupérer et distribuer l’eau par gravité, conserver ses récoltes en silo, en cave ou en terre, se protéger du vent par des haies. Autant de gestes redevenus pertinents pour qui cherche à faire de bons choix face au désordre climatique, aux pénuries et à l’instabilité des approvisionnements. Beaucoup de ces pratiques sont aujourd’hui redécouvertes sous d’autres noms (engrais vert, paillage, sub-irrigation, non-labour, prairie fleurie).

Ses limites — à lire avec un filtre. C’est un livre de 1835, avec les angles morts de son époque :

  • Il ignore l’azote : il observe que les légumineuses (trèfle, luzerne, fèves) enrichissent le sol, mais l’explique mal et écrit parfois qu’elles « enlèvent plus qu’elles ne rendent ». La fixation symbiotique de l’azote n’est comprise qu’à la fin du XIXe siècle.
  • Il est antérieur au mildiou de la pomme de terre (arrivé en Europe vers 1845) et au doryphore : son optimisme sur la monoculture de pommes de terre (jusqu’à 32 ans de suite) est à proscrire ; la rotation reste indispensable.
  • Il est antérieur à la théorie microbienne (Pasteur) : sur les maladies des plantes, ses descriptions sont souvent justes mais ses explications de cause sont fausses (métaphores médicales « pléthore », « hydropisie »), et une partie de ses remèdes est inefficace ou dangereuse.
  • Il contient des pratiques aujourd’hui datées, réglementées ou dangereuses : la chaux vive (caustique, a « brûlé des récoltes »), l’écobuage (réglementé, souvent interdit), le guano (épuisé, non écologique), le sulfate de cuivre sur les semences (toxique), le doublage des silos au plomb (toxique), les appâts empoisonnés contre les nuisibles, le mastic sur les plaies de taille (aujourd’hui déconseillé), l’assèchement des zones humides (protégé par la loi sur l’eau).
  • Ses chiffres (rendements, doses, prix) sont en unités anciennes (toises, pouces, arpents, livres, francs de 1835, degrés Réaumur) et sans commune mesure avec l’agriculture actuelle : ils valent comme ordres de grandeur, pas comme prescriptions.

Sur l’état du texte. La numérisation est lisible mais abîmée : mots recollés, lettres confondues, chiffres douteux, débordements de pagination d’un chapitre sur l’autre. Toute reprise de ce livre suppose de vérifier le sens, de ne jamais deviner un chiffre illisible, et de respecter l’orthographe de 1835 (« enfans », « savans », « amendemens ») sans la corriger.

Comment le wiki s’en sert

Toutes les pages tirées de ce livre sont en posture passeur : Loïc n’est pas praticien de l’agronomie de 1835, il en fait la curation. Chaque affirmation est datée et sourcée sur ce livre ; les pratiques dangereuses ou dépassées sont signalées comme telles, et jamais présentées comme des recettes à suivre sans vérification moderne.

Les fiches tirées de ce livre

Cette liste s’enrichira à mesure que les fiches sont écrites. Les rétroliens en bas de page la complètent automatiquement : toute fiche qui cite ce livre y apparaît.


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