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Vous venez de passer deux heures à mijoter un délicieux bœuf bourguignon. Le plat embaume la cuisine, les saveurs sont parfaites. Vous en remplissez un bocal, le fermez soigneusement, et le mettez au frigo en vous disant : “Parfait, j’en ai pour la semaine.”
Trois jours plus tard, vous ouvrez le bocal. Une odeur douteuse s’échappe. Le plat a tourné.
Cette scène, des milliers de familles la vivent chaque semaine. Pourquoi ? Parce qu’on nous a fait croire qu’un bocal fermé au frigo suffisait à conserver un plat cuisiné. C’est faux.
Pourtant, il existe bel et bien une technique permettant de conserver un plat cuisiné 30 jours au réfrigérateur, parfois même 45 jours pour certaines préparations. Une méthode simple, accessible, qui ne nécessite ni stérilisateur professionnel ni congélateur géant. Cette technique s’appelle la semi-conserve.
Dans cet article, je vous explique exactement ce qu’est une semi-conserve, pourquoi elle fonctionne, comment l’utiliser en toute sécurité, et surtout : pourquoi elle préserve bien mieux les qualités nutritionnelles de vos plats que la stérilisation classique.
I. Les deux grandes familles de conservation : conserve stérile vs conservation par le froid
Pour comprendre comment conserver un plat cuisiné longtemps, il faut d’abord saisir la différence fondamentale entre deux approches : la conserve stérile et la semi-conserve.
A. La conserve (stérilisation)
La stérilisation, c’est ce que vous connaissez probablement déjà : les bocaux de grand-mère rangés dans le cellier, les conserves industrielles dans les rayons du supermarché. Le principe ? Tuer absolument tout ce qui pourrait faire pourrir l’aliment.
Pour y parvenir, on chauffe les bocaux à très haute température : 115 à 121°C, généralement dans un autocuiseur ou un stérilisateur professionnel. À cette température, même les spores bactériennes les plus résistantes (comme celles du botulisme) sont détruites.
Résultat ? Un bocal totalement stérile qui peut se conserver 2 à 5 ans à température ambiante, sans aucun besoin de réfrigération. C’est la technique ultime pour l’autonomie alimentaire à long terme.
Mais cette efficacité a un prix : la chaleur intense dégrade les vitamines sensibles, oxyde les graisses, et altère les textures et les arômes. Un bœuf bourguignon stérilisé n’aura jamais tout à fait le goût d’un bœuf bourguignon frais.
Si vous voulez approfondir cette technique, je vous recommande de lire cet article sur la stérilisation des bocaux, qui détaille tout le processus pour les débutants.
B. La semi-conserve (pasteurisation + froid)
La semi-conserve, c’est une approche totalement différente. Au lieu de chercher à tout tuer, on cherche à réduire suffisamment la flore microbienne pour que le plat reste stable pendant plusieurs semaines… à condition de le conserver au froid.
Concrètement, on chauffe les bocaux à une température beaucoup plus basse : entre 70 et 90°C, soit une cuisson comparable à celle d’un plat mijoté classique. Cette température tue la majorité des bactéries pathogènes, mais laisse intactes certaines spores dormantes.
C’est là que le froid intervient. En stockant le bocal entre 0 et 3°C (soit la température d’un frigo bien réglé), on empêche ces spores de se réveiller et de se multiplier. Le plat reste donc parfaitement sain et consommable pendant 10 à 45 jours, selon le type de préparation.
L’avantage majeur ? Les qualités gustatives et nutritionnelles sont très proches d’un plat frais. La texture reste fondante, les arômes sont préservés, les vitamines ne sont pas détruites.
Pour bien comprendre la différence entre ces deux approches, vous pouvez consulter cet article qui compare pasteurisation et stérilisation en détail.
II. Pourquoi cette méthode existe ? (et pourquoi elle est revenue en force)
A. Les limites de la stérilisation (gustatives et nutritionnelles)
La stérilisation, c’est formidable pour l’autosuffisance et la résilience à long terme. Mais avouons-le : un plat stérilisé n’a jamais le même goût qu’un plat frais.
Pourquoi ? Parce que la chaleur extrême (115-121°C) provoque des réactions chimiques irréversibles :
- Perte des vitamines sensibles : La vitamine C, par exemple, est détruite à partir de 60°C. À 120°C, il n’en reste quasiment rien. Les vitamines B sont également très fragiles.
- Oxydation des graisses : Les acides gras insaturés (les “bonnes graisses”) s’oxydent sous l’effet de la chaleur intense. Résultat : un goût de rance, une couleur qui vire au gris, et des qualités nutritionnelles diminuées.
- Textures dégradées : Les fibres végétales se désagrègent, les protéines se rigidifient. Un légume stérilisé devient mou, une viande devient sèche et filandreuse.
- Perte des arômes volatils : Les molécules aromatiques s’évaporent ou se dégradent. Un bœuf bourguignon stérilisé perd ses notes subtiles de vin rouge, de thym, de laurier.
Pour un stock de survie destiné à durer 5 ans au cellier, ces compromis sont acceptables. Mais pour une famille qui veut simplement cuisiner en grande quantité le week-end et manger sainement toute la semaine, c’est dommage de sacrifier autant de qualité.
B. Le besoin actuel : conserver sans détruire la qualité
C’est exactement pour répondre à ce besoin que la semi-conserve existe. Elle répond à plusieurs besoins concrets :
Pour les familles : Vous préparez un grand plat le dimanche, et vous en mangez tranquillement pendant 3 à 4 semaines, sans avoir à congeler (ce qui nécessite de l’énergie) ni à tout manger en 3 jours.
Pour les petits producteurs : Imaginez un éleveur qui fait des terrines maison. Avec la stérilisation, il peut les vendre en épicerie sans frigo, mais la qualité gustative en pâtit. Avec la semi-conserve, il peut vendre un produit d’une qualité exceptionnelle, à condition de disposer d’une chaîne du froid.
Pour les circuits courts : Les AMAP, les marchés locaux, les ventes à la ferme… tous ces circuits bénéficient de la semi-conserve, qui permet de proposer des produits transformés de haute qualité sans investir dans du matériel de stérilisation industriel.
Pour la résilience alimentaire : La semi-conserve, c’est l’alliée parfaite du batch-cooking à grande échelle. Vous cuisinez une fois, vous mangez un mois. C’est économe en temps, en énergie, et ça vous libère l’esprit. Si vous voulez structurer cette approche, je vous conseille de lire cet article sur l’organisation du batch-cooking familial.
C. L’avantage : une qualité très proche du plat frais
Avec la semi-conserve, vous obtenez un plat qui a le goût d’un plat frais, la texture d’un plat frais, et les qualités nutritionnelles d’un plat frais… mais qui se conserve 30 jours.
C’est comme si vous mettiez votre plat “en pause” au frigo. Il ne vieillit pas, il ne se dégrade pas. Il attend sagement que vous le réchauffiez.
III. Nutrition : pourquoi un plat conservé au frigo garde plus de qualités qu’un bocal stérilisé
A. Moins de destruction thermique
La différence de température est énorme : 70-90°C pour la semi-conserve, contre 115-121°C pour la stérilisation. Cette différence de 30 à 50°C change tout.
À 80°C, vous cuisez un plat normalement. C’est la température d’un ragoût qui mijote doucement. Les protéines se dénaturent juste assez pour devenir tendres, les légumes conservent une certaine fermeté, les graisses restent stables.
À 120°C, vous surcuisez le plat. Les protéines se rigidifient, les légumes se transforment en bouillie, les graisses se dégradent.
Résultat : une semi-conserve préserve la structure naturelle du plat, comme si vous l’aviez simplement cuisiné et mis au frigo immédiatement.
B. Meilleure préservation des vitamines
Les vitamines sont des molécules fragiles. Plus on les chauffe, plus on les détruit.
Vitamine C : Détruite à 60°C et plus. Dans une semi-conserve (chauffée à 80°C environ), il en reste environ 50%. Dans une conserve stérilisée (120°C), il n’en reste presque rien.
Vitamines B : Elles résistent mieux à la chaleur, mais sont solubles dans l’eau. Dans une semi-conserve, on garde le jus de cuisson (qui contient les vitamines dissoutes), et on ne chauffe pas assez fort pour les détruire. Dans une stérilisation, une bonne partie disparaît.
Polyphénols et pigments : Ces composés antioxydants (présents dans les légumes colorés, les herbes, les épices) sont très sensibles à la chaleur. Une semi-conserve les préserve bien mieux qu’une stérilisation.
Si vous mangez une ratatouille en semi-conserve, vous bénéficiez encore d’une bonne partie des antioxydants du poivron, de l’aubergine et de la tomate. Si vous mangez une ratatouille stérilisée, il en reste beaucoup moins.
C. Meilleure stabilité des graisses
Les graisses, surtout les graisses insaturées (comme celles du porc, du canard, de l’huile d’olive), s’oxydent à la chaleur. Cette oxydation produit des composés au goût rance et diminue la qualité nutritionnelle.
Dans une semi-conserve, la température reste modérée. Les graisses ne s’oxydent quasiment pas. Résultat : un goût plus frais, une meilleure digestibilité, et une meilleure conservation des acides gras essentiels (oméga-3, oméga-6).
C’est particulièrement important pour les terrines, les rillettes, les confits… tous ces plats gras qui, une fois stérilisés, peuvent prendre un goût désagréable.
D. Meilleure digestibilité et index glycémique plus stable
Quand on stérilise un plat, on le chauffe si fort que les fibres alimentaires se désagrègent complètement. Les glucides complexes (comme ceux des légumes, des légumineuses) se transforment partiellement en sucres simples.
Résultat : un index glycémique plus élevé (le plat fait monter plus vite la glycémie), et une digestibilité parfois trop rapide (on a faim plus vite après).
Avec une semi-conserve, les fibres restent intactes. Les glucides complexes restent complexes. Le plat est plus rassasiant, plus équilibré, plus digeste.
IV. Sécurité alimentaire : les règles simples pour conserver un plat cuisiné 30 jours sans risque
Vous vous demandez peut-être : “Si on ne stérilise pas complètement, c’est dangereux ?”
Pas du tout. À condition de respecter quelques règles simples.
A. Le froid obligatoire (0–3°C)
C’est la règle n°1, non négociable : une semi-conserve se conserve exclusivement au réfrigérateur, à une température comprise entre 0 et 3°C.
Pas à 6°C. Pas à 8°C. Entre 0 et 3°C.
Pourquoi ? Parce qu’à cette température, les bactéries et spores qui ont survécu à la pasteurisation restent dormantes. Elles ne se multiplient pas, elles n’altèrent pas le plat.
Si votre frigo est mal réglé (ce qui est très courant), investissez dans un thermomètre de frigo. Ça coûte 5€, et ça peut vous éviter bien des problèmes.
B. Les durées de conservation
Tous les plats ne se conservent pas aussi longtemps. Voici les durées typiques pour différents types de préparations :
Terrines (porc, canard, gibier) : 30 à 45 jours. Grâce à leur teneur élevée en sel et en graisse, elles sont très stables.
Plats mijotés (bœuf bourguignon, daube, curry, chili) : 21 à 30 jours. Les plats en sauce épaisse, riches en protéines et en matières grasses, se conservent très bien.
Soupes : 10 à 15 jours maximum. Trop liquides, elles sont moins stables. On évite de dépasser 2 semaines.
Poissons : 10 à 15 jours. Le poisson est plus fragile que la viande. On ne prend pas de risque.
C. Le principe “multi-barrières”
La semi-conserve repose sur un principe simple : on cumule plusieurs facteurs qui, ensemble, empêchent les bactéries de se développer. C’est ce qu’on appelle le principe des “barrières multiples”.
- Température de cuisson : 80-90°C tue la majorité des bactéries.
- Sel : À partir de 1,5-2% de sel dans le plat, beaucoup de bactéries ne peuvent plus se multiplier.
- Acidité : Un plat avec un pH inférieur à 4,5 (comme une ratatouille à la tomate) est naturellement plus stable.
- Cuisson longue : Plus on mijote longtemps, plus on réduit la charge microbienne.
- Emballage hermétique : Un bocal bien fermé empêche les contaminations extérieures.
Aucune de ces barrières n’est suffisante seule. Mais ensemble, elles créent un environnement hostile aux bactéries.
D. Le test du bocal témoin (méthode de validation maison)
Vous voulez être sûr que votre technique fonctionne ? Faites le test du bocal témoin.
Préparez votre plat. Remplissez vos bocaux. Mais gardez-en un de côté, que vous n’ouvrirez pas.
Au bout de 30 jours, ouvrez ce bocal témoin. Si l’odeur est bonne, si l’aspect est normal, si le goût est intact : c’est gagné. Votre technique fonctionne.
Si le bocal sent mauvais, si le couvercle est bombé, si des moisissures apparaissent : c’est que quelque chose n’a pas fonctionné. Peut-être que le frigo n’était pas assez froid, ou que le plat n’était pas assez salé, ou que la cuisson n’a pas été assez longue.
Pour aller plus loin sur la sécurité alimentaire et comprendre les risques (notamment le botulisme, qui reste très rare mais qu’il faut connaître), je vous recommande cet article détaillé sur le sujet.
V. Quels plats cuisinés se conservent le mieux au frigo ?
Tous les plats ne sont pas égaux face à la conservation. Certains se prêtent parfaitement à la semi-conserve, d’autres beaucoup moins.
A. Viandes mijotées
C’est la catégorie idéale pour la semi-conserve.
Bœuf bourguignon, daube provençale, porc effiloché, agneau confit, ragoût de sanglier… tous ces plats ont en commun :
- Une cuisson longue (2 à 3 heures minimum)
- Une sauce épaisse et grasse
- Une teneur en sel suffisante
- Une faible teneur en eau
Ces caractéristiques les rendent très stables au frigo. Vous pouvez facilement les conserver 30 jours, parfois même 45 jours pour les pièces de viande confites dans leur graisse.
Astuce : privilégiez les morceaux gélatineux (joue de bœuf, jarret, queue de bœuf). Le collagène, en se transformant en gélatine, crée une texture onctueuse qui se conserve parfaitement.
Si vous aimez la cuisson douce et les plats tendres, vous apprécierez cet article sur la cuisson basse température et le batch-cooking longue durée.
B. Plats acides à la tomate
L’acidité est une barrière naturelle contre les bactéries. Tous les plats à base de tomate (qui ont un pH autour de 4,2-4,5) se conservent donc très bien.
Caponata sicilienne : un mélange d’aubergines, tomates, olives, câpres, vinaigre. Ultra-stable. 45 jours sans problème.
Ratatouille niçoise : si elle est bien cuite, avec une bonne dose de tomate, elle tient facilement 45 jours.
Rougail saucisse : ce plat réunionnais très relevé, à base de tomates, piments et oignons, se conserve merveilleusement bien.
Sauce bolognaise : un classique. 30 jours minimum. Idéale pour des pâtes rapides en semaine.
L’acidité naturelle de la tomate fait une grosse partie du travail. Vous n’avez même pas besoin de beaucoup de sel.
C. Terrines et rillettes
Les charcuteries maison sont les reines de la semi-conserve.
Terrine de campagne, pâté de foie, rillettes de porc, rillettes de canard, terrine de gibier… toutes ces préparations contiennent beaucoup de sel (1,8 à 2,2%), beaucoup de graisse, et peu d’eau.
Résultat : elles se conservent 30 à 45 jours au frigo, sans aucun problème.
Le gras forme une couche protectrice à la surface. Le sel inhibe les bactéries. La cuisson longue élimine la majorité des germes. Tout est réuni pour une conservation optimale.
Astuce : pour une conservation maximale, versez une fine couche de graisse fondue (saindoux, graisse de canard) sur le dessus de votre terrine avant de fermer le bocal. Cette “couche de protection” rallonge encore la durée de vie.
D. Plats en sauce épaisse
Plus une sauce est épaisse, moins elle contient d’eau, mieux elle se conserve.
Chili con carne : avec ses haricots rouges, sa viande hachée, ses tomates concentrées, il tient facilement 30 jours.
Curry d’agneau : la sauce au lait de coco, les épices, la cuisson longue… tout ça crée un environnement stable. 30 jours.
Poulet chasseur : en sauce tomate, avec champignons et vin blanc. 30 jours.
En revanche, évitez les sauces trop liquides (type blanquette de veau avec sa crème liquide). Elles se conservent moins bien, et ont tendance à “tourner” plus vite.
VI. Comparaison directe : semi-conserve vs conserve stérile
Pour y voir plus clair, voici un tableau qui résume les différences entre les deux méthodes :
| Critère | Semi-conserve (pasteurisation) | Conserve stérile |
|---|---|---|
| Température | 70-90°C | 115-121°C |
| Durée de vie | 10 à 45 jours | 2 à 5 ans |
| Stockage | Frigo obligatoire (0-3°C) | Température ambiante |
| Goût | Très proche du frais | Altéré par la chaleur |
| Texture | Préservée | Dégradée |
| Vitamines | Bien préservées | Détruites en grande partie |
| Graisses | Stables, pas d’oxydation | Oxydées, goût rance |
| Simplicité | Simple (casserole suffit) | Plus complexe (autocuiseur nécessaire) |
| Énergie | Faible (1h de cuisson) | Élevée (2-3h à 120°C) |
| Usage idéal | Batch-cooking familial | Stock longue durée |
B. Quand choisir la conserve ?
La stérilisation reste la méthode de choix dans certains cas :
- Vous n’avez pas de frigo (ou un frigo trop petit, ou un frigo peu fiable).
- Vous voulez un stock d’urgence à long terme (2 à 5 ans), en cas de coupure électrique prolongée ou de crise grave.
- Vous visez l’autosuffisance totale, avec un cellier rempli de bocaux pour tenir tout l’hiver.
C. Quand choisir la semi-conserve ?
La semi-conserve est idéale si :
- Vous recherchez la qualité nutritive : vitamines préservées, graisses stables, texture agréable.
- Vous voulez un goût proche du frais : pas de goût de “bocal”, pas de texture pâteuse.
- Vous faites du batch-cooking pour le mois : cuisiner une fois, manger 30 jours, sans congeler.
- Vous êtes une famille ou un petit producteur : vous voulez proposer des plats de qualité sans investir dans du matériel industriel.
VII. Les erreurs fréquentes (et comment les éviter)
1. Croire qu’un bocal fermé = stérile
C’est l’erreur n°1. Fermer un bocal ne le rend pas stérile. Il faut chauffer suffisamment longtemps pour réduire la charge microbienne. Un bocal fermé à froid n’a aucune valeur de conservation.
2. Stocker trop chaud
Si votre frigo est réglé à 6 ou 8°C, vos semi-conserves ne tiendront pas 30 jours. Elles tourneront au bout d’une semaine. Vérifiez la température avec un thermomètre de frigo. Réglez entre 0 et 3°C.
3. Faire des soupes trop liquides
Les soupes claires (bouillon de légumes, soupe miso) se conservent mal en semi-conserve. Trop d’eau = trop de risques. Privilégiez les soupes épaisses (velouté de potiron, soupe de lentilles, minestrone).
4. Ne pas saler assez
Le sel est une barrière essentielle. Un plat fade se conserve mal. Visez 1,5 à 2% de sel par rapport au poids total du plat. Ça peut sembler beaucoup, mais c’est nécessaire pour la conservation.
5. Pasteuriser insuffisamment
Si vous chauffez vos bocaux seulement 20 minutes, la température à cœur n’atteint pas 80°C. Résultat : des bactéries survivent. Chauffez au moins 1h à 1h30, selon la taille des bocaux.
6. Faire des bocaux trop gros
Un bocal de 1 litre met beaucoup plus de temps à chauffer à cœur qu’un bocal de 500 ml. Si vous débutez, préférez les bocaux de 500 ml maximum. C’est plus sûr, et ça évite d’ouvrir un gros bocal que vous n’allez pas finir en un repas.
VIII. 5 recettes pour débutants : plats cuisinés qui se conservent 30 jours au frigo
1. Porc effiloché paprika fumé (30 jours)
Ingrédients (pour 4 bocaux de 500 ml) :
- 2 kg d’épaule de porc désossée
- 2 oignons
- 4 gousses d’ail
- 2 c. à soupe de paprika fumé
- 1 c. à soupe de cumin
- 200 ml de bouillon de volaille
- 30 g de sel (soit 1,5%)
- Huile d’olive
Préparation :
- Coupez le porc en gros morceaux.
- Faites revenir les oignons et l’ail dans une cocotte.
- Ajoutez le porc, le paprika, le cumin, le sel.
- Mouillez avec le bouillon.
- Couvrez, enfournez à 150°C pendant 3h.
- Effilochez la viande à la fourchette.
- Remplissez les bocaux bien chauds, fermez immédiatement.
- Laissez refroidir, puis mettez au frigo.
Conservation : 30 jours à 0-3°C.
2. Bœuf bourguignon pasteurisé (30 jours)
Ingrédients (pour 6 bocaux de 500 ml) :
- 2,5 kg de joue de bœuf
- 1 bouteille de vin rouge
- 300 g de lardons fumés
- 4 carottes
- 2 oignons
- 4 gousses d’ail
- Bouquet garni
- 40 g de sel
- Huile d’olive
Préparation :
- Faites revenir les lardons, les oignons, l’ail.
- Ajoutez la joue de bœuf coupée en cubes, faites dorer.
- Mouillez avec le vin, ajoutez le bouquet garni, le sel.
- Laissez mijoter à feu doux 3h, jusqu’à ce que la viande soit très tendre.
- Ajoutez les carottes en rondelles 30 min avant la fin.
- Remplissez les bocaux chauds, fermez.
- Laissez refroidir, mettez au frigo.
Conservation : 30 jours à 0-3°C.
3. Ratatouille longue conservation au frigo (45 jours)
Ingrédients (pour 6 bocaux de 500 ml) :
- 3 aubergines
- 4 courgettes
- 3 poivrons rouges
- 1 kg de tomates
- 3 oignons
- 6 gousses d’ail
- Herbes de Provence
- 30 g de sel
- Huile d’olive
Préparation :
- Coupez tous les légumes en gros dés.
- Faites revenir chaque légume séparément dans l’huile d’olive (pour éviter qu’ils rendent trop d’eau).
- Réunissez tout dans une grande cocotte.
- Ajoutez les tomates concassées, l’ail, le sel, les herbes.
- Laissez mijoter 2h à feu doux, jusqu’à obtenir une texture fondante.
- Remplissez les bocaux chauds, fermez.
- Laissez refroidir, mettez au frigo.
Conservation : 45 jours à 0-3°C (grâce à l’acidité des tomates).
4. Caponata sicilienne (45 jours)
Ingrédients (pour 5 bocaux de 500 ml) :
- 4 aubergines
- 500 g de tomates
- 2 oignons
- 100 g d’olives vertes
- 50 g de câpres
- 50 ml de vinaigre de vin
- 2 c. à soupe de sucre
- 30 g de sel
- Huile d’olive
Préparation :
- Coupez les aubergines en cubes, faites-les revenir dans l’huile d’olive.
- Ajoutez les oignons, les tomates concassées.
- Laissez mijoter 30 min.
- Ajoutez les olives, les câpres, le vinaigre, le sucre, le sel.
- Laissez mijoter encore 1h.
- Remplissez les bocaux chauds, fermez.
- Laissez refroidir, mettez au frigo.
Conservation : 45 jours à 0-3°C (très acide, très stable).
5. Terrine de campagne (30-45 jours)
Ingrédients (pour 4 bocaux de 500 ml) :
- 1 kg d’échine de porc hachée
- 500 g de foie de porc haché
- 200 g de lard gras
- 2 échalotes
- 3 gousses d’ail
- 1 œuf
- 40 g de sel
- Poivre, quatre-épices
Préparation :
- Mélangez tous les ingrédients.
- Remplissez les bocaux (sans tasser trop fort).
- Fermez les bocaux.
- Placez-les dans une cocotte remplie d’eau à mi-hauteur.
- Enfournez à 160°C pendant 2h.
- Laissez refroidir dans l’eau, puis mettez au frigo.
Conservation : 30 à 45 jours à 0-3°C.
IX. Conclusion : une technique oubliée, parfaite pour l’autonomie alimentaire moderne
La semi-conserve, c’est la solution idéale pour les familles modernes qui veulent :
✅ Moins d’énergie : pas besoin de stériliser pendant 3h à 120°C. Une cuisson normale suffit.
✅ Plus de qualité : des plats qui ont le goût du frais, avec toutes leurs vitamines et leurs arômes intacts.
✅ Plus d’autonomie alimentaire : cuisiner une fois le week-end, manger tranquillement pendant un mois, sans stress, sans courses quotidiennes.
✅ Cuisine simple et saine : pas d’additifs, pas de conservateurs chimiques. Juste de bons produits, bien cuisinés, bien conservés.
Cette technique n’a rien de révolutionnaire. Nos grands-parents la connaissaient. Mais avec l’arrivée des congélateurs et de l’industrie agroalimentaire, elle a été oubliée.
Aujourd’hui, elle revient en force. Parce qu’elle répond parfaitement aux besoins des familles qui veulent reprendre le contrôle sur leur alimentation, sans se compliquer la vie.
Alors, prêt à tester votre première recette ?
Commencez par un bœuf bourguignon ou une ratatouille. Remplissez vos bocaux, mettez-les au frigo, et redécouvrez le plaisir de manger sainement sans passer votre vie en cuisine.




