Sommaire
Faire des saucisses maison sans poussoir, c’est comme vouloir visser sans tournevis : techniquement possible, mais vous allez vite regretter. Contrairement au hachoir qu’on peut contourner en achetant de la chair à saucisse toute prête chez le boucher, le poussoir est l’outil dont vous ne pourrez absolument pas vous passer.
J’ai démarré il y a 5 ans avec un petit poussoir plastique à 25€ trouvé sur Amazon. Pratique pour tester, mais vite limité. Après une vingtaine de kilos, j’ai investi dans le Tom Press vertical 5L inox. Aujourd’hui, après des centaines de kilos — d’abord pour la famille, puis pour la vente sur les marchés — c’est toujours ce même poussoir que j’utilise. Et si c’était à refaire ? Je vous dirais : sautez l’étape plastique, allez direct au Tom Press.
Mais je vais vous expliquer pourquoi les deux approches se défendent, et surtout comment choisir selon votre situation réelle.
Le poussoir à saucisse fait partie du matériel essentiel pour la charcuterie maison. Dans cet article, je vais vous aider à choisir le bon modèle sans vous ruiner, en évitant les fausses économies qui coûtent cher.
Pourquoi le poussoir est vraiment indispensable (contrairement au hachoir)
Le hachoir peut attendre, pas le poussoir
Quand j’ai démarré, j’ai fait mes 50 premiers kilos de saucisses avec de la chair achetée chez mon boucher. Pas de hachoir, pas de problème. Je lui demandais de la chair à saucisse assaisonnée ou nature selon mes envies, et ça fonctionnait parfaitement.
Par contre, impossible de remplir les boyaux sans un vrai poussoir. C’est LA différence fondamentale entre ces deux outils :
- Le hachoir transforme de la viande en chair → remplaçable par un achat chez le boucher
- Le poussoir remplit les boyaux → irremplaçable, aucune solution de contournement viable
Cette distinction est cruciale pour comprendre dans quoi investir en premier. Si vous suivez nos conseils sur le matériel minimum pour débuter, vous verrez que le poussoir arrive avant le hachoir dans l’ordre des priorités.
Les alternatives qui ne marchent pas (testé et abandonné)
Avant d’acheter mon premier poussoir, j’ai bien sûr cherché des solutions maison. Internet regorge d’astuces soit-disant miraculeuses. Spoiler : elles ne marchent pas.
Poche à douille pâtisserie : J’ai essayé avec une grosse poche en silicone. Résultat : éclatée au 2e kilo. Le gras de la chair glisse, la pression nécessaire est trop forte, et surtout le diamètre de l’embout est inadapté aux boyaux naturels.
Entonnoir + cuillère en bois : La méthode “vintage” qu’on voit dans les livres anciens. En théorie, ça fonctionne. En pratique, j’ai mis 3 heures pour remplir 2 kg de saucisses, avec de la chair partout sauf dans le boyau. Jamais plus.
Adaptateur sur hachoir : Certains hachoirs ont un embout poussoir. Je l’ai testé chez un ami. Les boyaux se déchiraient à répétition à cause de la vitesse irrégulière et de la pression mal contrôlée. Et puis il faut d’abord acheter le hachoir, ce qui ramène au problème initial.
La vraie question : quel poussoir ?
Le problème n’est donc pas de savoir SI vous avez besoin d’un poussoir, mais QUEL modèle choisir pour ne pas le regretter dans 6 mois.
C’est exactement ce qui m’est arrivé. Mon premier poussoir plastique m’a permis de démarrer, mais j’ai rapidement vu ses limites. La question que je me suis posée au bout de 20 kg était simple : “Est-ce que je continue avec ce truc qui commence à faiblir, ou j’investis dans du solide ?”
La réponse était évidente : Tom Press 5L inox. Et 5 ans plus tard, je ne regrette toujours pas cet investissement.
Les 3 grandes familles de poussoirs (ce que j’ai appris sur le terrain)
A. Poussoir vertical manuel (mon choix définitif)
Le poussoir vertical se pose debout sur le plan de travail. Le piston s’actionne par le haut, en poussant vers le bas. La chair sort par une douille fixée en bas du cylindre.
C’est le modèle que j’utilise depuis 5 ans, et après des centaines de kilos, je peux vous dire exactement ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Mon retour d’expérience (5 ans, des centaines de kilos)
Les avantages réels que je constate à chaque session :
Utilisable seul sans problème : C’est pour moi l’argument décisif. Vous contrôlez tout d’une main, l’autre maintient le boyau. Pas besoin d’appeler votre conjoint(e) ou vos enfants à la rescousse. Quand je fais mes 25 kg avant le marché du samedi, je suis seul de 6h à 8h30 du matin. Le vertical rend ça possible.
Meilleur contrôle de la pression : Vous sentez exactement la résistance. Si le boyau est trop tendu, vous le sentez immédiatement dans le bras et vous ralentissez. Avec un système horizontal à manivelle, cette sensibilité se perd.
Stabilité naturelle : Le poids du poussoir plus la gravité créent une stabilité parfaite. Pas besoin de serre-joint, pas besoin de maintenir la base. Le Tom Press 5L pèse environ 3 kg à vide, plus de 7 kg chargé. Il ne bouge pas.
Nettoyage rapide : Démontage complet en 2 minutes. Cylindre, piston, douille, joints : tout se sépare facilement. Un coup d’eau chaude, un peu de liquide vaisselle, et c’est réglé. Une fois par mois, je passe tout au lave-vaisselle (cycle 65°C), et l’inox ressort comme neuf.
Compact : Mon Tom Press mesure 50 cm de haut, 15 cm de diamètre. Il rentre dans un placard standard. Même dans ma petite cuisine aveyronnaise, je trouve toujours de la place.
Les inconvénients honnêtes
Fatigue au bras si vous dépassez 15-20 kg dans la journée : Oui, ça muscle. Après 25 kg de saucisses, j’ai le bras droit un peu chaud. Mais c’est gérable. Et franchement, si vous faites plus de 20 kg en une session en usage familial, vous êtes déjà dans une autre catégorie.
Remplissage par le haut : Il faut tasser la chair en la mettant dans le cylindre pour éviter les poches d’air. Avec un horizontal, vous poussez directement. C’est un détail, mais autant être honnête.
Hauteur de chute courte si plan de travail bas : Si votre plan de travail fait 85 cm et que vous remplissez des saucisses de 30 cm, le boyau traîne par terre. Solution : mettre une chaise sous la douille ou travailler debout à un îlot plus haut.
Mon modèle : Tom Press vertical 5L inox
Je l’utilise aussi bien pour mes 3 kg du dimanche en famille que pour mes 25 kg avant le marché du samedi. En 5 ans, il ne m’a jamais lâché. Aucune panne, aucune pièce changée. L’inox est comme neuf.
Prix autour de 120-150€ selon les périodes. Si vous vendez vos saucisses, il est amorti en quelques mois. Si c’est juste pour vous, il sera rentabilisé à vie — parce qu’à ce prix et cette durabilité, le coût au kilo devient dérisoire.
B. Poussoir horizontal manuel
Le poussoir horizontal se pose à plat sur le plan de travail. Une manivelle latérale ou un piston avant actionne le mécanisme. La chair sort par une douille fixée à l’avant.
C’est le modèle qu’on voit souvent dans les charcuteries artisanales ou chez les collègues qui font de gros volumes. Il a ses avantages, mais aussi des contraintes qui ne m’ont pas convaincu.
Pourquoi je ne l’ai pas choisi (malgré la popularité)
Les avantages théoriques :
Pression régulière avec manivelle : Le système à crémaillère ou vis sans fin permet une poussée très progressive. C’est appréciable quand vous remplissez des boyaux très fins (merguez, chipolatas).
Grande capacité : Certains modèles vont jusqu’à 10L. Si vous faites régulièrement 30-40 kg, c’est intéressant.
Hauteur de chute importante : L’embout est surélevé par rapport au plan de travail, donc vous pouvez remplir des saucisses longues sans qu’elles touchent le sol.
Les inconvénients en solo
Besoin de quelqu’un pour tenir le boyau : C’est le point noir. Tourner la manivelle d’une main et tenir le boyau de l’autre, c’est acrobatique. J’ai vu des gens bricoler des systèmes avec de la ficelle et des crochets, mais franchement, si je dois installer un Rube Goldberg pour faire des saucisses, je préfère un vertical.
Encombrement important : 50 à 80 cm de long selon les modèles. Ça monopolise tout le plan de travail. Et pour le ranger, vous avez besoin d’une étagère dédiée ou d’un placard profond.
Nettoyage plus fastidieux : Le mécanisme de manivelle ajoute des pièces à démonter. Rien d’insurmontable, mais c’est 5 minutes de plus à chaque fois.
Plus cher : Pour une qualité équivalente (inox, 5L), comptez 150-250€. Soit 50-100€ de plus qu’un vertical.
Quand ça se justifie
Si vous êtes toujours au minimum deux personnes pour faire vos saucisses, le horizontal peut avoir du sens. Pareil si vous faites régulièrement plus de 30 kg par session, ou si vous avez beaucoup d’espace de stockage.
Mais pour 95% des gens qui font de la charcuterie familiale, le vertical est plus pratique.
C. Poussoir hydraulique ou électrique (pour info)
Prix : 400 à 1500€. Réservé aux professionnels ou aux très gros volumes.
Mon avis cash : si vous faites 100+ kg par semaine, oui, ça se justifie. Sinon, c’est comme acheter un tracteur pour tondre 50 m² de pelouse.
Mon poussoir vertical manuel fait 25 kg en 2h30 tranquille. Largement suffisant pour 95% des besoins, même en semi-pro comme moi sur les marchés.
Ma recommandation concrète (basée sur 5 ans de pratique)
Option 1 : Vous voulez absolument tester avant d’investir
Poussoir vertical 1,5-2L plastique (25-40€)
J’ai commencé exactement comme ça : un poussoir plastique vertical 1,5L acheté sur Amazon à 25€. Il m’a permis de faire mes 15-20 premiers kilos de saucisses sans me ruiner. C’était parfait pour découvrir si l’aventure charcuterie me plaisait vraiment.
Ce qu’il m’a apporté
Confirmation que faire des saucisses, j’adorais ça : Après la première fournée de 2 kg, j’étais déjà en train de chercher des recettes pour la session suivante.
Apprentissage des gestes de base sans stress financier : Remplir un boyau, ficeler une saucisse, gérer la pression : tout ça, je l’ai appris avec cet outil à 25€. Si j’avais raté, je n’aurais perdu qu’une bière au restaurant.
Compréhension de mes besoins réels : C’est en utilisant ce petit modèle que j’ai réalisé que je voulais faire des volumes plus importants, et que je préférais travailler seul.
Ses limites (vécues)
Capacité ridicule : 1,3 kg max de chair, soit 6-7 saucisses. Pour faire 5 kg, il faut 4 recharges. Ça casse le rythme, ça prend du temps, et c’est frustrant.
Plastique qui fatigue : Après 15-20 kg, j’avais des micro-fissures sur le cylindre. Le plastique blanchissait aux points de pression du piston. J’ai compris que la fin était proche.
Joints qui lâchent : Sur les dernières sessions, j’avais des fuites de chair entre le cylindre et le piston. Pas énorme, mais agaçant. Et symptomatique de la fin de vie de l’outil.
Impossible à racheter : Mon modèle précis n’existe plus sur Amazon. C’est le problème des produits chinois génériques : rotation permanente, pas de SAV, pas de pièces détachées. Quand c’est mort, c’est mort.
La vraie question que je me suis posée au bout de 20 kg
“Est-ce que je continue avec ce truc qui commence à faiblir, ou j’investis dans du solide ?”
Réponse évidente : Tom Press 5L inox. Et je ne l’ai jamais regretté.
Conclusion sur l’option “tester petit”
Ça se justifie SI :
- Vous n’êtes vraiment pas sûr d’aimer faire des saucisses
- Budget ultra-serré (vraiment)
- Vous voulez juste tester 5 kg pour voir
Ça ne se justifie PAS SI :
- Vous savez déjà que vous allez faire 10+ kg dans l’année
- Vous détestez racheter du matériel
- Vous voulez un outil qui dure
Mon conseil franc
Si j’avais su à quel point j’allais accrocher, j’aurais acheté le Tom Press direct. Ces 25€ de poussoir plastique, c’était juste 25€ de perdus. Mais bon, ça m’a permis de mesurer la différence — et maintenant je peux vous dire : l’écart de confort est gigantesque.
Option 2 : Vous sautez l’étape plastique (ce que je vous recommande)
Poussoir vertical inox 5-7L type Tom Press/Reber (120-180€)
Pourquoi je vous dis “prenez-le direct”
1. J’ai fait l’erreur pour vous
- 25€ (plastique) + 140€ (Tom Press) = 165€ total
- Tom Press direct = 140€
- J’ai payé 25€ pour apprendre ce que je vous donne gratis
2. Le Tom Press change TOUT
Première session après passage plastique → Tom Press : j’ai fait 8 kg en 1h30, sans fatigue.
Même session avec le plastique : 3h pour 3 kg, bras en compote.
La différence n’est pas linéaire, elle est exponentielle. Ce n’est pas “un peu mieux”, c’est “jour et nuit”.
3. 5 ans plus tard, zéro regret
- Aucune panne
- Aucune pièce changée
- Inox comme neuf
- Usage familial (3-5 kg) ET semi-pro (25 kg avant marchés)
L’inox ne vieillit pas. Mon poussoir a exactement le même aspect qu’au premier jour.
4. Investissement unique
- Mon plastique : mort au bout de 20 kg
- Mon Tom Press : 500+ kg, toujours nickel
- Ratio qualité/prix sur durée : imbattable
Les chiffres qui parlent (mon usage réel sur 5 ans)
| Critère | Plastique 1,5L (†) | Tom Press 5L inox (vivant) |
|---|---|---|
| Prix d’achat | 25€ | 140€ |
| Durée de vie | 6 mois, 20 kg | 5 ans, 500+ kg (et counting) |
| Capacité/session | 1-1,5 kg | 4-5 kg (voire 8 kg si poussé) |
| Temps pour 5 kg | 2h30 (4 recharges) | 1h (1 recharge) |
| Utilisable seul ? | Oui, mais galère | Oui, confort total |
| État après 5 ans | Poubelle | Nickel |
| Coût au kilo | 1,25€/kg (mort à 20 kg) | 0,28€/kg (500 kg faits) |
Conclusion mathématique :
140€ ÷ 500 kg = 0,28€ par kilo de saucisses. Mon poussoir Tom Press m’a coûté moins cher qu’un sachet de sel nitrité sur 5 ans.
Modèles que je recommande (dans l’ordre)
1. Tom Press vertical 5L inox → 140€ environ
C’est mon modèle. Fiabilité éprouvée sur 5 ans. Pièces détachées disponibles (même si jamais eu besoin). SAV Tom Press réactif (testé pour une question technique sur le filetage des douilles).
2. Reber 8950N 5L → 130-160€
Même fabricant que Tom Press (Reber fabrique pour Tom Press). Identique techniquement. Parfois moins cher selon les promos Amazon.
3. Tre Spade 5L → 150-180€
Alternative italienne. Qualité équivalente. Design légèrement différent (cylindre un peu plus haut, base plus étroite).
Ce qui compte vraiment dans le choix
- ✅ Inox 18/10 (pas plastique, pas alu)
- ✅ Capacité 5L minimum (sweet spot familial-pro)
- ✅ Système piston à crémaillère (pas vis simple)
- ✅ Marque avec SAV (Tom Press, Reber, Tre Spade)
- ✅ Douilles inox fournies (3 minimum)
👉 Voir le Tom Press vertical 5L inox sur Amazon (lien affilié)
C’est celui que j’utilise depuis 5 ans, des centaines de kilos, jamais déçu
Les critères techniques importants (au-delà du marketing)
1. Capacité réelle vs. capacité théorique
Ce qu’on ne vous dit pas : un poussoir “5L” contient environ 4 à 4,5 kg de chair utilisable. Il faut laisser 10-15% d’espace en haut pour que le piston puisse fonctionner correctement. Si vous remplissez à ras bord, la pression devient excessive et vous risquez d’abîmer les joints.
Mon tableau de correspondance pratique
| Capacité annoncée | Chair réelle | Équivalent saucisses | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| 1,5 L | 1-1,3 kg | 5-6 saucisses | Test découverte |
| 3 L | 2,5-2,8 kg | 12-15 saucisses | Famille 2-4 pers. |
| 5 L | 4-4,5 kg | 20-25 saucisses | Sweet spot |
| 7-10 L | 6-9 kg | 30-45 saucisses | Production importante |
Le 5L est vraiment le sweet spot pour un usage familial élargi. Vous pouvez faire 3 kg tranquille, ou pousser jusqu’à 8 kg en deux chargements. C’est exactement ce qu’il me faut pour mes deux usages : famille (3-5 kg) et marché (25 kg en plusieurs chargements).
2. Matériau : pourquoi l’inox change tout
Mon expérience terrain
Plastique alimentaire (10-40€) :
❌ Devient poreux après 20-30 utilisations. Le gras et le sel s’infiltrent dans les micro-rayures. Impossible à nettoyer parfaitement.
❌ Retient les odeurs. Même après lavage, mon poussoir plastique sentait le porc. Pas terrible quand vous voulez faire du canard ensuite.
❌ Se fissure au froid/chaud. Le contact avec de la chair sortie du frigo (4°C) puis le lavage à l’eau chaude (65°C) crée des tensions. À la longue, ça casse.
❌ Durée de vie : 1-2 ans max en usage intensif. Mon plastique a tenu 6 mois pour 20 kg. Pas terrible.
Inox 18/10 (80-200€) :
✅ Inaltérable. Le mien a 5 ans, il est comme neuf. Pas d’oxydation, pas de décoloration, aucune rayure profonde.
✅ Hygiénique. Pas de porosité = pas de prolifération bactérienne. C’est crucial quand vous manipulez de la viande crue.
✅ Nettoyage facile. L’eau chaude + savon suffit. Une fois par mois, je passe tout au lave-vaisselle (cycle intensif 65°C). L’inox adore ça.
✅ Durée de vie : 20+ ans facile. Mon grand-père avait un poussoir Reber de 1985. Il fonctionne toujours.
Le calcul
- Plastique : 30€ × 3 remplacements sur 6 ans = 90€
- Inox : 140€ × 1 = 140€ pour 20 ans
- Différence : 50€ pour 14 ans de tranquillité
Sans compter le temps perdu à racheter, à réapprendre les réglages du nouvel outil, et la frustration de voir son matériel lâcher en plein remplissage.
3. Douilles fournies (vérifiez avant d’acheter)
Le poussoir seul ne sert à rien. Ce qui compte, ce sont les douilles — les embouts qui s’adaptent entre le cylindre et le boyau.
Standard minimal acceptable
- 3 douilles : 18-22-32 mm (boyaux mouton, porc, bœuf)
- Inox (pas plastique qui casse au premier choc)
- Embout lisse (pas de rainures qui déchirent les boyaux)
Avant d’acheter, lisez notre guide sur les boyaux pour charcuterie pour comprendre les diamètres nécessaires selon vos recettes. Un boyau mouton (merguez, chipolatas) fait 18-22 mm. Un boyau porc (saucisse classique) fait 28-32 mm. Un boyau bœuf (andouillette, gros saucisson) fait 40-50 mm.
Mon pack idéal (souvent inclus 120-150€)
- 4-5 douilles (10-15-22-32-38 mm)
- 1 entonnoir large (pâtés, terrines)
- 1 set de joints de rechange
Le Tom Press est livré avec 3 douilles inox (18-22-32 mm) + 1 entonnoir. C’est suffisant pour démarrer. Si vous avez besoin d’autres diamètres, vous pouvez les acheter à l’unité (8-12€ la douille inox).
4. Système de piston : ce qui fait la différence
Tous les poussoirs ne se valent pas. Le système de piston détermine votre confort sur la durée.
Piston à vis (modèles premiers prix)
Vous vissez le piston pour descendre, puis vous le dévissez pour remonter entre chaque poussée. Fatigue rapide du poignet. OK pour moins de 5 kg total dans la vie de l’outil.
Piston à crémaillère (Tom Press, Reber)
Vous poussez, ça descend avec un déclic. Vous tirez, ça remonte instantanément avec un déclic. Pression régulière. Confort réel sur volumes supérieurs à 10 kg.
C’est ce détail — la crémaillère — qui fait que je peux faire 25 kg en 2h30 sans douleur au poignet. Avec un système à vis, je tiendrais 10 kg max avant de jeter l’éponge.
Utilisation : les gestes pro pour débutants
Préparation (ce qui fait 50% du résultat)
La chair
Température : 2-4°C (sortie du frigo 10 minutes avant). Trop froide = résistance excessive, le gras est dur. Trop chaude = gras qui colle, boyaux qui glissent, texture molle.
Mon astuce : si la chair est à température ambiante (parce que vous venez de l’assaisonner), 15 minutes au congélateur pour la refroidir sans la congeler.
Le montage
- Poussoir propre et légèrement huilé (quelques gouttes d’huile neutre sur le piston)
- Douille adaptée au boyau (vérifiez le diamètre)
- Boyau trempé 30 min dans l’eau tiède (évacue le sel, assouplit)
Le remplissage du cylindre
Tassez légèrement par couches de 5 cm. Chassez les bulles d’air — mon truc : tapoter le cylindre sur le plan de travail après chaque couche. Les bulles remontent.
Ne jamais remplir à ras bord. Laissez 3-4 cm en haut.
La poussée : technique du vertical (ma méthode éprouvée)
Position de travail
- Poussoir stable : Posez-le bien à plat. Si votre plan de travail est glissant, un torchon humide sous la base fait l’affaire. Certains modèles ont une ventouse, c’est encore mieux.
- Boyau enfilé sur la douille : Enfilez 30-40 cm de boyau sur la douille. Maintenez le bout fermé (nœud ou pince).
- Main gauche tient le boyau (si droitier). Pouce et index autour du boyau, juste après la douille. Vous contrôlez la vitesse de sortie.
- Main droite pousse le piston régulièrement. Pas de gros coups saccadés.
Les 3 règles d’or
1. Pression constante > force brute
Poussées régulières toutes les 2-3 secondes. Si ça résiste trop, c’est soit la chair trop froide, soit une bulle d’air. Ne forcez jamais.
2. Laisser sortir l’air en début de remplissage
Les premiers 10 cm de boyau sont toujours mous (beaucoup d’air mélangé à la chair). C’est normal. Laissez le boyau se gonfler naturellement. Si vous voyez une grosse bulle, piquez avec une aiguille fine.
3. Adapter la vitesse au boyau
- Boyau mouton (fin, fragile) → pression douce
- Boyau porc (épais, résistant) → pression plus forte OK
- Signe de danger : boyau qui blanchit = trop tendu, ralentir
Mon astuce pour remplir seul sans aide
J’accroche le bout du boyau à un crochet S suspendu à ma hotte aspirante. Ça maintient le boyau droit pendant que je pousse. Système D, mais efficace !
Finitions (ce qui différencie un pro d’un amateur)
Avant la ficelle
- Chasser les dernières bulles : Piquez finement avec une aiguille
- Égaliser la répartition : Massez légèrement le boyau pour répartir la chair
- Attendre 2-3 minutes : La chair se stabilise, le boyau se détend
Ficeler maintenant (pas après)
Chair encore malléable, boyau détendu, reprise possible si erreur.
Apprenez à ficeler dès le premier jour. C’est plus simple qu’on croit, et ça professionnalise instantanément vos saucisses. Si vous ne savez pas, notre recette de saucisse de l’Aveyron détaille le ficelage étape par étape avec photos.
Entretien (pour que ça dure 20 ans comme le mien)
Nettoyage immédiat (non négociable)
Pourquoi “immédiat” ?
Chair séchée = 10× plus dur à nettoyer. Gras figé = obstrue les joints. 5 minutes maintenant = 30 minutes si vous attendez demain.
Ma routine systématique (5 minutes chrono)
- Démontage complet : piston + cylindre + douille + joints. Tout se démonte à la main, aucun outil nécessaire.
- Rinçage eau très chaude : 60-65°C. Ça décolle le gras instantanément.
- Éponge + liquide vaisselle : Pas de brosse métallique sur l’inox (ça raye).
- Rinçage eau claire : Vérifiez qu’il ne reste aucune trace de savon.
- Séchage immédiat : Torchon propre. Ne laissez jamais sécher à l’air libre (risque de traces d’eau sur l’inox).
Astuce pro
Je nettoie au lave-vaisselle une fois par mois (cycle intensif 65°C). Entre-temps, lavage main rapide. L’inox adore le lave-vaisselle. Mon poussoir a pris 50+ cycles sans broncher.
Stockage (éviter rouille et déformation)
À faire :
- Démonté et sec
- Joints légèrement huilés (huile neutre type colza)
- Douilles dans un sachet hermétique (évite la poussière)
- Endroit sec (pas cave humide)
À éviter :
- Stockage monté (déforme les joints)
- Humidité résiduelle (rouille les vis de fixation)
- Serrage excessif pour ranger (vrille les filetages)
Mon Tom Press dort dans un placard de cuisine standard, démonté en 4 parties (cylindre + piston + 3 douilles + joints dans un sachet zip). Ça prend la place d’une casserole.
Les erreurs qui coûtent cher (j’en ai fait 3 sur 4)
❌ Erreur 1 : Acheter trop petit “pour voir” (mon erreur fondatrice)
Mon parcours exact
Premier achat : poussoir plastique 1,5L à 25€ sur Amazon. Raisonnement : “je teste, si j’aime pas j’aurai pas perdu grand-chose.”
Spoiler : j’ai adoré faire des saucisses.
Résultat : 6 mois après, rachat Tom Press 5L à 140€.
Total dépensé : 165€ au lieu de 140€.
Ce que j’aurais dû faire
Demander à un ami qui fait de la charcuterie de tester son poussoir. Une session suffit pour savoir si ça vous plaît.
Ou acheter direct le Tom Press et le revendre si ça ne me plaisait pas. Occasion = 80-100€ facile sur Le Bon Coin.
La leçon pour vous
Si vous avez déjà fait des saucisses chez un ami, ou si vous êtes sûr à 80% que ça va vous plaire : sautez l’étape plastique. Vous économiserez 25€ + la frustration de devoir upgrader.
❌ Erreur 1 bis : Penser que “1,5L ça suffit pour une famille”
Mon raisonnement foireux de débutant
“Une famille de 4, on va faire quoi… 2-3 kg par mois ? Donc 1,5L c’est bon.”
La réalité terrain
Faire des saucisses = minimum 2h de boulot (prépa + remplissage + nettoyage).
Si je me tape 2h de travail, je vais pas faire 1,5 kg. Je vais faire 5-8 kg pour avoir un stock au congélateur.
1,5L = 4-5 recharges pour 5 kg = énervant au possible.
Ce que j’ai appris
On ne fait JAMAIS 1-2 kg de saucisses. Soit on fait 0, soit on fait minimum 5 kg pour que ça vaille le coup de sortir le matériel. Le 5L devient vite la capacité minimale cohérente.
❌ Erreur 2 : Croire que “plastique alimentaire = suffisant”
Mon expérience
Sessions 1-10 (premiers 10 kg) : RAS, tout va bien.
Sessions 11-15 (10-20 kg) : Je commence à voir :
- Plastique qui blanchit aux points de pression
- Micro-fissures sur le cylindre
- Joints qui deviennent poreux (fuite de chair)
Session 16 (à 21 kg au total) : Piston qui se bloque en pleine poussée.
J’ai dû démonter en plein remplissage, chair qui sort partout, boyau à moitié rempli pendu à la douille. C’est ce jour-là que j’ai commandé le Tom Press sur mon téléphone, les mains pleines de gras.
Morale
Le plastique alimentaire, c’est bien pour des Tupperware. Pour un outil sous pression avec du gras et du sel, l’inox c’est juste obligatoire si vous voulez dépasser 30 kg dans la vie de l’outil.
❌ Erreur 3 : Forcer quand ça résiste
Conséquences vécues
- Boyau éclaté (3 fois avant de comprendre)
- Joint de piston pété sur le plastique (impossible à remplacer, modèle introuvable)
- Douleur au poignet (tendinite 2 semaines après une session forcée à 10 kg)
La bonne méthode
Résistance anormale = STOP.
Vérifier : bulle d’air ? Chair trop froide ? Boyau pincé sur la douille ?
Démonter si besoin. Patience > force.
Mon truc : si je dois forcer plus de 3 secondes sur le piston, je m’arrête et j’inspecte.
❌ Erreur 4 : Négliger l’entretien
J’ai laissé tremper une nuit (grosse erreur)
Un soir de fatigue après 15 kg, j’ai mis le poussoir à tremper dans l’évier. “Je nettoierai demain matin.”
Résultat :
- Eau infiltrée dans le mécanisme à crémaillère
- Rouille sur les vis (l’inox du cylindre, c’est bien. Mais les vis, c’est de l’acier traité, pas de l’inox pur)
- Démontage forcé le lendemain = filetage légèrement abîmé
J’ai dû racheter un jeu de vis (12€) et nettoyer minutieusement le mécanisme.
Règle absolue
Nettoyage immédiat. Jamais d’eau stagnante. Séchage complet.
Budget réaliste et amortissement
Mon parcours réel (avec erreur plastique)
Année 1 – Démarrage avec plastique
- Poussoir plastique : 25€
- Boyaux 6 mois : 15€
- Chair (pas de hachoir) : 100€ (8 kg × 12€/kg chair boucher)
- Sous-total : 140€
Fin année 1 – Upgrade Tom Press
- Tom Press 5L : 140€
- Boyaux 6 mois : 15€
- Chair : 100€ (8 kg × 12€/kg)
- Sous-total : 255€
Total année 1 : 395€ pour 16 kg de saucisses
Comparaison achat artisan
16 kg × 20€/kg = 320€
Surcoût année 1 : -75€ (mais j’ai le Tom Press à vie)
Années 2-5 – Avec Tom Press amorti
- Boyaux annuels : 30€
- Chair annuelle : 200€ (17 kg × 12€/kg)
- Total annuel : 230€
Comparaison achat artisan
17 kg × 20€/kg = 340€
Économie annuelle : +110€
Bilan 5 ans (usage familial)
- Investissement total : 395€ + (230€ × 4) = 1315€
- Équivalent achat artisan : 320€ + (340€ × 4) = 1680€
- Économie sur 5 ans : +365€
Et j’ai toujours le même poussoir, qui peut tenir encore 15 ans.
Parcours optimisé (Tom Press direct)
Année 1 – Direct Tom Press
- Tom Press 5L : 140€
- Boyaux : 30€
- Chair : 200€ (17 kg × 12€/kg)
- Total : 370€
Comparaison achat artisan
17 kg × 20€/kg = 340€
Surcoût année 1 : -30€ (mais Tom Press à vie dès le début)
Années 2-5 : identiques au parcours précédent.
Bilan 5 ans (usage familial optimisé)
- Investissement total : 370€ + (230€ × 4) = 1290€
- Équivalent achat artisan : 1680€
- Économie sur 5 ans : +390€
Comparaison des deux parcours
- Avec erreur plastique : 1315€ → économie 365€
- Tom Press direct : 1290€ → économie 390€
- Coût de mon erreur : 25€ (plastique perdu + différence économies)
Mon conseil budgétaire final
Paradoxe du débutant : on hésite à mettre 140€ dans un poussoir “au cas où on aime pas”, alors qu’on met 200€/an dans la viande sans broncher.
Mon conseil : testez chez un ami d’abord (1 session). Si ça vous plaît, achetez le Tom Press direct. Vous serez rentable dès l’année 2, et équipé pour 20 ans.
Conclusion
Ce que 5 ans de saucisses m’ont appris (du plastique au semi-pro)
1. Le poussoir est LE matériel indispensable
J’ai pu faire 50 kg sans hachoir à viande (chair du boucher), mais pas 1 kg sans poussoir. C’est vraiment l’outil qu’on ne peut pas contourner.
2. Commencer petit est une fausse économie
Mes 25€ de poussoir plastique, c’était 25€ jetés. Si c’était à refaire, Tom Press direct.
3. Le vertical 5L inox est le sweet spot définitif
Du jour où je l’ai acheté, je n’ai plus jamais pensé à le changer. Il fait mes 3 kg du dimanche en famille ET mes 25 kg avant le marché. Un seul outil, deux usages, zéro compromis.
4. L’inox, c’est pas du luxe, c’est de l’économie
Mon Tom Press : 0,28€/kg sur 500 kg. Mon plastique : mort à 1,25€/kg sur 20 kg. Le calcul est vite fait.
5. Le vertical > horizontal pour usage solo
Après des centaines de kilos faits seul, je confirme : le contrôle et la stabilité du vertical sont imbattables quand vous n’avez personne pour vous aider.
Mon conseil final (celui que je donne à mes clients du marché)
Si vous me demandez “par quoi je commence en charcuterie maison ?”, je réponds : le poussoir Tom Press 5L vertical.
Pas le hachoir (prenez de la chair toute faite au début), pas le fumoir (inutile pour 80% des recettes), pas la cave à affinage (un frigo suffit). Le poussoir, c’est le seul outil qu’on ne peut pas contourner.
Et si vous hésitez entre économiser 25€ avec un modèle plastique ou investir 140€ dans le Tom Press : je vous raconte mon histoire. J’ai fait les deux.
Résultat : 165€ dépensés au lieu de 140€, et 6 mois de frustration en bonus.
Faites comme moi aujourd’hui, pas comme moi hier : prenez le Tom Press direct.
Pour aller plus loin
Ce choix de matériel s’inscrit dans une démarche globale d’autonomie alimentaire détaillée dans notre guide complet de la charcuterie maison.
Prochaines étapes :
- Découvrez comment choisir vos boyaux pour la charcuterie
- Complétez avec le matériel minimum pour débuter
- Comprenez pourquoi le sel pour la charcuterie mérite aussi votre attention
- Lancez-vous avec notre recette de saucisse de l’Aveyron
👉 Voir le poussoir Tom Press 5L vertical inox sur Amazon (lien affilié)
C’est celui que j’utilise depuis 5 ans, après avoir testé (et cassé) un modèle plastique. Différence de confort : jour et nuit.





