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C’est un mardi matin ordinaire. Votre fils joue dans le salon pendant que vous préparez le petit déjeuner. Soudain, un cri étouffé. Vous vous retournez : il a le visage rouge, les mains à la gorge. Il s’étouffe avec un morceau de pomme. Votre cœur s’emballe. Que faire ? Appelez-vous les secours ? Tapez-vous dans le dos ? Attendez-vous que ça passe ?
Dans ces quelques secondes cruciales, savoir comment réagir peut faire la différence entre la vie et la mort. Les premiers secours familiaux ne sont pas une option dans un monde où les urgences arrivent sans prévenir. Ce sont des gestes simples, à la portée de tous, qui peuvent sauver un proche le temps que les secours arrivent. Ou même les remplacer quand ils ne peuvent pas venir.
Voici tout ce que vous devez savoir pour protéger les vôtres en situation d’urgence.

Pourquoi maîtriser les premiers secours familiaux ?
Les situations d’urgence arrivent sans prévenir
On croit toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Pourtant, chaque année en France, des milliers de familles sont confrontées à des situations d’urgence à domicile. Une chute dans l’escalier, une brûlure en cuisine, un malaise dans le jardin, une coupure profonde pendant le bricolage.
Les accidents domestiques représentent la troisième cause de mortalité en France. Chez les enfants de moins de 5 ans, c’est même la première. Une casserole renversée, un produit ménager avalé par erreur, une chute de vélo : les occasions d’urgence sont partout, même dans les foyers les plus vigilants.
Et ce n’est pas qu’une question d’accidents. Les malaises cardiovasculaires, les crises d’épilepsie, les réactions allergiques graves peuvent survenir brutalement, y compris chez des personnes en bonne santé apparente. Dans ces moments, chaque geste compte.
Le délai d’intervention est crucial
Face à un arrêt cardiaque, chaque minute sans massage cardiaque réduit les chances de survie de 10%. Après 10 minutes sans oxygénation, le cerveau subit des lésions irréversibles. C’est ce qu’on appelle les “minutes d’or” : cette période critique où une intervention rapide peut tout changer.
Le problème, c’est que même dans les meilleures conditions, les secours mettent du temps à arriver. En milieu urbain, le délai moyen est de 15 minutes. En zone rurale, il peut dépasser 30 minutes, voire plus en cas d’intempéries ou de difficultés d’accès. Si vous vivez à la campagne, dans une ferme isolée ou en montagne, vous êtes souvent votre propre premier secours.
Et ce délai ne tient pas compte des situations de crise. En cas de catastrophe naturelle, de panne généralisée, de tensions sociales ou d’effondrement des services publics, les trois vitesses de crise peuvent transformer une urgence gérable en drame si vous ne savez pas réagir seul.
Un acte de résilience et d’autonomie
Maîtriser les premiers secours familiaux, c’est reprendre du pouvoir sur l’imprévu. C’est ne plus dépendre uniquement d’un système de santé saturé, débordé, et parfois inaccessible. C’est savoir qu’en cas de coup dur, vous pouvez protéger les vôtres, même sans médecin ni pompier à proximité.
C’est aussi un savoir qui rassure. Quand vous savez comment réagir face à une hémorragie, un étouffement ou un malaise, vous ne paniquez plus. Vous agissez. Cette confiance se transmet à toute la famille : les enfants apprennent que les adultes savent quoi faire, et ils grandissent avec l’idée qu’on peut être compétent face au danger.
Enfin, c’est un acte de solidarité. Savoir porter secours, c’est aussi pouvoir aider un voisin, un passant, un inconnu. Dans une société où l’entraide redevient essentielle, ces compétences ne profitent pas qu’à vous.
Et si vous alliez plus loin dans votre préparation ?

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Les fondamentaux : évaluer une situation d’urgence
Avant d’agir, il faut comprendre. Face à une urgence, la panique peut nous pousser à faire n’importe quoi. C’est pourquoi les secouristes professionnels suivent une méthode structurée, que vous pouvez apprendre et appliquer chez vous.
La méthode PAS (Protéger, Alerter, Secourir)
Cette méthode en trois étapes est la base de toute intervention d’urgence. Elle permet de garder la tête froide et de ne rien oublier.
Protéger signifie d’abord sécuriser la zone. Si la victime est tombée dans l’escalier, vérifiez qu’il n’y a pas de risque de chute supplémentaire. Si elle s’est électrocutée, coupez le courant avant de la toucher. Si elle a fait un malaise en pleine route, écartez-la du danger. Protéger, c’est aussi vous protéger vous-même : inutile d’intervenir si vous devenez la deuxième victime.
Alerter les secours vient ensuite. En France, composez le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen, qui fonctionne partout). Donnez des informations claires : où vous êtes, ce qui s’est passé, l’état de la victime, les gestes que vous avez déjà effectués. Restez calme, répondez aux questions. Si possible, demandez à quelqu’un d’autre de passer l’appel pendant que vous vous occupez de la victime.
Secourir, c’est intervenir en attendant l’arrivée des professionnels. Selon la situation, cela peut signifier stopper une hémorragie, pratiquer un massage cardiaque, mettre la personne en position latérale de sécurité, ou simplement la rassurer et surveiller son état.
Évaluer l’état de la victime : la méthode ABC
Une fois la zone sécurisée, il faut rapidement évaluer l’état de la personne. Les secouristes utilisent la méthode ABC pour ne rien oublier.
A (Airway) pour les voies respiratoires. La victime respire-t-elle ? Si elle est inconsciente, penchez légèrement sa tête en arrière pour dégager les voies aériennes. Vérifiez qu’il n’y a pas d’obstruction visible (aliment, objet, vomissures).
B (Breathing) pour la respiration. Observez le thorax : se soulève-t-il ? Approchez votre oreille de sa bouche pour sentir un souffle. Si la personne respire normalement, c’est déjà un bon signe. Si elle ne respire pas ou respire de façon anormale (faible, saccadée), il faut agir immédiatement.
C (Circulation) pour la circulation sanguine. Y a-t-il une hémorragie visible ? Le cœur bat-il ? Chez un adulte, on peut vérifier le pouls au niveau du cou (artère carotide), mais si vous n’êtes pas sûr, ne perdez pas de temps : l’absence de respiration signifie souvent un arrêt cardiaque.
Rester calme et donner confiance
Dans une situation d’urgence, votre attitude compte autant que vos gestes. Si vous paniquez, la victime va paniquer aussi, et les témoins autour risquent de perdre leurs moyens.
Parlez à la victime, même si elle semble inconsciente. Dites-lui ce que vous allez faire, rassurez-la. Un simple “je suis là, tout va bien se passer” peut avoir un effet apaisant incroyable, y compris sur vous-même.
Si d’autres personnes sont présentes, distribuez les tâches clairement. Demandez à quelqu’un d’appeler les secours, à un autre d’éloigner les enfants ou de chercher du matériel (linge propre, couverture, trousse de secours). Ne laissez personne sans rôle : l’action canalise l’angoisse.
Les gestes vitaux à connaître absolument
Certains gestes de premiers secours familiaux peuvent littéralement sauver une vie. Ils sont simples, mais doivent être pratiqués correctement. Voici les six essentiels à maîtriser.
La Position Latérale de Sécurité (PLS)
La PLS sert à maintenir les voies respiratoires dégagées chez une personne inconsciente qui respire. C’est un geste protecteur qui évite l’étouffement par la langue ou par des vomissements.
Voici comment faire : placez-vous à côté de la victime allongée sur le dos. Tendez son bras le plus proche de vous à angle droit, paume vers le haut. Prenez l’autre bras et placez le dos de sa main contre sa joue opposée. Pliez la jambe opposée en gardant le pied au sol, puis faites basculer doucement la victime vers vous en tirant sur le genou plié. Ajustez la position pour que la tête repose sur la main et que la bouche soit orientée vers le sol.
Une fois la personne en PLS, surveillez sa respiration en permanence et couvrez-la avec une couverture pour éviter l’hypothermie. Ne la laissez jamais seule.
La Réanimation Cardio-Pulmonaire (RCP)
La RCP est le geste d’urgence absolue face à un arrêt cardiaque. Si une personne est inconsciente, ne respire plus et ne réagit pas, chaque seconde compte.
Placez la victime sur une surface dure (le sol, pas un matelas). Mettez-vous à genoux à ses côtés. Placez le talon d’une main au centre de sa poitrine, entre les deux seins. Posez l’autre main par-dessus et entrecroisez vos doigts. Gardez les bras tendus, épaules au-dessus de la poitrine de la victime.
Appuyez fort et vite. Les compressions doivent enfoncer le thorax de 5 à 6 cm chez un adulte, au rythme de 100 à 120 compressions par minute. Pour vous aider, pensez au rythme de la chanson “Stayin’ Alive” des Bee Gees, c’est exactement la bonne cadence.
Si vous êtes formé au bouche-à-bouche, alternez 30 compressions et 2 insufflations. Sinon, contentez-vous des compressions : elles sont plus efficaces que rien et suffisent à maintenir la circulation en attendant les secours. Ne vous arrêtez que si la victime reprend conscience, si les secours arrivent, ou si vous êtes physiquement épuisé.
Si un défibrillateur automatisé (DAE) est disponible, utilisez-le. Ces appareils sont conçus pour être utilisés par n’importe qui : allumez-le et suivez les instructions vocales.
La manœuvre de Heimlich (obstruction des voies aériennes)
Un étouffement total se reconnaît facilement : la victime porte les mains à sa gorge, ne peut plus parler ni tousser, et son visage devient rouge puis bleu. Il faut intervenir immédiatement.
Pour un adulte ou un grand enfant, placez-vous derrière la personne. Formez un poing avec une main et placez-le juste au-dessus du nombril, pouce contre l’abdomen. Saisissez votre poing avec l’autre main et effectuez des compressions abdominales vigoureuses, vers l’intérieur et vers le haut, jusqu’à ce que l’objet soit expulsé.
Pour un bébé de moins d’un an, ne faites jamais la manœuvre de Heimlich. Retournez-le sur votre avant-bras, tête plus basse que le corps, et donnez 5 tapes fermes entre les omoplates avec le plat de la main. Si ça ne marche pas, retournez-le et effectuez 5 compressions thoraciques avec deux doigts au centre de la poitrine. Alternez jusqu’à expulsion de l’objet.
Si la victime perd connaissance pendant un étouffement, allongez-la et commencez immédiatement la RCP. Les compressions thoraciques peuvent aider à expulser l’objet bloqué.
Stopper une hémorragie grave
Face à une plaie qui saigne abondamment, chaque seconde compte pour éviter la perte de sang massive. Le principe est simple : il faut comprimer la plaie pour arrêter le saignement.
Prenez un linge propre (torchon, T-shirt, serviette) et appuyez fermement sur la plaie. Maintenez la pression sans relâcher pendant au moins 10 minutes. Si le sang traverse le linge, ne l’enlevez pas : ajoutez un autre linge par-dessus et continuez à comprimer.
Si la plaie est sur un membre (bras, jambe), surélevez-le au-dessus du niveau du cœur pour ralentir le saignement. Si la compression directe ne suffit pas, vous pouvez exercer une pression sur l’artère en amont de la plaie, mais cette technique nécessite de bien connaître l’anatomie.
Le garrot est un geste de dernier recours, à utiliser uniquement si la vie de la victime est en danger immédiat (membre arraché, hémorragie incontrôlable). Il doit être posé au-dessus de la plaie, jamais sur une articulation, et doit être assez serré pour arrêter complètement le saignement. Notez l’heure de pose du garrot : il ne doit pas rester en place plus de deux heures.
Gérer une brûlure importante
Les brûlures graves (cloques étendues, peau noircie, douleur intense) nécessitent une prise en charge rapide. Le premier geste est de refroidir la zone brûlée immédiatement.
Passez la brûlure sous l’eau froide (pas glacée) pendant 15 à 20 minutes. Cela stoppe la progression de la brûlure en profondeur et soulage la douleur. Retirez délicatement les vêtements autour de la brûlure, sauf s’ils collent à la peau. Ne percez jamais les cloques : elles protègent la plaie de l’infection.
Après refroidissement, couvrez la brûlure avec un linge propre et humide. Ne mettez jamais de beurre, d’huile, de dentifrice ou de remède de grand-mère : ces produits aggravent les lésions et compliquent les soins médicaux ultérieurs.
Toute brûlure étendue (plus grande que la paume de la main), profonde, ou située sur le visage, les mains, les articulations ou les organes génitaux nécessite une consultation d’urgence. Chez les enfants et les personnes âgées, soyez encore plus vigilant.
Réagir face à un malaise ou une perte de connaissance
Un malaise peut avoir mille causes : déshydratation, hypoglycémie, chaleur, stress, problème cardiaque. Si une personne se sent mal (pâleur, sueurs, vertiges, nausées), allongez-la immédiatement sur le dos, jambes surélevées pour favoriser le retour veineux vers le cerveau.
Desserrez les vêtements serrés (col, ceinture), aérez la pièce, et parlez-lui calmement. Dans la plupart des cas, le malaise passe en quelques minutes. Proposez-lui de l’eau ou du sucre si elle est consciente et peut avaler.
Si la personne perd connaissance mais respire normalement, placez-la en position latérale de sécurité et surveillez-la en attendant les secours. Si elle ne respire plus, commencez immédiatement la RCP.
Certains malaises sont des urgences absolues : douleur thoracique intense, paralysie d’un côté du corps, difficulté soudaine à parler, maux de tête violents, confusion. Ces signes peuvent annoncer un infarctus ou un AVC. Appelez le 15 immédiatement.
Traumatismes courants : savoir réagir sans paniquer
Les urgences vitales sont rares. Les traumatismes plus légers, en revanche, arrivent régulièrement. Savoir comment les gérer évite des complications et rassure la victime.
Fractures et entorses
Suspectez une fracture si la victime ne peut plus bouger le membre, si celui-ci est déformé, ou si la douleur est intense et localisée. Le geste à retenir : immobilisez sans déplacer.
Pour une fracture du bras, improvisez une attelle avec ce que vous avez sous la main (manche à balai, carton épais, magazine roulé). Placez l’attelle le long du membre blessé, en incluant les articulations au-dessus et en-dessous de la fracture, et maintenez-la avec des bandes ou des foulards. Ensuite, mettez le bras en écharpe pour limiter les mouvements.
Pour une fracture de la jambe, allongez la victime et immobilisez la jambe dans la position où elle se trouve. Ne tentez jamais de remettre un os en place : vous risquez d’aggraver les lésions.
Une entorse (cheville, poignet) se traite par le repos, la glace, la compression et l’élévation. Appliquez de la glace (protégée par un linge) pendant 15 minutes toutes les 2 heures, comprimez avec un bandage sans trop serrer, et surélevez le membre blessé.
Plaies profondes et coupures
Une plaie profonde saigne souvent beaucoup, mais la priorité reste de nettoyer et de protéger. Si la plaie saigne abondamment, commencez par stopper l’hémorragie avec une compression directe.
Une fois le saignement contrôlé, nettoyez la plaie à l’eau propre et au savon. Évitez l’alcool ou les antiseptiques trop agressifs qui détruisent les tissus. Désinfectez avec une solution antiseptique douce, puis couvrez avec une compresse stérile maintenue par un pansement.
Surveillez les signes d’infection dans les jours suivants : rougeur, gonflement, chaleur, pus, douleur qui augmente. Si ces signes apparaissent, consultez rapidement.
Certaines plaies nécessitent des points de suture : coupures profondes, bords écartés, saignement qui ne s’arrête pas, plaies au visage. Dans ce cas, direction les urgences dans les 6 heures pour un traitement optimal.
Traumatismes crâniens
Un choc à la tête peut être bénin ou grave. Après une chute ou un coup, surveillez la victime pendant 24 à 48 heures. Réveillez-la plusieurs fois dans la nuit pour vérifier qu’elle réagit normalement.
Les signes d’alerte qui nécessitent une consultation immédiate sont : perte de connaissance (même brève), vomissements répétés, maux de tête intenses qui empirent, confusion, troubles de la vision, somnolence anormale, convulsions, écoulement de sang ou de liquide clair par le nez ou les oreilles.
Chez les jeunes enfants, soyez particulièrement vigilant : ils ne savent pas toujours exprimer leurs symptômes. Une irritabilité inhabituelle, un refus de manger ou de jouer, ou un comportement anormal doivent vous alerter.
Se former aux premiers secours : ressources et conseils pratiques
Lire un article ne remplace pas une vraie formation. Les gestes de premiers secours familiaux s’apprennent par la pratique, sous la supervision d’un formateur qui corrige vos mouvements et vous met en situation.
Les formations recommandées
La formation de référence en France est le PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1). Elle dure 7 heures, coûte entre 50 et 80 euros, et est accessible dès 10 ans. Vous y apprendrez tous les gestes de base : PLS, RCP, défibrillateur, étouffement, hémorragies, malaises, traumatismes.
Le PSC1 est proposé par les pompiers, la Croix-Rouge, la Protection Civile, et de nombreuses associations locales. Renseignez-vous en mairie ou en ligne. Certaines mutuelles et comités d’entreprise prennent en charge tout ou partie du coût.
Pour aller plus loin, il existe des formations spécifiques : secourisme en milieu isolé (pour les randonneurs, les habitants de zones rurales), secourisme pédiatrique (adapté aux jeunes enfants), ou encore formations pour les proches de personnes à risque (maladies cardiaques, épilepsie).
Même sans formation officielle, vous pouvez vous entraîner en famille. Regardez des vidéos pédagogiques (celles de la Croix-Rouge française sont excellentes), simulez des situations d’urgence, et révisez régulièrement les gestes. L’important est de ne pas oublier et de garder ses réflexes.
Constituer un kit de premiers secours à la maison
Un bon kit de premiers secours familiaux doit contenir le matériel de base pour intervenir rapidement. Voici ce qu’il faut prévoir au minimum :
Des compresses stériles (plusieurs tailles), des pansements adhésifs variés, des bandes de gaze, du sparadrap, des ciseaux à bouts ronds, une pince à écharde, des gants jetables (pour se protéger du sang), un désinfectant cutané (chlorhexidine ou Bétadine), des compresses hémostatiques (pour les hémorragies), un tire-tique (si vous vivez à la campagne), une couverture de survie, et un masque de poche pour le bouche-à-bouche (facultatif mais utile).
Ajoutez quelques médicaments de base : paracétamol (douleur, fièvre), antihistaminique (réactions allergiques), antiseptique intestinal, soluté de réhydratation orale, pommade pour les brûlures légères, collyre pour les yeux.
Rangez tout dans une boîte ou un sac facilement reconnaissable, accessible à tous les adultes de la famille, mais hors de portée des jeunes enfants. Vérifiez les dates de péremption tous les 6 mois et remplacez ce qui est périmé. Dans un prochain article, nous détaillerons comment constituer une pharmacie d’urgence complète pour la résilience.
S’entraîner régulièrement
Les gestes de premiers secours s’oublient vite. Si vous avez passé votre PSC1 il y a 5 ans et que vous n’avez jamais eu à l’utiliser, il y a de fortes chances que vous ne vous souveniez plus correctement de la RCP ou de la PLS.
Révisez au moins une fois par an, idéalement tous les 6 mois. Regardez des vidéos de rappel, refaites les gestes devant un miroir ou avec un membre de la famille. Certaines associations proposent des recyclages gratuits ou peu coûteux pour les personnes déjà formées.
Impliquez toute la famille, y compris les enfants. Dès 6-7 ans, un enfant peut comprendre comment appeler les secours, comment mettre quelqu’un en PLS, ou comment comprimer une plaie. Ces compétences le rendront moins vulnérable et plus autonome. Et surtout, elles lui donneront confiance en lui et en sa capacité à agir face au danger.
Simulez des situations d’urgence pour tester vos réflexes. Un dimanche après-midi, improvisez un scénario : “Papa fait un malaise dans le jardin, qu’est-ce qu’on fait ?” Chronométrez le temps que vous mettez à réagir, vérifiez que chacun sait où se trouve la trousse de secours, que tout le monde connaît les numéros d’urgence. Ces exercices peuvent sembler artificiels, mais ils ancrent les bons réflexes.
Un savoir qui peut tout changer
Maîtriser les premiers secours familiaux, ce n’est pas devenir médecin. C’est simplement accepter que la vie est imprévisible, et que notre sécurité ne dépend pas uniquement des autres. C’est reprendre du pouvoir sur les accidents, les urgences, les coups du sort.
Ces gestes ne remplaceront jamais les professionnels de santé. Mais ils comblent le vide vital entre le moment où l’urgence survient et celui où les secours arrivent. Et dans certaines situations, notamment en milieu rural ou en période de crise, ils peuvent même suppléer complètement à un système de soins défaillant ou inaccessible.
Savoir comment réagir face à un arrêt cardiaque, un étouffement, une hémorragie ou un traumatisme grave, c’est aussi important pour votre résilience que de savoir cultiver un potager ou gérer vos stocks alimentaires. La santé de votre famille est un capital non délocalisable, et les premiers secours en sont la première ligne de défense.
Alors, ne reportez plus. Inscrivez-vous à une formation PSC1. Constituez votre kit de premiers secours. Révisez les gestes avec vos proches. Transmettez ces compétences à vos enfants. Et surtout, n’attendez pas qu’une urgence se présente pour réaliser à quel point ce savoir est précieux.
Parce qu’un jour, peut-être, vous aurez à faire face. Et ce jour-là, vous serez prêt.




