Sommaire
Introduction
Les coupures électriques ne sont plus un scénario lointain. Entre les délestages hivernaux, les tempêtes de plus en plus violentes et la fragilité croissante de notre réseau, vivre sans électricité pendant quelques jours devient une hypothèse sérieuse. Pas catastrophique, mais sérieuse.
La bonne nouvelle ? Vous n’avez pas besoin d’être survivaliste pour vous préparer. Que vous viviez en appartement en ville ou dans une maison à la campagne, des solutions simples existent pour traverser une semaine sans courant dans de bonnes conditions.
Cet article s’adresse à tous : urbains, ruraux, familles avec enfants, retraités. Pas de jargon technique, pas de scénarios extrêmes. Juste du concret, du réaliste et de l’applicable immédiatement.
Dans les lignes qui suivent, vous allez découvrir comment s’éclairer, se chauffer, cuisiner et s’organiser pendant une semaine sans électricité. Pas pour survivre, mais pour vivre normalement, ou presque.
Pour une vision plus large de l’autonomie énergétique familiale, consultez notre guide complet sur la résilience énergétique.
Partie 1 : Comprendre ce qui change vraiment quand on vit sans électricité
1.1. Les besoins essentiels touchés
Quand le courant coupe, c’est tout un système qui s’arrête. Prenons conscience de ce qui est réellement impacté :
Le chauffage s’arrête si vous avez un système électrique (pompe à chaleur, convecteurs, chaudière à gaz avec tableau électrique). Même avec un poêle à bois, vous perdez la ventilation motorisée.
L’éclairage disparaît immédiatement. En hiver, cela signifie 16 heures de nuit par jour. Impossible de cuisiner, de lire, de se déplacer en sécurité dans la maison sans source lumineuse alternative.
L’alimentation devient problématique. Votre réfrigérateur et congélateur s’arrêtent. Les plaques de cuisson électriques ou à induction ne fonctionnent plus. Le four, le micro-ondes, la bouilloire électrique : tout s’éteint.
L’eau peut être touchée selon votre situation. Si vous êtes en maison avec puits et pompe électrique, vous n’avez plus d’eau courante. En appartement, l’eau arrive souvent par gravité, mais le chauffe-eau électrique ne fonctionne plus. Douche froide garantie.
La communication devient limitée. Votre box internet s’éteint, le téléphone fixe aussi. Votre smartphone fonctionne… tant que la batterie tient. Les antennes relais peuvent être sur batterie de secours, mais pas éternellement.
Le confort psychologique prend un coup. Pas de télévision, pas de musique, pas de distractions numériques. Pour beaucoup, c’est le plus difficile à vivre, surtout avec des enfants.
1.2. La chronologie d’une coupure : ce qui se passe heure par heure
Les premières heures : l’inconfort
Tout commence par le silence. Le frigo qui ronronnait, la VMC qui soufflait, les LED qui clignotaient : tout s’arrête. C’est perturbant. Les enfants demandent “c’est pour combien de temps ?”. Vous non plus, vous ne savez pas.
Si c’est en journée, ça va. Mais si la coupure arrive en soirée d’hiver, vous êtes plongés dans le noir en quelques secondes. C’est le moment où vous regrettez de ne pas avoir préparé de lampes à portée de main.
Jour 1-2 : la réorganisation
Le réfrigérateur commence à se réchauffer. En hiver, pas de panique : vous pouvez sortir les aliments périssables sur le balcon ou dans le garage. En été, c’est plus compliqué. Il faut consommer en priorité la viande, le poisson, les produits laitiers.
Vous réalisez que cuisiner sans électricité, c’est possible, mais ça demande d’avoir les bons équipements. Un réchaud à gaz camping devient votre meilleur ami. Sans ça, vous êtes coincés avec des conserves froides.
La température intérieure commence à baisser si vous êtes en plein hiver. Vous sortez les pulls, les plaids, vous fermez les pièces non utilisées. En appartement sans cheminée, c’est le moment de regrouper tout le monde dans le salon avec des couvertures.
Jour 3-7 : l’adaptation et les points de friction
Au bout de trois jours, une nouvelle routine s’installe. Vous vous couchez plus tôt (pas le choix, économiser les batteries). Vous vous levez avec la lumière du jour. Les enfants jouent à des jeux de société qu’ils avaient oubliés.
Mais des tensions apparaissent. L’hygiène devient plus compliquée. Se laver à l’eau froide ou avec une bassine d’eau chauffée au réchaud, ce n’est pas agréable. Le linge sale s’accumule. L’ennui guette, surtout pour les ados privés de leur téléphone déchargé.
C’est aussi le moment où vous mesurez l’importance du lien social. En appartement, vous discutez avec les voisins sur le palier. À la campagne, vous passez voir comment va la famille d’à côté. L’entraide devient naturelle.
1.3. Les idées reçues à déconstruire
“Sans électricité, c’est l’apocalypse”
Faux. Nos grands-parents ont vécu des décennies sans électricité généralisée. C’est inconfortable, pas insurmontable. Avec un minimum de préparation, une semaine passe presque normalement.
“Je vais mourir de froid en hiver”
Non. Avec des vêtements chauds adaptés, des couvertures et une pièce bien isolée, vous pouvez tenir sans chauffage même à 10°C intérieur. C’est désagréable, mais pas dangereux pour des personnes en bonne santé.
“Il faut des milliers d’euros d’équipement”
Absolument pas. Avec 150 à 200 euros, vous pouvez vous équiper du strict minimum : lampes LED, réchaud camping, couvertures de survie, stock alimentaire de base. Le reste, c’est du confort supplémentaire.
“Seuls les ruraux peuvent s’en sortir”
Faux. Les urbains ont même certains avantages : proximité des commerces si la coupure est localisée, solidarité de voisinage plus facile dans un immeuble, eau courante qui continue souvent d’arriver. Les solutions existent pour tous.
Partie 2 : S’éclairer sans électricité (solutions universelles)
L’éclairage est le besoin le plus facile à résoudre, quel que soit votre logement. Et c’est souvent celui qui fait la plus grande différence sur le moral.
2.1. Les solutions d’éclairage fiables et sûres
Les lampes LED à batterie : votre solution numéro 1
Oubliez les bougies comme solution principale. Les lampes LED modernes offrent un éclairage puissant avec une autonomie de 10 à 50 heures selon les modèles. Elles existent en version portable, sur pied, ou à accrocher.
Prévoyez au minimum :
- 2 lampes LED puissantes pour les pièces principales (salon, cuisine)
- 1 lampe par chambre
- Des piles de rechange (ou des modèles rechargeables USB avec power bank)
Coût moyen : 15 à 40 euros par lampe de qualité.
Les frontales : liberté de mouvement
Indispensables. Une lampe frontale vous laisse les mains libres pour cuisiner, bricoler, vous occuper des enfants. Chaque membre de la famille devrait avoir la sienne.
Les modèles à 3 LED blanches avec sangle élastique suffisent largement. Autonomie : 20 à 40 heures selon utilisation. Prix : 10 à 25 euros.
Les bougies : avec prudence
Les bougies créent une ambiance chaleureuse et ne nécessitent pas de batteries. Mais elles sont dangereuses, surtout en appartement ou avec des enfants.
Règles de sécurité strictes :
- Jamais sur une surface instable
- Toujours dans un bougeoir adapté
- Éteindre avant de dormir (jamais de bougie allumée la nuit)
- Surveiller en permanence si des enfants sont présents
Les bougies chauffe-plat en lot de 100 coûtent 10 à 15 euros et peuvent dépanner, mais ne comptez pas dessus comme source principale.
Les lampes à huile et tempête : pour les maisons
Si vous êtes en maison, les lampes à pétrole (ou lampes-tempête) sont une excellente solution d’appoint. Elles offrent un éclairage doux et diffus, idéal pour les veillées.
Attention : elles dégagent des fumées et consomment de l’oxygène. À utiliser dans des pièces bien ventilées, jamais dans une chambre fermée. Prix : 20 à 50 euros + pétrole lampant.
2.2. Organiser l’éclairage dans son logement
Vivre sans électricité, c’est aussi apprendre à économiser la lumière. Vous ne pouvez pas éclairer toute la maison comme d’habitude.
Identifier les pièces prioritaires
Concentrez vos sources lumineuses sur trois zones :
- La cuisine : pour préparer les repas en sécurité
- Le salon : où vous passerez le plus de temps en famille
- Une chambre : avec une veilleuse ou frontale pour les déplacements nocturnes (toilettes, enfants)
Le reste de la maison peut rester dans la pénombre. Utilisez des frontales pour vous déplacer d’une pièce à l’autre.
Créer des zones d’éclairage centralisées
Plutôt que de disperser de petites lampes partout, groupez plusieurs sources dans une même pièce. Par exemple, dans le salon : une lampe LED puissante au centre + une lampe d’appoint près du canapé + des bougies pour l’ambiance.
Cela crée un îlot de lumière confortable où toute la famille peut se rassembler.
Gérer l’autonomie des batteries
Si vous utilisez des lampes sur piles ou sur batterie, rationalisez leur usage :
- Allumez seulement quand nécessaire (pas de lumière continue toute la soirée)
- Éteignez quand vous quittez une pièce
- Utilisez le mode économie d’énergie si disponible
- Gardez toujours une lampe en réserve, non entamée, pour les urgences
L’importance de la redondance
Ne misez jamais sur une seule solution. Même si vous avez trois lampes LED avec piles, prévoyez aussi quelques bougies et une lampe à manivelle ou solaire. Si une solution tombe en panne, vous avez un plan B.
Pour fabriquer vos propres solutions d’éclairage low-tech ou améliorer votre autonomie matérielle, consultez notre guide du bricolage résilience.
Partie 3 : Se chauffer sans électricité selon votre logement
Le chauffage est le défi majeur, surtout en plein hiver. Mais contrairement à ce qu’on pense, on peut tenir une semaine sans chauffage électrique avec de bonnes stratégies.
3.1. En appartement ou logement sans cheminée
Si vous vivez en appartement, vos options sont limitées. Mais elles existent et elles suffisent pour ne pas souffrir du froid.
Solution #1 : S’habiller chaud (vraiment chaud)
C’est la base. Avant même de penser à chauffer l’espace, pensez à chauffer votre corps.
- Sous-vêtements thermiques en laine mérinos ou synthétique technique
- Plusieurs couches : tee-shirt + pull + polaire + doudoune légère en intérieur
- Chaussettes épaisses, pantoufles isolantes
- Bonnet (on perd 30% de chaleur par la tête)
- Gants en intérieur si nécessaire
À 12-15°C intérieur avec ces vêtements, vous ne souffrez pas. À 10°C, c’est inconfortable mais tenable.
Couvertures, duvets et couvertures de survie
Investissez dans des couvertures épaisses et des duvets chauds. Les couvertures de survie (couvertures dorées en aluminium) sont incroyablement efficaces : elles renvoient 90% de la chaleur corporelle. Enroulez-vous dedans sur le canapé, c’est comme un cocon thermique.
Prix : 3 à 5 euros la couverture de survie, 30 à 80 euros pour un bon duvet grand froid.
Isoler et chauffer une seule pièce refuge
Si votre appartement fait 70 m², inutile d’essayer de chauffer tout l’espace. Fermez toutes les portes et regroupez-vous dans le salon. Bouchez les bas de porte avec des boudins. Fermez les volets et rideaux épais la nuit.
En réduisant le volume à chauffer et en limitant les pertes thermiques, la température reste plus stable.
Chauffage d’appoint au gaz (avec précautions)
Un réchaud de camping à gaz peut dégager un peu de chaleur d’appoint. Mais attention : jamais de combustion sans ventilation suffisante. Le monoxyde de carbone (CO) est mortel et invisible.
Si vous utilisez un réchaud en intérieur :
- Fenêtre entrouverte en permanence
- Durée limitée (pas toute la nuit)
- Détecteur de CO obligatoire (20 euros en grande surface)
Ce n’est pas une solution de chauffage principal, juste un petit plus temporaire pour réchauffer une pièce.
Bouillotte et thermos
Une bouillotte remplie d’eau chaude (chauffée au réchaud) dans votre sac de couchage ou sous votre pull, c’est un confort immense. Elle garde la chaleur plusieurs heures.
Pareil pour un thermos d’eau chaude : ça réchauffe les mains, et vous pouvez boire des tisanes brûlantes tout au long de la journée.
DANGER : Ce qu’il ne faut JAMAIS faire en appartement
- ❌ Barbecue au charbon en intérieur : mort assurée par CO
- ❌ Brasero ou feu de bois sans cheminée : risque d’incendie + intoxication
- ❌ Chauffage au pétrole sans ventilation : intoxication au CO
- ❌ Laisser le gaz ouvert en permanence sans surveillance
En appartement, le chauffage se fait principalement par isolation thermique (vêtements, couvertures, réduction des espaces) et apports ponctuels (bouillottes, réchaud surveillé).
📌 Pour aller plus loin : Un guide dédié “Vivre sans électricité en appartement” sera prochainement disponible avec des solutions détaillées pour les urbains.
3.2. En maison avec cheminée ou jardin
Si vous vivez en maison, vos possibilités sont beaucoup plus larges.
Le poêle à bois ou l’insert : la solution idéale
Si vous avez un poêle à bois, un insert ou une cheminée fonctionnelle, vous êtes sauvés. C’est la meilleure solution de chauffage autonome, fiable et durable.
Conditions pour en profiter pleinement :
- Stock de bois sec (2 à 3 stères pour une semaine en plein hiver)
- Petit bois d’allumage et allume-feu
- Savoir faire un feu (plus dur qu’il n’y paraît si vous débutez)
Un bon poêle peut chauffer 80 à 120 m² selon les modèles. La chaleur est douce, agréable et constante.
Chauffage au gaz ou au pétrole (avec ventilation)
Les chauffages d’appoint au pétrole ou au gaz (bouteille) existent pour les maisons. Ils sont efficaces mais exigent une ventilation correcte (fenêtre entrouverte, VMC naturelle).
Moins confortables et plus coûteux qu’un poêle à bois, ils restent une option viable si vous n’avez pas de cheminée mais que vous disposez d’un espace bien ventilé (garage aménagé, véranda, atelier).
Isoler une pièce principale autour du poêle
Même principe qu’en appartement : concentrez la vie familiale dans la pièce chauffée par le poêle. Fermez les chambres en journée, ouvrez-les 30 minutes avant le coucher pour qu’un peu de chaleur y pénètre.
La nuit, un bon duvet suffit même si la chambre est à 8-10°C.
Solutions extérieures d’appoint (si jardin)
En journée, si le temps le permet, vous pouvez cuisiner dehors sur un barbecue ou un feu de bois. Cela dégage de la chaleur et permet de réchauffer de grandes quantités d’eau pour les toilettes et la vaisselle.
📌 Pour aller plus loin : Un guide dédié “Vivre sans électricité en maison” détaillera toutes les solutions spécifiques aux maisons avec jardin, cheminée et espace extérieur.
3.3. Principes universels de gestion thermique
Quel que soit votre logement, ces règles s’appliquent partout :
Fermer les pièces non utilisées
Inutile de chauffer (ou de maintenir la température dans) des chambres vides en journée. Fermez les portes, bouchez les courants d’air.
Utiliser les rideaux épais, boucher les courants d’air
Les fenêtres sont les principales sources de déperdition thermique. Fermez les volets la nuit, tirez des rideaux épais. Bouchez les bas de portes avec des boudins ou des serviettes roulées.
Adapter ses horaires
Sans lumière artificielle abondante et sans chauffage confortable, on se couche naturellement plus tôt. C’est aussi l’occasion de ralentir le rythme, de se poser.
La chaleur corporelle collective
Un corps humain dégage environ 100 watts de chaleur. Dans une pièce fermée avec quatre personnes regroupées sous des couvertures, la température monte naturellement de quelques degrés. Dormez ensemble dans une même chambre si nécessaire (matelas au sol, camping en intérieur).
Partie 4 : Manger et cuisiner sans électricité
L’alimentation est plus simple qu’on ne le pense, à condition d’avoir anticipé.
4.1. Les modes de cuisson selon votre logement
Solutions universelles (appartement et maison)
Le réchaud à gaz camping est votre meilleur allié. Avec des cartouches de gaz (250 g chacune), vous pouvez faire chauffer de l’eau, cuire des pâtes, réchauffer des conserves, faire une soupe.
Une cartouche permet environ 1h30 à 2h de cuisson. Pour une semaine, prévoyez 4 à 6 cartouches minimum (plus si vous êtes nombreux).
Prix : 15 à 40 euros pour un réchaud, 4 à 6 euros la cartouche de gaz.
Si vous avez une cuisinière à gaz (non électrique), c’est parfait : elle fonctionne même sans électricité. Il suffit d’allumer les brûleurs avec un briquet ou des allumettes.
Repas froids ou sans cuisson
Pensez aussi aux repas qui ne nécessitent aucune cuisson :
- Conserves de viande, poisson, légumes (à manger froides ou tièdes)
- Pain, fromage à pâte dure, charcuterie sèche
- Fruits secs, biscuits, barres énergétiques
- Pâté, rillettes, bocaux de ratatouille
Le thermos : outil sous-estimé
Un thermos de 1 à 1,5 litre garde l’eau bouillante pendant 12 heures. Faites chauffer de l’eau le matin sur votre réchaud, remplissez le thermos, et vous avez de l’eau chaude toute la journée pour le thé, le café, les soupes instantanées, les bouillottes.
Gamelle militaire et réchaud à alcool solidifié
Pour un budget serré, une gamelle militaire (15 euros) et des pastilles d’alcool solidifié (5 euros les 20 pastilles) permettent de faire chauffer de petites quantités d’eau ou de réchauffer une conserve. Moins puissant qu’un réchaud à gaz, mais ultra-compact.
Solutions extérieures (maison avec jardin ou terrasse)
Si vous avez un espace extérieur, les possibilités s’élargissent :
- Barbecue au charbon ou au gaz : parfait pour griller de la viande, des légumes, faire chauffer des gamelles.
- Rocket stove (poêle à bois ultra-efficace) : consomme très peu de bois et chauffe rapidement. Peut être fabriqué soi-même ou acheté pour 50 à 150 euros.
- Feu de bois extérieur (si autorisé dans votre commune) : pour faire bouillir de grandes quantités d’eau, cuire en marmite, ou simplement se réchauffer.
- Four solaire (si ensoleillement) : cuisson lente et gratuite avec le soleil. Efficace même en hiver si le ciel est dégagé.
4.2. Gérer ses stocks alimentaires sans réfrigérateur
Priorité #1 : Consommer rapidement les aliments périssables
Dès que le courant coupe, votre réfrigérateur commence à se réchauffer. En hiver, vous avez 24 à 48 heures avant que la température dépasse les 8°C. En été, c’est beaucoup plus rapide (6 à 12 heures).
Ordre de consommation :
- Viande et poisson frais (jour 1-2)
- Produits laitiers (lait, yaourts, fromages frais) (jour 2-3)
- Légumes fragiles (salade, tomates) (jour 3-4)
- Œufs, fromages à pâte dure (tiennent plus longtemps)
Conservation temporaire : glacière, cave, extérieur
En hiver, placez les aliments sur le balcon, dans le garage ou dans une cave fraîche (en dessous de 5°C). Attention aux animaux si vous êtes à la campagne (rongeurs, chats, oiseaux).
En été, utilisez une glacière avec des pains de glace (si vous en avez préparés à l’avance au congélateur). Ça gagne 24 à 48 heures supplémentaires.
Organiser les repas autour des conserves et aliments secs
Après les deux premiers jours, basculez sur votre stock d’urgence :
- Conserves de viande (cassoulet, petit salé, bœuf bourguignon)
- Conserves de poisson (thon, sardines, maquereaux)
- Bocaux de légumes (ratatouille, haricots verts, petits pois)
- Pâtes, riz, semoule, lentilles, pois chiches
- Soupes déshydratées, purée en flocons
Ces aliments se conservent des mois voire des années et ne nécessitent que de l’eau chaude pour être consommés.
📌 Pour constituer un stock alimentaire solide et bien organisé, consultez notre liste de stock alimentaire complète en PDF.
Exemples de recettes sans électricité
Envie d’inspiration ? Découvrez comment préparer une ratatouille niçoise traditionnelle sans autocuiseur et la conserver sans réfrigérateur. Une recette parfaite pour cuisiner au réchaud et qui se conserve plusieurs jours, même sans frigo.
4.3. L’eau potable : stocker, rationner, purifier
Quantité recommandée
Comptez 3 litres par personne et par jour minimum :
- 1,5 L pour boire
- 1,5 L pour cuisiner et hygiène minimale
Pour une famille de 4 personnes sur 7 jours : 84 litres (21 L par personne).
Contenants adaptés
- Jerricans alimentaires de 10 à 20 litres (pratiques et empilables)
- Bouteilles d’eau en plastique (1,5 L ou 5 L)
- Bidons pliables (gain de place)
Stockez dans un endroit frais et à l’abri de la lumière. Renouvelez tous les 6 mois pour garantir la fraîcheur.
Purification de l’eau si nécessaire
Si vous devez utiliser de l’eau non potable (puits, récupération, rivière) :
- Ébullition : 1 minute à gros bouillons tue toutes les bactéries
- Pastilles de purification (type Micropur) : 1 pastille pour 1 L, attendre 30 minutes
- Filtre Berkey ou LifeStraw (plus cher, mais efficace sur des volumes importants)
Spécificité urbaine
En ville, l’eau du robinet continue souvent d’arriver même en cas de coupure électrique (distribution par gravité ou sur groupes électrogènes). Vérifiez auprès de votre mairie ou de votre service des eaux. Dans ce cas, votre réserve d’eau sert de sécurité supplémentaire, pas de source principale.
Partie 5 : Organiser la vie quotidienne et gérer le moral familial
Vivre sans électricité, ce n’est pas seulement une question technique. C’est aussi une question d’organisation humaine et de psychologie familiale.
5.1. La routine quotidienne sans électricité
Adapter les horaires au rythme naturel
Sans lumière artificielle abondante, on se cale naturellement sur le soleil. En hiver, cela signifie :
- Lever vers 7h-8h (avec la lumière du jour)
- Coucher vers 21h-22h (quand il fait nuit noire depuis longtemps)
Ce rythme peut sembler contraignant au début, mais il correspond à notre horloge biologique naturelle. Les enfants s’adaptent souvent mieux que les adultes.
Répartir les tâches en famille
Cuisiner au réchaud, gérer les lampes, aller chercher de l’eau, maintenir la chaleur : tout demande plus d’efforts qu’avec l’électricité. Organisez-vous :
- Un adulte gère la cuisine et les repas
- L’autre s’occupe du chauffage (bois, gaz, vêtements)
- Les enfants participent : mettre la table, ranger, allumer/éteindre les lampes
Cette répartition évite l’épuisement d’une seule personne et responsabilise tout le monde.
Les toilettes, l’hygiène, la lessive
L’hygiène corporelle devient plus complexe sans eau chaude instantanée.
Solutions :
- Toilette de chat à la bassine : faites chauffer de l’eau au réchaud, mélangez avec de l’eau froide, lavez-vous au gant de toilette
- Douche express à l’eau froide (courage!) pour les plus résistants
- Lingettes hygiéniques pour un nettoyage rapide entre deux vraies toilettes
Pour la lessive, si elle devient vraiment nécessaire, utilisez une bassine, du savon de Marseille et de l’huile de coude. Essorage à la main, séchage sur étendoir. Une semaine sans lessive, ça passe aussi en portant plusieurs fois les mêmes vêtements (on ne transpire pas beaucoup quand il fait froid).
5.2. Occuper les enfants sans écrans
C’est souvent l’inquiétude numéro 1 des parents : “Comment mes enfants vont-ils tenir sans tablette, console, télévision ?”
La réponse est simple : beaucoup mieux que vous ne le pensez.
Jeux de société, livres, activités manuelles
Ressortez les jeux de société oubliés dans le placard : Monopoly, Scrabble, jeux de cartes, puzzles. Une partie de Uno à la lampe LED, c’est un souvenir qui marque plus qu’un épisode de série.
Les livres redeviennent attractifs. Lecture silencieuse pour les plus grands, lecture à voix haute pour les petits. C’est aussi l’occasion de relire les classiques en famille.
Activités manuelles : dessin, coloriage, pâte à modeler, construction en Lego. Tout ce qui ne nécessite pas d’électricité redevient intéressant par défaut.
Impliquer les enfants dans les tâches pratiques
Les enfants adorent se sentir utiles. Confiez-leur des missions adaptées à leur âge :
- Allumer et surveiller les bougies (sous supervision)
- Aller chercher du bois pour le poêle
- Aider à préparer les repas au réchaud
- Tenir une lampe pour éclairer pendant qu’un adulte bricole
Ces tâches les occupent, les valorisent et leur apprennent l’autonomie.
Moments de partage : lecture à voix haute, veillées, histoires
Sans télévision, les soirées redeviennent des moments de vraie conversation. Racontez des histoires, évoquez des souvenirs, chantez (oui, on peut chanter sans Spotify).
Les veillées à la lampe ou à la bougie créent une ambiance chaleureuse que les enfants adorent. C’est l’occasion de transmettre des savoirs, des anecdotes familiales, des valeurs.
5.3. Garder le moral et rester informé
Radio à piles ou dynamo
Une radio est essentielle. Elle vous relie au monde extérieur, vous informe sur la durée de la coupure, les consignes officielles, la météo.
Choisissez un modèle à piles (avec stock de piles) ou à dynamo (vous rechargez en tournant une manivelle). Certains modèles intègrent une lampe LED et un port USB pour recharger un téléphone : trois en un.
Prix : 15 à 60 euros selon les fonctionnalités.
Maintenir des moments de convivialité
Ne laissez pas le stress et l’inconfort détruire l’ambiance familiale. Au contraire, profitez-en pour créer des moments forts :
- Repas partagés à la lueur des bougies
- Discussions en famille sur le canapé, sous les couvertures
- Jeux, rires, détente
C’est aussi le moment de redécouvrir le silence, la lenteur, le temps qui passe différemment.
Gérer l’anxiété et l’inconfort psychologique
Il est normal de ressentir de l’anxiété les premiers jours. “Quand le courant va-t-il revenir ? Et si ça dure encore longtemps ? Et si on n’a pas assez de provisions ?”
Quelques principes pour garder le cap :
- Faire le point chaque jour : lister ce qu’il reste (nourriture, gaz, batteries)
- Se fixer des petits objectifs quotidiens (aujourd’hui on fait ci, demain on fera ça)
- En parler en famille, ne pas garder les inquiétudes pour soi
- Relativiser : une semaine sans électricité, ce n’est pas la fin du monde
Solidarité de voisinage (surtout en immeuble)
En appartement, n’hésitez pas à prendre des nouvelles des voisins, en particulier les personnes âgées ou isolées. Proposez votre aide, partagez vos ressources si vous en avez en excès.
Cette solidarité est aussi bénéfique pour vous : elle crée du lien, rassure, et peut débloquer des situations (un voisin a un réchaud en trop, un autre a du bois, etc.).
📌 Pour approfondir les aspects sécurité et santé, consultez notre guide Premiers secours familiaux : les gestes qui sauvent en situation d’urgence.
Partie 6 : Le kit d’urgence universel pour vivre sans électricité
Vous l’avez compris : vivre sans électricité, ça se prépare. Voici la liste complète de ce qu’il faut avoir chez soi, quel que soit votre logement.
6.1. Éclairage et énergie
- Lampes LED portables : minimum 2 à 3 (puissance 200 à 400 lumens)
- Frontales : une par personne (enfants inclus)
- Bougies : lot de 50 à 100 (chauffe-plat ou piliers)
- Allumettes et briquets : plusieurs, stockés dans des boîtes étanches
- Piles de rechange : format AA et AAA, minimum 20 de chaque
- Power banks : 2 chargés en permanence (capacité 10 000 à 20 000 mAh)
- Chargeur solaire (optionnel mais utile) : pour recharger téléphones et batteries
- Radio à piles ou dynamo : avec fonction lampe de poche si possible
Budget total éclairage/énergie : 100 à 180 euros
6.2. Chauffage et confort
- Couvertures de survie : une par personne (3 à 5 euros pièce)
- Vêtements thermiques : sous-vêtements longs, pulls en laine, polaires
- Sacs de couchage ou duvets épais : grand froid (-5°C confort minimum)
- Bouillottes : 2 à 3 pour toute la famille
- Boudins de porte : pour bloquer les courants d’air
- Si logement équipé : stock de combustible
- Bois sec : 2 à 3 stères (maison avec poêle)
- Cartouches de gaz : 6 à 10 (chauffage d’appoint)
- Pétrole lampant : 10 à 20 L (chauffage ou lampes)
Budget total chauffage/confort : 80 à 300 euros selon équipement
6.3. Alimentation et eau
- Réchaud de camping à gaz : modèle à cartouche vissable (20 à 40 euros)
- Cartouches de gaz : minimum 6 (250 g chacune) pour une semaine
- Stock alimentaire d’urgence pour 7 jours (par personne) :
- Conserves de viande : 3 à 4 boîtes (cassoulet, raviolis, petit salé)
- Conserves de poisson : 2 à 3 boîtes (thon, sardines, maquereaux)
- Bocaux de légumes : 4 à 5 bocaux (ratatouille, haricots, carottes)
- Pâtes, riz, semoule : 1 à 2 kg
- Lentilles, pois chiches : 500 g à 1 kg
- Soupes déshydratées : 5 à 7 sachets
- Purée en flocons : 500 g
- Biscuits, barres énergétiques : 500 g à 1 kg
- Fruits secs : 500 g (raisins, abricots, figues)
- Chocolat, miel, confiture : pour le moral
- Café, thé, sucre : selon consommation habituelle
- Réserve d’eau : 21 L par personne (jerricans ou bouteilles)
- Ouvre-boîte manuel (indispensable!)
- Vaisselle de camping : gamelle, couverts, gobelets incassables
- Thermos : 1 à 1,5 L pour garder l’eau chaude
Budget total alimentation/eau : 150 à 250 euros (stock + équipement)
6.4. Santé et hygiène
- Trousse de premiers secours complète : pansements, compresses, désinfectant, ciseaux, pince à épiler, bandages, anti-douleur (paracétamol, ibuprofène), anti-diarrhéique, antiseptique intestinal
- Médicaments essentiels : si vous ou un membre de la famille suivez un traitement, prévoyez un stock tournant pour 15 jours
- Lingettes hygiéniques : pour toilette rapide sans eau (lot de 100)
- Papier toilette : stock pour 2 semaines minimum
- Savon, gel hydroalcoolique
- Sacs poubelles : pour gérer les déchets (surtout si ramassage perturbé)
📌 Pour une trousse de secours complète et bien organisée, consultez notre guide dédié : Trousse de secours familiale.
Budget total santé/hygiène : 50 à 100 euros
6.5. Communication et information
- Radio à piles ou dynamo (déjà mentionné dans éclairage)
- Téléphone chargé en permanence + power bank
- Liste de contacts papier : famille, voisins proches, services d’urgence (pompiers, SAMU, police), mairie, numéros utiles. À afficher sur le frigo.
- Sifflet de détresse (surtout en appartement) : pour alerter en cas de problème si vous ne pouvez pas sortir ou appeler
Budget total communication : 5 à 10 euros (hors radio déjà comptée)
6.6. Documents et argent
- Photocopies des papiers importants : carte d’identité, passeports, livret de famille, carte vitale, ordonnances, contrats d’assurance. À conserver dans une pochette étanche.
- Espèces : 200 à 500 euros en petites coupures (les distributeurs automatiques ne fonctionnent pas sans électricité, et certains commerces n’acceptent que le liquide si leur terminal bancaire est en panne)
Conclusion
Vous voilà équipés, informés et prêts. Vivre sans électricité pendant une semaine n’est pas une épreuve insurmontable. C’est inconfortable, c’est certain. Mais avec une préparation minimale, c’est tout à fait gérable, que vous viviez en appartement ou en maison, en ville ou à la campagne.
Les trois piliers pour réussir :
- Lumière : lampes LED, frontales, bougies, radio
- Chaleur : vêtements chauds, couvertures, isolation, poêle ou réchaud selon logement
- Nourriture : réchaud à gaz, stock alimentaire, eau potable
Tout le reste découle de ces trois bases.
Ce qui fait la différence entre une famille qui subit la coupure et une famille qui la traverse sereinement, c’est l’anticipation. Pas besoin de milliers d’euros ni d’un bunker. Juste un peu de réflexion, quelques achats bien pensés, et une organisation familiale rodée.
Et maintenant ? Testez à blanc.
Le meilleur moyen de savoir si vous êtes prêts, c’est de simuler une coupure volontaire pendant un week-end. Coupez le disjoncteur principal le vendredi soir, rallumez le dimanche soir. Vous verrez immédiatement ce qui manque, ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré.
C’est aussi une expérience incroyablement pédagogique pour les enfants, et souvent un moment de complicité familiale inattendu.
Vivre sans électricité, c’est redécouvrir des rythmes plus lents, des gestes plus simples, des relations plus directes. Ce n’est pas un retour en arrière, c’est une forme de résilience moderne : savoir faire face, savoir s’adapter, savoir rester debout quand les systèmes vacillent.
📌 Pour aller plus loin dans votre démarche d’autonomie énergétique et découvrir des solutions à long terme (solaire, bois, isolation, stockage), consultez notre guide complet : Résilience énergétique familiale : le guide complet.
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- Vivre sans électricité en appartement : solutions spécifiques pour les urbains
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- Cuisiner sans électricité : 20 recettes faciles au réchaud
Prêts à transformer votre famille ? La résilience commence maintenant.




