Pleurote en huître
Cultiver le pleurote en huître sur paille, savoir où et quand le cueillir, avec quels champignons on le confond, et comment le conserver.
Aussi appelé : pleurote, pleurote en forme d'huître, pleurote gris
Le pleurote en huître est un champignon du bois qui pousse en touffes superposées sur les feuillus : son chapeau en forme de coquille est gris-brun, plus clair chez certaines souches, et ses lames blanchâtres descendent sur un pied court et latéral. Le mot « pleurote » couvre plusieurs espèces, et le nom courant « pleurote de l'olivier » désigne un champignon toxique, le clitocybe de l'olivier.
Le pleurote en huître est un champignon de la saison fraîche : la fructification est déclenchée par un abaissement de température de 5 à 10 °C et les souches d'Europe centrale fructifient en hiver, alors que la chaleur favorise en culture les moisissures concurrentes. Aucune étude française sur l'effet des étés chauds ou secs sur la cueillette ou sur la culture n'a été trouvée. Le WSL estime que le réchauffement favorisera les pleurotes exotiques, tel le pleurote jaune, qui fructifient par temps chaud, et recommande de ne pas les cultiver dehors.
Le cultiver
Quelle souche choisir
Souche d'Europe centrale (fructification d'hiver)
Le WSL indique que les souches d'Europe centrale fructifient généralement en hiver. Aucune source lue ne chiffre la température de fructification propre à une souche : les températures données plus bas valent pour l'espèce.
Souche de la côte est des États-Unis (plus claire, fructifie aussi en été)
Le WSL rapporte que les formes de Floride ou de la côte est des États-Unis sont plus claires et fructifient aussi en été, et recommande de ne pas utiliser de souches exotiques, même pour une espèce indigène. Aucune température propre à cette souche n'est publiée dans les sources lues.
Sur quoi le faire pousser
| Substrat | Préparation | Efficacité biologique (%) | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Paille de blé | L'UF/IFAS coupe la paille en brins de 10 à 12 cm, la fait tremper une nuit, l'égoutte, puis la maintient à 165 °F (soit environ 74 °C) au bain-marie pendant 1 à 2 heures avant de l'égoutter pendant une heure. C'est la méthode que retient la fiche. La vapeur des professionnels monte à 75-100 °C pendant 4 à 10 heures, et une revue de 2019 mesure que l'immersion dans l'eau chaude, la seule méthode à la portée d'un amateur, réduit le rendement d'au moins 20 % par rapport à la vapeur. Les 65 à 70 °C pendant une heure d'un article du site ne reposent sur aucune source. | 41,9 (paille seule, sacs autoclavés en laboratoire) ; 54,3 avec 30 % de drêches de brasserie | C'est le substrat que les sources décrivent comme le plus courant et le plus performant en colonisation, mais la pasteurisation à chaud demande de la rigueur. |
| Un producteur français annonce 20 à 25 % du poids du substrat humide en champignons frais sur 2 à 3 volées (ce n'est pas une efficacité biologique). Une paille hachée trop fin fait baisser le rendement. | |||
| Sciure ou granulés de bois de feuillus, avec du son de blé et du gypse | Le mélange mesuré par le projet SARE contient 80 % de granulés de chêne, 18 % de son de blé et 2 % de gypse (en poids sec), en sacs hydratés de 5 livres stérilisés 8 heures à la vapeur, avec 250 mL de mycélium par sac. | 107 (calculée sur la matière sèche) ; 43 rapportée au poids humide du substrat | Elle demande une stérilisation à la vapeur de longue durée, hors de portée d'un amateur sans matériel. |
| Résultat d'un rapport de projet financé (SARE FS13-268), pas d'une publication relue par des pairs. | |||
| Marc de café, mêlé à de la sciure | Dans l'essai SARE, le marc de café remplace le son dans le mélange de sciure et de granulés, avec la même stérilisation de 8 heures à la vapeur. | 40,5 (estimée sur la matière sèche) ; 16,2 rapportée au poids humide | Le résultat est nettement inférieur au mélange du commerce, que les auteurs jugent supérieur à tous les substrats de récupération testés. |
| L'article du site dit que le marc de café fonctionne bien ; l'essai le mesure à moins de la moitié du mélange standard, en mélange avec de la sciure et non seul. | |||
| Copeaux de bois de feuillus crus, en lit dehors | Une ferme québécoise a implanté en 2022 un lit de copeaux de feuillus crus, non pasteurisés, en ajoutant environ 400 g de tourteau de soja humide par mètre carré comme source d'azote et un ou deux sacs de mycélium d'environ 2,2 kg par mètre carré. | — | Le rendement d'un lit de copeaux crus reste inférieur à celui du témoin pasteurisé, mais évite le chauffage. |
| Rendements par surface : 4,2 kg par mètre carré avec un sac, 5,7 kg avec deux sacs, contre 7 kg pour le témoin pasteurisé. Aucune efficacité biologique n'est donnée. La source est un praticien, pas un essai publié. | |||
| Bûches de feuillus | Un vendeur de chevilles conseille du bois frais de moins de trois mois (peuplier, saule, hêtre, chêne, frêne), 10 à 20 chevilles par bûche espacées de 10 à 15 cm, une inoculation au printemps ou à l'automne et une colonisation de 6 à 18 mois. | — | La première récolte est lointaine, de 6 à 18 mois après l'inoculation selon le vendeur. |
| Le même vendeur annonce 10 à 20 % du poids de la bûche en champignons frais sur plusieurs années et une bûche active pendant 3 à 5 ans (note C). Aucune efficacité biologique n'a été trouvée dans une source A ou B. | |||
Semer le mycélium
On achète du mycélium sur grain, ou un kit déjà colonisé. L'UF/IFAS mélange le mycélium au substrat pasteurisé à raison de 5 à 10 % du volume ou du poids, et les 10 à 15 % d'un article du site ne reposent sur aucune source ; un lit au potager utilise environ 2 litres de mycélium par mètre carré. Le mycélium se garde quelques semaines au réfrigérateur avant l'emploi.
Le mycélium de pleurote gris sur grains, chez La Mycosphère (lien partenaire)
L'incubation et la fructification
L'incubation
- Température
- 24 à 25 °C
- Lumière
- dans le noir
- Durée
- 14 à 21 jours
L'UF/IFAS place les sacs remplis de substrat dans un lieu propre et sombre à 24-25 °C et 80-90 % d'humidité, jusqu'à ce que tout le sac soit blanc, ce qui prend deux à trois semaines ; un producteur français incube à environ 20 °C pendant deux à trois semaines. Pendant l'incubation, une revue de 2019 recommande de garder le gaz carbonique entre 2 000 et 2 500 mg par litre.
La fructification
- Température
- 10 à 16 °C
- Humidité
- 85 à 100 %
- Aération
- Il faut un bon renouvellement d'air pour éviter l'accumulation de gaz carbonique, sans empêcher de garder l'humidité autour des sacs. Trop de gaz carbonique donne des pieds épais et courts, et une revue de 2019 indique de rester entre 1 500 et 2 000 mg par litre pendant la fructification.
- Lumière
- La lumière n'est pas nécessaire pour former les primordiums mais elle l'est pour former les champignons (revue de 2019). L'UF/IFAS emploie une lumière froide en alternance jour-nuit ou continue, et un producteur français de 0 à 10 heures par jour.
- Durée
- 10 à 35, selon la source : environ 10 jours entre la fin de l'incubation et la première cueillette chez un producteur ; 35,5 jours entre l'ensemencement et la première récolte sur paille seule en laboratoire.
Une revue de 2019 déclenche la fructification en abaissant la température à 10-16 °C, soit un coup de froid de 5 à 10 °C après l'incubation. L'UF/IFAS, qui parle de nombreuses souches de pleurotes, fructifie vers 20 °C, et un producteur français tient ses caves entre 10 et 18 °C, idéalement à 15 °C.
Les volées
Après la première volée, l'UF/IFAS compte deux à quatre volées de plus selon la souche et l'ambiance. Un producteur français obtient deux ou trois volées sur trois à quatre mois, la moitié de la récolte venant de la première ; un kit vendu annonce deux à trois récoltes par sac (note C).
La culture dehors
Deux méthodes sont décrites par des praticiens : un lit de substrat de 15 à 20 cm au potager, implanté au printemps ou à l'automne, qui fructifie un à deux mois après et se pérennise de deux à cinq ans en ajoutant de la matière fraîche, et des bûches de feuillus colonisées en 6 à 18 mois. Le WSL (2025) demande de ne cultiver dehors que des souches indigènes de provenance locale, jamais d'espèces exotiques, et de ne pas jeter le substrat dans la nature. Aucune source A ou B ne donne de rendement de bûche ou de lit sur paille.
Quand ça tourne mal
| Problème | Cause | Que faire |
|---|---|---|
| Moisissure verte (Trichoderma) et autres contaminations | L'UF/IFAS reconnaît une contamination à ses taches bleues, vertes, noires ou jaunes, la moisissure verte du genre Trichoderma se repérant à sa croissance verdâtre rapide. Une chaleur excessive et un substrat trop humide (au-dessus de 70 %) favorisent les concurrents (revue de 2019). | On écarte les sacs fortement contaminés ; un sac partiellement atteint peut encore donner une volée. On pasteurise correctement le substrat et on garde un substrat entre 50 et 75 % d'humidité. |
| Mouches du terreau (sciarides) | Les larves mangent les primordiums en formation et les adultes transportent les spores de Trichoderma (Anderson et al., 2021). | On écarte les sacs infestés ; la fiche ne propose aucun traitement, faute d'avoir vérifié ce qui est autorisé en jardin. |
| Excès de gaz carbonique | Dans un lieu mal aéré, le champignon donne un pied épais et court (revue de 2019). | On renouvelle l'air sans courant d'air direct et on ouvre les sacs ou les perce davantage, sans abîmer le mycélium. |
| Virus du mycélium (déformation des chapeaux) | Un mycovirus provoque des chapeaux qui se relèvent, des pieds gonflés et des champignons très déformés (Reddy 1993, cité par la revue de 2019). | Aucun remède n'est donné dans la source lue. |
Ta santé de cultivateur
Les spores du pleurote provoquent chez des cultivateurs d'intérieur une alvéolite allergique, appelée poumon du cultivateur de champignons, décrite dès 1975 pour les pleurotes. Comme ses lames ne sont pas voilées, le pleurote peut libérer jusqu'à un milliard de spores par jour et par gramme de champignon. Pour les ateliers professionnels, les sources recommandent de filtrer l'air, et réservent les gants et le masque anti-poussière aux personnes sensibles ou aux lieux sans filtration ; une personne qui tousse après le travail doit s'éloigner de la source et consulter un médecin. Aucune source lue ne chiffre le risque pour un amateur qui cultive un kit à la maison. Des souches à peu de spores existent (une version japonaise du pleurote jaune selon le WSL, et une souche à peu de spores de pleurote décrite en 2023), mais leur disponibilité pour un amateur n'a pas été vérifiée.
Après la récolte
Le substrat épuisé ne se jette pas dans la nature : le WSL conseille d'émietter les kits puis de les composter pour que les moisissures et les bactéries les décomposent. Au potager, un lit de substrat peut être entretenu deux à cinq ans en ajoutant de la matière fraîche. Penn State conseille d'attendre six mois ou plus avant d'employer le compost de champignonnière partout au jardin, mais cette consigne vaut pour le compost du champignon de Paris et n'a pas été démontrée pour un substrat de pleurote.
Le cueillir
Où il pousse
Le pleurote en huître pousse en touffes superposées sur les troncs et les souches de feuillus morts, affaiblis ou blessés, principalement des chênes, des hêtres et des peupliers selon un magazine de mycologie ; il se nourrit du bois et peut aussi s'installer sur un arbre vivant affaibli. Il pousse parfois sur des conifères selon deux sources étrangères.
Quand le cueillir
La saison est celle du froid. Sur les 925 observations françaises du pleurote en huître datées au mois près que réunit le GBIF, près de 70 % tombent entre octobre et janvier, avec un pic en octobre, et l'on en trouve encore en septembre et en février. Un magazine de mycologie précise que les touffes peuvent surgir si l'automne a été pluvieux et tant qu'il ne fait pas trop froid. En culture, c'est une baisse de température de 5 à 10 °C, vers 10-16 °C, qui déclenche la fructification ; aucune source n'a mesuré ce seuil en forêt. Les rares observations d'été peuvent correspondre au pleurote pulmonaire, qui pousse à la belle saison.
| Étape | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Cueillette | janvier | octobre | novembre | décembre |
Les espèces avec lesquelles on le confond
Lis cette liste avant les critères pour le reconnaître : c'est elle qui sépare une cueillette sûre d'une erreur grave.
Clitocybe de l'olivier, aussi appelé pleurote de l'olivier (Omphalotus olearius)
ToxiqueCe qu'il provoque : Troubles digestifs pouvant être sévères et causer une déshydratation (ANSES) ; en Sardaigne, 18 cas avec crampes, vomissements, diarrhée, nausées, sueurs et tremblements, apparus en moyenne 3,5 heures après le repas et suivis de deux jours d'hospitalisation. La toxine est l'illudine.
Pour le distinguer : Les lames sont orange vif et décurrentes, le chapeau brun rougeâtre, le pied robuste ; il pousse à la base d'arbres, en touffes. Le pleurote en huître a les lames blanchâtres à crème et un pied court et latéral. La luminescence ne doit pas servir de test car elle manque sur les exemplaires âgés et desséchés.
Le nom courant « pleurote de l'olivier » est le piège principal. Les sources lues documentent la confusion avec la girolle et la chanterelle, pas avec le pleurote en huître, et le tableau des confusions du rapport ANSES 2022 ne compte aucune ligne sur un pleurote.
Pleurocybella porrigens (nom français non vérifié ; « angel wings » en anglais)
ToxiqueCe qu'il provoque : Encéphalopathie aiguë : en automne 2004 au Japon, 59 personnes ont été atteintes et 17 sont mortes, presque toutes avec une insuffisance rénale ; les troubles (tremblements, faiblesse, convulsions, fièvre) apparaissent 13 à 18 jours après le repas. La cause exacte n'est pas élucidée.
Pour le distinguer : Il pousse sur des souches et des troncs de conifères, en touffes qui se chevauchent, alors que le pleurote en huître pousse surtout sur les feuillus.
Ce critère de l'hôte est faible, car le pleurote en huître est lui aussi signalé parfois sur conifères. La présence de cette espèce en France n'est pas établie par une source ouverte et aucune autorité sanitaire française ne la mentionne. Un avis personnel d'un expert selon lequel de petites quantités sont sûres ne doit pas être repris.
Paxille faux panus (Tapinella panuoides)
ToxiquePour le distinguer : Il pousse sur du bois pourri de conifères, surtout sur pins ; son chapeau velouté est brun ocre à crème jaunâtre, ses lames sont jaunes puis rouille orangé, faciles à séparer de la chair, et son pied est nul ou très court, parfois à base violette.
Sa toxicité vient d'une encyclopédie en ligne qui cite un guide nord-américain (note C) ; le syndrome n'est décrit dans aucune source ouverte, et une consultation d'un centre antipoison serait nécessaire pour le confirmer. Par prudence, la fiche la tient pour toxique.
Pleurote en forme de nid (Phyllotopsis nidulans)
Non comestiblePour le distinguer : L'odeur est forte et fétide, le pied peu développé, le chapeau qui passe au jaune orangé et la sporée légèrement rosée.
Aucune toxicité n'est décrite dans les sources ouvertes ; il est jugé non comestible à cause de son odeur.
Crépidote à lames orangées (Crepidotus crocophyllus)
Non comestiblePour le distinguer : Le chapeau ne dépasse pas 1 à 3 cm, le pied est absent et la sporée est brune.
Seul ce crépidote a été lu, pas le genre entier.
Pleurote corne d'abondance (Pleurotus cornucopiae)
ComestiblePour le distinguer : Les lames sont décurrentes jusqu'à la base du pied et y forment un relief marqué, et il fructifie de mai à juillet.
Les deux sont comestibles.
Pleurote pulmonaire (Pleurotus pulmonarius)
ComestiblePour le distinguer : Il est plus clair, blanchâtre et jaunissant, à lames crème non décurrentes, et fructifie de fin avril à septembre en Amérique du Nord.
Les spécimens se distinguent mal d'une forme cultivée du pleurote en huître échappée de culture : parfois, seule une analyse génétique tranche (WSL).
Panelle tardive (Sarcomyxa serotina)
ComestiblePour le distinguer : Le chapeau est brun jaune à brun roussâtre, verdâtre vers le bord, les lamelles orange pâle et le pied court brun verdâtre ; il pousse sur des souches de feuillus.
Elle est comestible selon fungi.fr.
Le reconnaître
- Chapeau
Le chapeau est d'abord convexe puis déprimé au point d'insertion sur le bois ; il mesure de 4 à 20 cm selon les sources, gris très foncé chez le jeune, gris-brun ou noirâtre ensuite, parfois beaucoup plus clair, en forme de coquille d'huître puis d'éventail.
- Lames
Les lames sont légèrement décurrentes, blanchâtres à crème puis jaunissantes avec l'âge, et leur arête est délicatement soulignée de gris.
- Pied
Le pied est court, latéral, fibreux, et sa base est couverte d'un duvet épais.
- Sporée
La sporée est blanche à lilas selon la plupart des sources ; un seul magazine l'indique grisâtre.
- Croissance
Il pousse en touffes ou en étagères superposées sur le bois, vivant affaibli ou mort.
- Odeur
La chair est blanche, d'odeur fongique ou légèrement anisée ; l'odeur ne sépare pas le pleurote en huître du pleurote pulmonaire et ne prouve rien sur la comestibilité.
Ce qu'il ne faut pas cueillir
Il ne faut cueillir que des spécimens en bon état, ni trop jeunes, car les confusions sont alors plus faciles, ni vieux, abîmés ou colonisés par des vers ou des insectes, et prélever le champignon entier, pied compris. Il ne faut pas cueillir près de sites pollués : bords de route, zones industrielles, décharges, pâturages, car les champignons absorbent les polluants, notamment le cadmium ; aucune valeur propre au pleurote n'est publiée. Des champignons vénéneux peuvent pousser là où l'on a cueilli des comestibles une autre année.
La réglementation
Les champignons appartiennent au propriétaire du terrain, qui peut se réserver la cueillette, l'autoriser ou la tolérer dans la limite de la consommation familiale. Cueillir en forêt sans son autorisation est puni par l'article L.163-11 du code forestier : contravention de 4e classe sous 10 litres, délit de vol au-dessus (jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende). La réglementation locale résulte d'arrêtés préfectoraux affichés en mairie ; en forêt domaniale, la cueillette est limitée à 5 litres par personne et par jour pour la consommation familiale, la vente étant interdite, avec des jours d'interdiction dans certains départements.
Le geste de cueillette
Un panier en osier, une caisse ou un carton, jamais un sac plastique, en séparant les espèces ; la totalité du champignon est prélevée et l'on prend une photo de la récolte avant la cuisson, utile en cas d'intoxication. Les grappes peuvent se couper à la base avec un couteau propre.
Le manger
Cru ou cuit : Pour les champignons cueillis, le ministère de la Santé et l'ANSES disent de ne jamais les manger crus et de les cuire 20 à 30 minutes à la poêle ou 15 minutes à l'eau bouillante, l'eau de cuisson étant jetée. Aucune source officielle lue ne dit si le pleurote de culture peut se manger cru ; une étude de 2024 note que le pleurote produit des toxines peptidiques, sans conclure sur la consommation crue.
Précautions : Les mêmes autorités recommandent 150 à 200 grammes par adulte et par semaine pour les champignons cueillis, de ne jamais en donner aux jeunes enfants et d'éviter d'en proposer aux seniors et aux femmes enceintes. Une allergie alimentaire au pleurote est décrite, confirmée par un test de provocation chez un enfant qui a eu de l'urticaire dix minutes après dix grammes de pleurote cuit ; en Sardaigne, trois cas de crampes et de vomissements après un pleurote ont été recensés sans cause établie.
Conserver et transformer
| Mode | Température | Humidité | Durée |
|---|---|---|---|
| Réfrigérateur | 4 °C | — | 2 jours pour des champignons cueillis |
| L'ANSES demande de conserver les champignons cueillis au réfrigérateur, à 4 °C au maximum, à l'écart des autres aliments, et de les consommer dans les deux jours. Pour les pleurotes de culture, une étude de 2018 trouve 4 °C optimal pour le pleurote Tree, en barquette filmée, sans que la durée ait été lue ; un distributeur parle de quelques jours (note C). | |||
| Séchage | 60 °C | — | 8 à 10 heures au déshydrateur, jusqu'à deux fois plus au four ; 6 à 12 mois de garde |
| Colorado State University sèche les champignons à 140 °F (60 °C) au four ou au déshydrateur jusqu'à ce qu'ils soient secs et coriaces, nettoyés à la brosse ou au papier humide suivis d'un rinçage rapide, et conserve les légumes séchés 6 à 12 mois en contenant étanche (phrase générale sur les légumes séchés). L'article du site donne d'autres chiffres (45-50 °C, 12 à 24 mois) qui ne sont pas sourcés. | |||
| Congélation | −18 °C | — | 12 à 18 mois pour les légumes en général |
| Colorado State University cuit les champignons à la vapeur 6 minutes entiers ou 4 à 4,5 minutes en quartiers, après un trempage au citron ou à l'acide citrique, ou les saute légèrement au beurre, puis les refroidit et les congèle. La congélation est un mode parmi d'autres, pas la seule solution. | |||
Séchage
Le séchage à 60 °C est décrit plus haut ; l'article du site « champignons-seches-maison » le détaille avec d'autres chiffres non sourcés et conseille de réhydrater 20 à 30 minutes. Aucune source A ou B ne traite le pleurote séché en particulier.
Bocal
L'USDA (2015) ne publie aucun barème qui nomme le pleurote. Son seul barème de champignons en bocal vise des champignons de couche, petits à moyens, à pied court et à voile fermé, stérilisés à l'autoclave seulement, jamais au bain-marie, et il précise : « Caution: Do not can wild mushrooms. » Le pleurote n'a pas de voile et pousse en touffes : ce barème n'a pas été testé sur lui. Faute de barème qui le vise, la fiche ne donne aucune durée de stérilisation pour le pleurote : on le sèche ou on le congèle.
La formation « Vos bocaux maison sans danger » le détaille pas à pas →
Champignons marinés
L'USDA publie une recette testée de champignons entiers marinés à l'huile, au vinaigre et au jus de citron, au bain-marie bouillant, en demi-pintes seulement, remplissage à chaud : 20 minutes de 0 à 1 000 pieds (0 à 305 m), 25 minutes de 1 001 à 3 000 pieds, 30 minutes de 3 001 à 6 000 pieds et 35 minutes au-dessus. Elle exige des champignons très frais, entiers, non ouverts, de moins de 1 1/4 pouce (environ 3 cm) de diamètre : un pleurote cueilli à maturité n'entre pas dans cette description.
La formation « Vos bocaux maison sans danger » le détaille pas à pas →
Lactofermentation
Aucune méthode testée n'a été trouvée pour les champignons, et la formation « Apprendre la lactofermentation » ne les mentionne pas : la fiche dit qu'il n'existe pas de méthode connue plutôt que d'en proposer une.
Huile
La seule recette huilée testée est la marinade acidifiée de l'USDA ci-dessus. Aucune méthode testée n'existe, dans les sources lues, pour plonger des pleurotes dans l'huile sans cette acidification.
Les espèces voisines
Ces espèces ressemblent à celle de cette fiche : ouvre celle qui t'intéresse pour voir en quoi elle diffère.
Pleurotus pulmonarius
En résumé : La cueillette du pleurote pulmonaire aura sa propre fiche ; sa culture est traitée ici en note.
Se cueille-t-il de la même façon ? Non : en Amérique du Nord, il fructifie de fin avril à septembre alors que le pleurote en huître fructifie d'octobre à début avril, il est plus clair, et une analyse génétique est parfois nécessaire pour trancher entre les deux (WSL). Les deux sont comestibles, mais cette cueillette fera l'objet d'une fiche à part.
Se cultive-t-il de la même façon ? Oui pour la méthode : l'UF/IFAS cite le pleurote en huître et le pleurote pulmonaire comme les deux pleurotes les plus cultivés, avec la même technique de paille pasteurisée. Les fenêtres de température sont plus chaudes pour le pulmonaire (récolte entre 13 et 20 °C contre 5 à 25 °C pour le pleurote en huître dans la revue de 2019), un producteur français note une pousse plus capricieuse et des rendements généralement moins élevés, et un praticien rappelle qu'il craint le gel en plein air.
Au jardin de Loïc
Loïc a commencé avec un kit offert à Noël, prévu pour du marc de café. Faute de pouvoir réunir autant de marc, il est passé à la paille, qu'il trouve autour de chez lui, et l'a préparée par simple trempage. Ses premières pleurotes sont parties au marché de son village, et la culture des champignons est devenue ensuite une petite production à part entière, en cave.
Voir la vidéo : Cultiver des pleurotes facilement pour créer un complément de revenu ↗




Les sources
Chaque valeur de la fiche vient d'une de ces sources. Quand elles ne disent pas la même chose, la fiche retient la mieux établie.
La fiche : 8 références
- Hameed, Cotter, Liao, Hsu, UF/IFAS SS662 A — institut ou essai
- Cave vivante du champignon, Le pleurote B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com, Pleurotus ostreatus B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 420 B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 420, F. Féréol, janvier 2021 B — praticien ou réseau technique
- Wikipédia, Pleurotus C — source non vérifiée
- Wikipédia, Pleurotus ostreatus C — source non vérifiée
Le climat : 2 références
- Bellettini et al. 2019 A — institut ou essai
- WSL 2025 A — institut ou essai
Le cultiver : 26 références
- Anderson et al., Microbial Control Agents for Fungus Gnats Affecting the Production of Oyster Mushrooms, Insects 12(9), 2021 A — institut ou essai
- Auf der Maur et al., WSL, Le pleurote jaune et les risques des champignons cultivés naturalisés, 2025 A — institut ou essai
- Bellettini et al. 2019 A — institut ou essai
- Bellettini et al. 2019 (citant Li et al. 2015) A — institut ou essai
- Bellettini et al. 2019 (citant Mejía et Albertó 2013) A — institut ou essai
- Bellettini et al. 2019 (citant Reddy et al. 1993) A — institut ou essai
- Bellettini et al. 2019 (citant Urben 2004) A — institut ou essai
- Bellettini et al. 2019, tableau 1 A — institut ou essai
- Bellettini et al., Factors affecting mushroom Pleurotus spp., Saudi J Biol Sci 26(4), 2019 A — institut ou essai
- Beyer, Penn State Extension, Spent mushroom substrate A — institut ou essai
- Ficociello et al. (INAIL), The onset of occupational diseases in mushroom cultivation and handling operators, Italian J Mycol 48, 2019 A — institut ou essai
- Ficociello et al. 2019 A — institut ou essai
- Miśkiewicz et al., Agri-food wastes as substrates for oyster mushroom cultivation, Sci Rep 15, 2025, tableau 2 A — institut ou essai
- Satoh et Yamada, Hypersensitivity pneumonitis associated with mushroom cultivation, J Postgrad Med 68(4), 2022 A — institut ou essai
- UF/IFAS SS662 A — institut ou essai
- WSL 2025 A — institut ou essai
- Allawos, Closed Loop Mushroom Production on 100% Waste Substrate, rapport final SARE FS13-268 B — praticien ou réseau technique
- Andréas, mon-potager-en-carre.fr B — praticien ou réseau technique
- Andréas, mon-potager-en-carre.fr, cultiver-des-champignons-dans-son-jardin B — praticien ou réseau technique
- Cave vivante du champignon B — praticien ou réseau technique
- Cave vivante du champignon ; Miśkiewicz et al. 2025 B — praticien ou réseau technique
- SARE FS13-268 B — praticien ou réseau technique
- Violon et Champignon, La culture du pleurote sur copeaux de bois crus (2022) B — praticien ou réseau technique
- Ferme de Sainte Marthe, Réussir la culture du pleurote sur bois C — source non vérifiée
- La Mycosphère, kit pleurote DIY C — source non vérifiée
- pleine-terre.fr, faire-pousser-des-champignons-en-cave C — source non vérifiée
Le cueillir : 18 références
- ANSES, 25/09/2025 A — institut ou essai
- ANSES, Cueillette des champignons : vigilance face aux risques d'intoxications, 25/09/2025 A — institut ou essai
- GBIF, occurrences de Pleurotus ostreatus (taxonKey 2526530) en France, décompte par mois, interrogé le 08/10/2026 A — institut ou essai
- Ministère de l'agriculture, réponse à la question écrite n° 8280 A — institut ou essai
- Ministère de l'agriculture, réponse à la question écrite n° 8280, JO du 25/12/2012 A — institut ou essai
- ONF, communiqué du 21/10/2019 A — institut ou essai
- sante.fr, RecoSanté, 23/07/2025 A — institut ou essai
- sante.fr, RecoSanté, Cueillette de champignons : comment prévenir les intoxications ?, 23/07/2025 A — institut ou essai
- UF/IFAS SS662 (pleurote cultivé) A — institut ou essai
- Champignon Magazine, 07/01/2024 B — praticien ou réseau technique
- Champignon Magazine, 07/01/2024 ; WSL 2025 B — praticien ou réseau technique
- Champignon Magazine, Un serial killer nommé Pleurote, 07/01/2024 B — praticien ou réseau technique
- FFRandonnée, La cueillette des champignons en forêt B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com ; Mycocharentes (sporée blanche) ; UF/IFAS (white to lilac) B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 420 B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 420 ; Wikipédia ; Champignon Magazine B — praticien ou réseau technique
- Vidal, Les champignons comme bioaccumulateurs des polluants telluriques B — praticien ou réseau technique
Les confusions : 21 références
- ANSES, 25/09/2025 A — institut ou essai
- ANSES, rapport d'étude 2023-VIG-0127, juillet 2023 A — institut ou essai
- Kawagishi 2023 A — institut ou essai
- Kawagishi H., Proc Jpn Acad Ser B 99(7), 2023 A — institut ou essai
- La Rosa et al., Epidemiology and clinical aspect of mushroom poisonings in South Sardinia, Food Sci Nutr, 2024, tableau 3 A — institut ou essai
- Li et al., Omphalotus yunnanensis, Toxins 2026 A — institut ou essai
- WSL 2025 A — institut ou essai
- Beug M., NAMA, Pleurocybella porrigens toxin unmasked? B — praticien ou réseau technique
- fungi.fr, Sarcomyxa serotina (extraits de Mycofile) B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com, Phyllotopsis nidulans B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 420 B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 470, Tanchaud, avril 2026 B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 950 B — praticien ou réseau technique
- Mycocharentes, fiche n° 950, Jaffrain, 2011 B — praticien ou réseau technique
- Mycoquébec, via fungi.fr, Crepidotus crocophyllus B — praticien ou réseau technique
- NAMA B — praticien ou réseau technique
- VAPKO, table des confusions B — praticien ou réseau technique
- résumé de moteur de recherche (extrait) C — source non vérifiée
- Wikipédia (anglais), Tapinella panuoides, citant Miller et Miller 2006 C — source non vérifiée
- Wikipédia, Pleurotus ostreatus C — source non vérifiée
Manger : 4 références
- La Rosa et al. 2024, tableau 3 A — institut ou essai
- Rangkakulnuwat et al., J Allergy Clin Immunol Glob, 2023 A — institut ou essai
- sante.fr, RecoSanté, 23/07/2025 A — institut ou essai
- van Dam et al., GastronOmics, Current Research in Food Science, 2024 A — institut ou essai
Conserver : 5 références
- ANSES, communiqué du 25/09/2020 A — institut ou essai
- Colorado State University Extension, PreserveSmart, Drying Mushrooms A — institut ou essai
- Colorado State University Extension, PreserveSmart, Freezing Mushrooms A — institut ou essai
- Jitareerat et al., Acta Horticulturae 1213, 2018 (résumé) A — institut ou essai
- pleine-terre.fr, champignons-seches-maison C — source non vérifiée
Transformer : 4 références
- Corpus maison, E:\Sites\pleine terre\Formations\Apprendre la lactofermentation A — institut ou essai
- USDA 2015, guide 4, p. 4-13 (PDF du dossier de la formation, GUIDE04_HomeCan_rev0715.pdf) A — institut ou essai
- USDA 2015, guide 6, p. 6-18 (GUIDE06_HomeCan_rev0715.pdf) A — institut ou essai
- USDA, Complete Guide to Home Canning, 2015, guide 4, p. 4-13 A — institut ou essai
Les espèces voisines : 4 références
- Bellettini et al. 2019, tableau 1 A — institut ou essai
- UF/IFAS SS662 A — institut ou essai
- Cave vivante du champignon B — praticien ou réseau technique
- Kuo M., MushroomExpert.Com B — praticien ou réseau technique