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Pleine Terre
Illustration de pommes rouges et jaunes posées sur une planche, l'une coupée en deux montrant son étoile de pépins, entourées d'un thermomètre, d'un calendrier et d'un arrosoir.
Fiche arbre fruitier

Pommier

Choisir son pommier selon la forme et le porte-greffe, savoir quel gel détruit ses fleurs, le tailler sans le relancer et garder ses pommes l'hiver.

Froid d'hiver nécessaire 400 à 1 700 h
Gel en pleine fleur, premiers dégâts −2,2 °C
Se pollinise seul Non, il lui faut un voisin

Quelle forme d'arbre

FormePorte-greffeTroncHauteur adulteEspacementPremiers fruitsRécolte par arbre
Haute-tigefranc1,8 à 2 m8 à 10 m10 à 15 m5 à 6 ans180 à 250 kg
C'est l'arbre du pré-verger, qui vit longtemps et se passe de taille annuelle, mais qui demande une échelle pour cueillir. Le rendement est celui qu'attend le FiBL d'un pommier adulte en pleine production dans un verger professionnel suisse ; un arbre de jardin moins suivi donne moins, et aucune source française lue directement ne donne de chiffre.
Demi-tigeMM111 ou MM1061,2 à 1,8 m5 à 7 m5 à 10 m5 à 6 ans—
Les fruits se cueillent plus facilement que sur un haute-tige. MM111 résiste aux sols légers et séchants, alors que MM106 les craint.
Basse-tigeM7 ou M260,4 à 1,2 m3 à 4 m5 à 7 m2 à 3 ans—
Les branches et les fruits restent à portée de main. M7 est donné résistant à la sécheresse, M26 sensible.
Petite forme libre (fuseau, axe)M9—1,5 à 4 m2,4 à 3 m——
La hauteur dépend autant du sol que du porte-greffe : un arboriculteur normand mesure le même M9, avec la même variété, à 1,50 m au bord de la Seine et à 3,50 m sur son plateau. Le groupe des M9 met l'arbre à fruit vite et régulièrement, mais il est sensible à la sécheresse, et pour certaines sélections le palissage et l'irrigation sont donnés indispensables ; le tuteur reste en place plus longtemps que sur un porte-greffe vigoureux.
Cordon simpleM90,4 à 0,8 m—2 m1 à 2 ans2 à 4 kg
Le tronc porte une seule charpentière horizontale. Le cordon se taille chaque année, à la fin de l'été comme toutes les formes palissées, et produit peu par arbre.

Le climat qu'il lui faut

Le froid d'hiver : pour fleurir normalement, l'arbre a besoin de 400 à 1 700 heures sous 7 °C pendant son repos, selon la variété. Un hiver trop doux retarde et étale la floraison.

Le gel de printemps : plus le bourgeon est avancé, moins il supporte le froid. Le tableau donne, stade par stade, la température qui détruit une fleur sur dix, puis neuf sur dix.

Stade10 % de pertes90 % de pertes
Pointe verte−7,8 °C−12,2 °C
1 cm de vert−5,0 °C−9,4 °C
Bouquet serré (boutons groupés)−2,8 °C−6,1 °C
Premier rose−2,2 °C−4,4 °C
Pleine fleur−2,2 °C−3,9 °C
Un pommier peut encore donner une pleine récolte quand 10 à 15 % de ses fleurs survivent.
Après la floraison (jeunes fruits)−2,2 °C−3,9 °C
Après la chute des pétales, toutes les variétés sont aussi fragiles les unes que les autres.

Chaleur et sécheresse : Au soleil, la peau d'une pomme brunit quand sa température de surface atteint environ 46 °C chez les variétés les plus sensibles, et elle se nécrose vers 52 °C, une température que le fruit atteint bien avant l'air ambiant. Les porte-greffes M9, M26 et MM106 sont donnés sensibles à la sécheresse, alors que MM111 et M7 y résistent mieux.

Le sol : Le pommier préfère un sol légèrement acide, au pH de 6,0 à 6,5, et profond d'au moins 75 cm. Le drainage compte avant tout : le pommier supporte moins bien les sols détrempés que le poirier et le prunier, et un sol lourd et mal drainé favorise le chancre européen.

L'exposition : Les sources ne disent pas la même chose : la RHS conseille le plein soleil et un emplacement chaud et abrité, alors que les Croqueurs de pommes écrivent que le pommier redoute les expositions chaudes et demande un air vif et un peu humide. Toutes s'accordent pour éviter les bas-fonds où l'air froid s'accumule les nuits de gel.

Choisir son arbre

Le porte-greffe décide de la taille de l'arbre, de l'âge de ses premiers fruits et de sa tenue à la sécheresse. La vigueur se compte en pourcentage d'un arbre greffé sur franc.

Porte-greffeVigueurSécheresseSol
francTrès forte (90 à 100 %)—Aucune source lue ne précise ses exigences de sol.
Il donne un haute-tige de 8 à 10 m, qui met 5 à 6 ans à donner ses premiers fruits.
MM111Forte (70 à 90 %)Résistant : il supporte les sols légers, calcaires et séchants.Il convient aux sols légers et calcaires.
Il développe un système racinaire étendu ; la formation le présente, avec le franc, comme le choix cohérent pour un arbre qu'on n'arrose pas, au prix d'une mise à fruit plus lente.
MM106Forte (70 à 90 %)Sensible : il craint les sols séchants.Il préfère un sol frais, limoneux et argileux.
Il est sensible au Phytophthora et son ancrage est moyen.
M7Moyenne (50 à 60 %)Résistant à la sécheresse.Il préfère un sol profond, limoneux et argileux.
Il produit quelques rejets et drageons, et sa résistance au froid du cœur de l'hiver est jugée faible.
M26Moyenne (50 à 60 %)Sensible à la sécheresse.Aucune source lue ne précise ses exigences de sol, en dehors de sa sensibilité à la sécheresse.
Il sert surtout aux formes palissées, et l'arbre atteint 3 à 4 m.
M9Faible (50 à 60 %)Sensible à la sécheresse ; pour la sélection Pajam 1, le palissage et l’irrigation sont donnés indispensables.Aucune source lue ne précise ses exigences de sol, en dehors de sa sensibilité à la sécheresse.
Le tableau du GAB 65 lui donne le même pourcentage que M7 et M26, mais toutes les sources le classent plus faible ; il met l'arbre à fruit vite et régulièrement. Il faut garder le point de greffe hors de terre, sinon la variété s'affranchit et l'arbre perd l'effet nanisant.
M27Très faible (30 à 40 %)—Aucune source lue ne précise ses exigences de sol.
Il donne un arbre de 1 à 2 m, conduit en basse-tige, en gobelet ou en palmette.

La pollinisation : Le pommier a besoin du pollen d'une autre variété qui fleurit en même temps : le même groupe de floraison, ou un groupe d'écart au plus, sur une échelle de 1 (très précoce) à 7 (très tardif), à moins de 18 m environ. Certaines variétés ont un mauvais pollen et ne pollinisent pas les autres ; une variété triploïde demande deux autres pommiers, et les pommiers d'ornement font de bons pollinisateurs.

À l'achat : Les arbres en racines nues ne se vendent et ne se plantent qu'au repos, en hiver ; ceux en conteneur se plantent toute l'année, mais s'installent moins bien. On vérifie le porte-greffe et l'état sanitaire du plant, en particulier l'absence de chancre, et l'on sait qu'un demi-tige ou un haute-tige vendu « formé » a déjà été étêté en pépinière.

Les variétés

Reine des Reinettes

Ancienne · floraison mi-saison · groupe 4 · pollen bon

Résistance : tavelure (partielle)

Sa période de cueillette et de consommation va de début septembre à décembre.

Elle se garde jusqu'en décembre en bon fruitier.

L'INRA d'Angers lui reconnaît une résistance partielle à la tavelure, et le CRA-W la note très bon pollinisateur.

Belle de Boskoop

Ancienne · floraison précoce · groupe 2 · pollen mauvais

Sa période de cueillette et de consommation va de fin septembre à mars.

Elle se garde jusqu'en mars en bon fruitier.

Sa floraison précoce l'expose davantage aux gelées de printemps.

Son pollen est mauvais : elle ne pollinise pas ses voisines et demande elle-même un pollinisateur à floraison précoce. Le CRA-W la note sensible à très sensible à la tavelure sur fruits.

Reinette grise du Canada

Ancienne · pollen mauvais (triploïde)

Résistance : tavelure, oïdium

Le GRAB la situe à maturité dans la première décade de septembre à Avignon.

Le GRAB recommande d'être attentif à sa conservation.

En verger bio, la station de la Morinière la juge bien adaptée, productive et peu alternante, alors que le GRAB la dit alternante, sensible au chancre, au feu bactérien et au soufre ; c'est une variété triploïde.

Court-pendu rouge

Ancienne · floraison tardive · groupe 6 · pollen bon

Cueillie fin septembre ou début octobre, elle se mange de novembre à février.

Elle se garde jusqu'en février.

C'est une pomme de table très sucrée, bonne aussi en gelée, au four et en tarte.

Elle fleurit tard (groupes 6 à 7), ce qui l'expose moins aux gelées de printemps.

C'est un bon pollinisateur, de sensibilité moyenne à la tavelure, avec une très belle végétation selon le CRRG.

Reinette de France

Régionale · floraison tardive · groupe 7 · pollen mauvais

Résistance : tavelure

Cueillie dans la première quinzaine d'octobre, elle se mange de novembre à février.

Elle se garde jusqu'en février.

C'est une excellente pomme à couteau, également très bonne en cuisson.

Le CRRG la recommande pour sa floraison très tardive, qui évite les gelées printanières.

L'arbre est peu vigoureux et compact, mais son pollen est mauvais : il lui faut un pollinisateur qui fleurit lui aussi très tard.

Patte de loup

Ancienne · floraison tardive

Selon un vendeur, elle se récolte en octobre et continue de mûrir en réserve.

Selon un vendeur, elle se mange de décembre à avril ; aucune source technique ne le confirme.

Selon le même vendeur, elle se croque et se cuisine.

Sa floraison tardive la rend moins sensible au gel, d'après la station de la Morinière.

Elle produit beaucoup moins que les autres variétés de l'essai, et la Morinière la croit autofertile, puisqu'elle fleurit quand les autres ont fini.

Ariane

Moderne

Résistance : tavelure (gène Rvi6, contourné)

Selon une jardinerie, elle se récolte fin septembre.

Selon un vendeur, elle se garde au frais jusqu'en mars ; aucune source technique ne le confirme.

Obtenue par l'INRA d'Angers, elle porte le gène de résistance Rvi6 (Vf), que des souches de tavelure contournent dans les vergers depuis les années 2000 ; elle n'est plus résistante partout.

Planter

Quand planter : On plante de préférence à la fin de l'automne, avant les premiers gels, et sinon pendant l'hiver jusqu'au printemps, dans un sol qui n'est ni gelé ni détrempé.

Calendrier indicatif, mois par mois
Étape J F M A M J J A S O N D
Plantation janvier février mars novembre décembre
Floraison avril
Récolte août septembre octobre novembre

Mois indicatifs pour la zone « France, plaine tempérée (repères tirés du FiBL, de la RHS, d'un BSV du Limousin et des conservatoires des Hauts-de-France et de Wallonie) ». L'état du sol et le stade de l'arbre décident, pas la date.

Arroser les premières années : La RHS demande d'arroser régulièrement un pommier nouvellement planté pendant les périodes sèches de ses deux premières années. Aucune source institutionnelle ne donne de volume d'arrosage pour un jeune fruitier de jardin.

Multiplier : Le pommier se multiplie par greffe sur un porte-greffe : à l'anglaise ou en fente en mars-avril, en couronne en avril-mai, en écusson à œil dormant en juillet-août, et en chip-budding en avril ou en septembre.

Tailler

Formation

Quand : Pendant les premières années, jusqu'aux premiers fruits.

Comment : Dans la ligne de l'école Lespinasse, on ne coupe pas la tête du scion et l'on garde les pousses latérales du tronc ; on plie les branches trop concurrentes plutôt que de les couper, et l'on n'enlève que celles qui deviennent trop grosses par rapport au tronc.

Pourquoi : C'est le fruit, et non le sécateur, qui arrête la croissance en hauteur du tronc ; une coupe relance de la pousse à bois et pénalise fortement la floraison des rameaux qui auraient pu fructifier.

Fructification

Quand : En fin d'hiver, hors période de gel : les Croqueurs de pommes taillent les pommiers début mars, et le FiBL conseille d'attendre les derniers gels et de ne jamais tailler sous -8 °C.

Comment : On ne raccourcit pas les branches fruitières ; on supprime entière la branche devenue trop grosse, on éclaire le dessous des branches, et l'on éteint les coursonnes en surnombre, au gant ou au revers du sécateur, en commençant par le dessous des branches. Sur un adulte, on n'enlève pas plus de 10 à 20 % du volume par an.

Pourquoi : Une coupe fait démarrer plusieurs yeux à bois sous elle, alors que l'extinction allège la charge sans relancer la vigueur ; en fin d'hiver, les boutons à fleurs sont gonflés et faciles à compter.

En vert

Quand : En juin, avant que les pousses ne s'aoûtent ; les formes palissées se taillent à la fin de l'été.

Comment : On arrache à la main les gourmands encore tendres, à leur base.

Pourquoi : C'est le seul geste d'été sur lequel toutes les sources s'accordent ; l'idée que la taille d'été calme l'arbre n'est pas confirmée, puisqu'une étude ne trouve aucun effet sur la pousse de l'année suivante.

Restauration

Quand : En fin d'hiver, sur deux ou trois années successives.

Comment : On étale le travail sur deux ou trois ans, on évite de couper des branches de plus de 5 cm de diamètre, et l'on réduit le nombre de coursonnes d'un vieux pommier épuisé plutôt que d'étêter l'arbre.

Pourquoi : Un vieil arbre taillé d'un coup réagit par une forêt de gourmands ; un pommier étêté pour cueillir plus bas ne donne pas une pomme de plus en bas.

Les gestes qui comptent

Éclaircissage

En deux passages : le premier 40 à 45 jours après la floraison, quand les fruits mesurent 10 à 15 mm, le second avant le 15 juin. Les chambres d'agriculture rappellent que seul un éclaircissage fait de début à mi-mai agit contre l'alternance.

Les pépins des fruits laissés sur l'arbre freinent la formation des fleurs de l'année suivante ; on garde un fruit par bouquet, de préférence celui du centre, avec environ 15 cm entre deux pommes.

Extinction des boutons à fleurs

En février et en mars, quand les boutons à fleurs sont gonflés.

Supprimer une partie des bourgeons à fruits, surtout à la base et sous les branches, règle la charge sans raccourcir la branche ; Ramonguilhem l'emploie surtout sur un arbre faible et l'année de sa première grosse floraison.

Ramasser ou broyer les feuilles mortes

En automne et en hiver, après la chute des feuilles.

La tavelure passe l'hiver dans les feuilles tombées ; dans un essai du GRAB et de l'INRA, le balayage a réduit de 22 % la fréquence des taches sur feuilles, mais sans effet démontré sur les fruits.

Bandes de carton ondulé contre le carpocapse

De juillet à fin octobre, autour du tronc.

Les larves de carpocapse viennent s'y réfugier ; les chambres d'agriculture les retirent à l'automne et les brûlent. La fiche de la FREDON les associe aux filets posés après la floraison, au ramassage des fruits piqués et aux pièges à phéromones, qui limitent les accouplements.

Poser des nichoirs à mésanges

Avant le printemps.

En vergers conduits en lutte intégrée, les parcelles équipées de nichoirs ont eu deux fois moins de fruits abîmés par les chenilles (2,9 % contre 5,8 %), mais aucun effet n'a été mesuré dans les vergers bio étudiés.

Tuteurer le jeune arbre

À la plantation, pour 18 mois à 3 ans, et plus longtemps sur un porte-greffe faible.

Le tuteur bas, attaché à 40-50 cm du sol, tient l'arbre tout en laissant le tronc bouger un peu au vent, ce qui le renforce.

L'année de l'arbre

Janvier
On plante les arbres en racines nues quand le sol n'est ni gelé ni détrempé, et l'on repère les bourgeons couverts d'oïdium, à supprimer à la taille.
Février
On commence l'extinction des boutons à fleurs en surnombre, et l'on prélève les greffons destinés aux greffes de printemps.
Mars
Les Croqueurs de pommes taillent les pommiers début mars ; on surveille l'éclosion des œufs du puceron cendré au gonflement des bourgeons, et l'on greffe à l'anglaise ou en fente.
Avril
La floraison expose l'arbre au gel dès -2,2 °C ; c'est aussi le début des contaminations de tavelure par temps de pluie, et les premiers papillons du carpocapse sortent à la fin du mois dans le Sud-Ouest.
Mai
On fait le gros de l'éclaircissage, à un fruit par bouquet, et l'on pose les filets contre le carpocapse après la floraison ; les infections de tavelure les plus graves ont lieu jusqu'à la mi-mai.
Juin
On termine l'éclaircissage avant le 15 juin et l'on arrache à la main les gourmands encore tendres.
Juillet
On pose les bandes de carton ondulé autour des troncs, au moment où la deuxième génération du carpocapse commence, et l'on greffe en écusson à œil dormant.
Août
On arrose les jeunes arbres en période sèche, on taille les formes palissées, et l'on cueille les premières variétés précoces.
Septembre
On cueille les variétés de mi-saison quand le pédoncule se détache facilement, et l'on peut greffer en chip-budding.
Octobre
On cueille les variétés de garde avant leur complète maturité, on trie et l'on range au fruitier les fruits sains ; les pucerons cendrés reviennent pondre sur le pommier jusqu'en novembre.
Novembre
On retire les bandes de carton, on ramasse ou broie les feuilles tombées contre la tavelure, et l'on commence les plantations avant les premiers gels.
Décembre
On enlève les fruits momifiés restés sur l'arbre et l'on surveille régulièrement les pommes au fruitier, pour retirer celles qui mûrissent ou pourrissent.

Maladies et ravageurs

Carpocapse

Cydia pomonella

La chenille de ce papillon creuse des galeries dans le fruit jusqu'aux pépins et laisse un amas d'excréments en surface ; dans le Sud-Ouest, il fait deux à trois générations par an, de la fin avril à la récolte.

Le moment à risque : du vol des premiers papillons, fin avril dans le Sud-Ouest, jusqu'à la récolte

Chancre européen

Neonectria ditissima

Une nécrose brun chocolat creuse le bois des rameaux et du tronc année après année ; le champignon entre par les cicatrices des feuilles tombées, les plaies de taille et les cicatrices de cueillette, surtout par automne doux et pluvieux.

Le moment à risque : à la chute des feuilles, et à chaque plaie de taille ou de cueillette

Feu bactérien

Erwinia amylovora

Les bouquets floraux noircissent, les jeunes pousses se dessèchent et se recourbent en crosse, et les feuilles du pommier roussissent comme brûlées ; la bactérie infecte surtout pendant la floraison et par les plaies de grêle.

Le moment à risque : pendant la floraison, puis par les plaies de grêle en été

Moniliose

Monilinia fructigena

Le champignon pourrit le fruit à partir d'une blessure, causée par exemple par le carpocapse, la grêle ou les oiseaux, et il passe l'hiver dans les fruits momifiés et les chancres.

Le moment à risque : du grossissement des fruits à la récolte, par les blessures

Oïdium du pommier

Podosphaera leucotricha

Un feutrage blanc couvre les jeunes pousses et les feuilles, qui se dessèchent ; le champignon passe l'hiver dans les écailles des bourgeons et repart au printemps.

Le moment à risque : dès le débourrement, sur les jeunes pousses

Puceron cendré

Dysaphis plantaginea

C'est le puceron le plus dommageable du pommier : les feuilles s'enroulent, les pousses se déforment, et les fruits touchés restent petits et déformés.

Le moment à risque : de l'éclosion des œufs, au gonflement des bourgeons, jusqu'au début de l'été

Tout sur : Pucerons — le reconnaître, ce qui marche →

Tavelure

Venturia inaequalis

Le champignon fait des taches brun olive à noires sur les feuilles et des taches liégeuses et crevassées sur les fruits ; il passe l'hiver dans les feuilles tombées et contamine par temps de pluie entre 7 et 25 °C.

Le moment à risque : du débourrement à la mi-mai pour les infections les plus graves

Récolter

On cueille quand la pomme a atteint sa taille, commence à se colorer et devient sucrée, et quand le pédoncule se détache facilement du rameau ; les premiers fruits tombés au sol sont aussi un signe. Pour une longue garde, on cueille avant la complète maturité ; le test à l'iode sur un fruit coupé en deux montre la disparition de l'amidon.

Les variétés de fin de saison ne sont pas prêtes à la cueillette : la RHS indique qu'elles doivent rester quatre ou cinq semaines en réserve avant d'être bonnes à manger, puis qu'elles peuvent tenir plusieurs mois.

Conserver et transformer

ModeTempératureHumiditéDurée
Fruitier domestique4 à 7 °C—1 à 2 (mi-saison) ; plusieurs mois (tardives)
La RHS conseille un local frais, sombre, aéré et un peu humide, à température stable entre 4 et 7 °C, et précise que les pommes ne supportent pas moins de 2,8 °C ; on range les fruits sains sur un seul rang, sans qu'ils se touchent, et l'on retire vite ceux qui mûrissent ou pourrissent.
Chambre froide professionnelle−1,1 à 0 °C90 à 95 %3 à 6 mois
Ce sont les conditions des chambres froides professionnelles pour les variétés qui ne craignent pas le froid ; les variétés sensibles au froid se gardent à 4 °C, et seulement 1 à 2 mois. La pomme produit beaucoup d'éthylène : on la tient à l'écart des kiwis et des légumes qu'on veut garder.
Réfrigérateur3,3 à 5,6 °C——
Le guide domestique de l'université de Californie conseille le réfrigérateur pour les pommes à garder plus d'une semaine, dans des sacs perforés et un bac séparé des légumes, sans donner de durée maximale.

Compote

La pomme est un fruit acide : la compote se stérilise au bain-marie bouillant selon le barème testé de l'USDA (2015), sauce portée à ébullition et mise en bocaux chaude. Le temps est de 15 min pour une pinte américaine (473 mL) et 20 min pour un quart (946 mL) jusqu'à 305 m d'altitude, puis de 20 et 25 min entre 306 et 914 m.

AltitudeBocalTemps
0 à 305 mpinte (473 mL)15 min
0 à 305 mquart (946 mL)20 min
306 à 914 mpinte (473 mL)20 min
306 à 914 mquart (946 mL)25 min

Barème testé : bain-marie bouillant, remplissage à chaud (USDA, Complete Guide to Home Canning, 2015). Au-dessus de l'altitude indiquée, le temps change.

Bocal

Les pommes en tranches, bouillies 5 min dans un sirop léger ou dans l'eau et mises en bocaux chaudes, se stérilisent au bain-marie bouillant 20 min pour une pinte ou un quart jusqu'à 305 m d'altitude, et 25 min entre 306 et 914 m (USDA 2015).

AltitudeBocalTemps
0 à 305 mpinte ou quart20 min
306 à 914 mpinte ou quart25 min

Barème testé : bain-marie bouillant, remplissage à chaud (USDA, Complete Guide to Home Canning, 2015). Au-dessus de l'altitude indiquée, le temps change.

Jus

Le jus de pomme chauffé et mis en bocaux chauds se stérilise 5 min au bain-marie bouillant en pinte ou en quart jusqu'à 305 m (USDA 2015). Un jus fait avec des pommes ramassées au sol peut porter E. coli O157:H7 : il ne se boit pas sans avoir été chauffé.

AltitudeBocalTemps
0 à 305 mpinte ou quart5 min

Barème testé : bain-marie bouillant, remplissage à chaud (USDA, Complete Guide to Home Canning, 2015). Au-dessus de l'altitude indiquée, le temps change.

Séchage

Les pommes se sèchent en rondelles de 3 à 6 mm à 60 °C, au four ou au déshydrateur, en 6 à 24 heures ; un trempage dans une solution d'acide ascorbique limite le brunissement, et les fruits secs se gardent 6 à 12 mois au frais et à l'abri de la lumière.

Avec le climat qui change

La floraison du pommier Golden a avancé de 6 à 7 jours en moyenne sur 51 ans à Angers, brusquement à la fin des années 1980, mais dans le Gard la levée de dormance recule depuis 2003 faute de froid. Les gelées qui suivent le départ de la végétation ne reculent pas : celle d'avril 2021 est devenue 50 % plus probable. En août 2026, Interfel annonçait une récolte de pommes réduite d'environ 20 % par rapport à 2025 à cause de la chaleur, et le CRRG constate des récoltes avancées de 7 à 15 jours qui raccourcissent la conservation.

Les variétés à floraison tardive, comme la Reinette de France ou le Court-pendu rouge, esquivent plus souvent les gelées de printemps, à condition de les associer à un pollinisateur qui fleurit en même temps. Pour un arbre qu'on n'arrose pas, MM111 tolère mieux les sols séchants que MM106 et M9. Contre le coup de soleil, les arboriculteurs testent des écrans blancs pulvérisés sur les fruits, qui ont réduit les dégâts de moitié ou plus dans un essai de 2025, mais le catalogue E-Phy ne donne à ces produits aucun usage autorisé au jardin contre le coup de soleil.

Les 72 références de cette fiche

Chaque valeur de la fiche vient d'une de ces sources. Quand elles ne disent pas la même chose, la fiche retient la mieux établie.

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