Pucerons
Aphididae
Les pucerons piquent la plante pour en sucer la sève : les feuilles se crispent ou se déforment, la croissance ralentit et la plante s'affaiblit. Ils rejettent un miellat collant sur lequel pousse une moisissure noire, la fumagine. Sur les cucurbitacées, le poivron, le piment et les salades, le dégât le plus grave vient des virus qu'ils transmettent (CMV, WMV, ZYMV, LMV, PVY).
Le reconnaître












Le puceron est un petit insecte au corps mou, avec ou sans ailes, qui vit en colonie et porte deux petits tubes, les cornicules, à l'arrière de l'abdomen. Au potager, sept espèces font l'essentiel des dégâts : le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), qui s'attaque à presque tout ; le puceron noir de la fève (Aphis fabae), en manchons noirs serrés aux pointes ; le puceron du melon (Aphis gossypii), sur les cucurbitacées ; le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae), gris-blanc, en colonies sous les feuilles des choux ; le puceron de la laitue (Nasonovia ribisnigri), caché dans le cœur des salades ; le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum) ; et le gros puceron vert ou rose de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae), qui touche aussi l'aubergine, le poivron, les salades et le fraisier. Un puceron parasité devient une momie ronde, brun doré, fixée sur la feuille et percée d'un trou de sortie : elle abrite une petite guêpe auxiliaire.
Ne pas confondre : Les larves de coccinelle et de syrphe, qui mangent les pucerons, sont souvent prises pour des ravageurs, et les momies brunes de pucerons parasités pour des pucerons vivants. Les aleurodes, petites mouches blanches qui s'envolent quand on secoue la plante, et les thrips sont d'autres piqueurs-suceurs.
Les dégâts, légume par légume
Les pucerons piquent la plante pour en sucer la sève : les feuilles se crispent ou se déforment, la croissance ralentit et la plante s'affaiblit. Ils rejettent un miellat collant sur lequel pousse une moisissure noire, la fumagine. Sur les cucurbitacées, le poivron, le piment et les salades, le dégât le plus grave vient des virus qu'ils transmettent (CMV, WMV, ZYMV, LMV, PVY).
Courgette dégâts forts
Le puceron du melon (Aphis gossypii) domine sur la courgette, où il se cache sous les feuilles, et lui transmet les virus ZYMV, WMV et CMV ; sous abri, le gros puceron vert (Macrosiphum euphorbiae) s'y installe aussi. En plein champ dans le Sud-Est, les virus ont fortement pénalisé le rendement en 2022.
Piment dégâts forts
Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le puceron du melon (Aphis gossypii) colonisent le piment et lui transmettent le virus de la mosaïque du concombre (CMV). En 2021, au Pays basque, des pucerons très précoces ont été suivis du CMV sur toutes les parcelles de piment en septembre.
Le moment sensible : Les auxiliaires s'installent après les pucerons, d'où les lâchers précoces conseillés sous abri.
Ail
Des pucerons transmettent à l'ail le virus de la bigarrure jaune de l'oignon (OYDV) et le virus de la bigarrure du poireau (LYSV) ; c'est surtout comme vecteurs qu'ils comptent sur cette culture.
Artichaut
Le puceron vert, identifié comme Myzus persicae par le bulletin de Bretagne, vit sur les feuilles, et le puceron noir (Aphis fabae) monte dans les capitules. Le pyrèthre n'a pas d'effet, parce que le puceron se loge à l'aisselle des feuilles.
Le moment sensible : Les capitules doivent rester sans puceron noir, alors que des pucerons sur le feuillage hors de cette période nourrissent plutôt les auxiliaires.
Aubergine
Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le gros puceron vert (Macrosiphum euphorbiae) colonisent l'aubergine ; en Provence, en 2020, jusqu'à toutes les plantes des foyers portaient de la fumagine sur les feuilles et les fruits. En 2022, les auxiliaires indigènes ont suffi à les maîtriser.
Brocoli
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) colonise le brocoli ; le bulletin de Bretagne conseille de ne pas traiter, car les auxiliaires le régulent. Sous un filet, il faut surveiller les pucerons, car les auxiliaires n'y entrent pas.
Carotte
Le puceron du saule et de la carotte (Cavariella aegopodii) transmet les deux virus du « motley dwarf », une maladie de la carotte, du céleri et du panais.
Chicorée
Le puceron de la laitue (Nasonovia ribisnigri), le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et Uroleucon sonchi attaquent les feuilles ; près des peupliers noirs, des pucerons s'installent aussi sur les racines.
Le moment sensible : Les infestations ont lieu au printemps et à l'automne, avec une baisse naturelle en été.
Chou cabus
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) forme des colonies gris-blanc sous les feuilles ; il déforme les jeunes plants et peut en tuer le cœur. En 2022, près de Bapaume, 75 % des choux pommés portaient des colonies d'une centaine de pucerons.
Le moment sensible : Les jeunes plants sont les plus sensibles.
Chou de Bruxelles
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) se loge entre les feuilles des pommes, où il est difficile à atteindre ; la variété Dimitri, aux pommes espacées, est plus facile à inspecter.
Chou kale
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) forme des colonies gris-blanc sous les feuilles du kale et passe l'hiver sur les vieux pieds.
Chou rouge
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) forme des colonies gris-blanc sous les feuilles ; il déforme les jeunes plants et peut en tuer le cœur.
Le moment sensible : Les jeunes plants sont les plus sensibles.
Chou-fleur
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae) colonise le dessous des feuilles et fait rosir le feuillage du chou-fleur. Plusieurs jours de pluie suffisent souvent à faire disparaître les colonies, tuées par des champignons.
Le moment sensible : Le risque est le plus élevé d'août à octobre quand l'été et le début d'automne sont secs.
Concombre
Le puceron du melon (Aphis gossypii) provoque un rabougrissement de la pointe, une décoloration des nervures et des feuilles salies de miellat et de fumagine ; il se cache dans les feuilles crispées. En Nouvelle-Aquitaine, la pression a été forte en 2024 et en 2025.
Courge d'hiver
Le puceron du melon (Aphis gossypii) colonise la courge et transmet ses virus ; même la variété tolérante Kaori Kuri a porté des fruits virosés en 2021. Dans les essais du GRAB, les foyers ont été bien maîtrisés par les coccinelles et Aphidius colemani indigènes.
Échalote
Des pucerons transmettent à l'échalote le virus de la bigarrure jaune de l'oignon (OYDV) et le virus de la bigarrure du poireau (LYSV) ; c'est surtout comme vecteurs qu'ils comptent sur cette culture.
Épinard
Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) colonise l'épinard et peut y rester tout l'hiver ; le puceron noir de la fève (Aphis fabae) s'y installe aussi.
Le moment sensible : Les fortes infestations surviennent sous tunnel bas, une année sur deux, en fin d'hiver, au printemps et à l'automne.
Fraise
Le gros puceron vert ou rose (Macrosiphum euphorbiae) et le puceron du fraisier (Chaetosiphon fragaefolii) colonisent le fraisier ; en Nouvelle-Aquitaine, 90 % des parcelles étaient touchées en juin 2023. Moins de 5 pucerons pour 10 feuilles représentent un risque faible.
Haricot
Le puceron noir de la fève (Aphis fabae) forme des colonies noires serrées aux pointes des tiges ; une forte attaque réduit la formation des gousses.
Laitue
Le puceron de la laitue (Nasonovia ribisnigri) vit dans le cœur, où les produits de contact ne l'atteignent pas, et rend la salade immangeable ; le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le gros puceron vert ou rose (Macrosiphum euphorbiae) s'y installent aussi et transmettent le virus de la mosaïque de la laitue (LMV).
Le moment sensible : Les attaques se concentrent à la fin du printemps et à l'automne ; la résistance « Nr:0 » des variétés est contournée par le biotype Nr:1.
Mâche
Des pucerons, dont l'espèce n'est pas documentée, attaquent la mâche ; ils y comptent surtout comme vecteurs de virus.
Melon
Le puceron du melon (Aphis gossypii) colonise le melon et lui transmet le CMV et le WMV ; aucune variété de melon n'est tolérante aux virus. La résistance « IR Ag » (ou Vat) à la colonisation est partiellement contournée : de nombreux foyers ont été vus sur ces variétés en 2026.
Le moment sensible : Le voile posé jusqu'à la floraison femelle protège la culture jeune.
Patate douce
Des pucerons, dont l'espèce n'est pas précisée, transmettent des virus à la patate douce ; c'est par là qu'ils comptent sur cette culture.
Petit pois
Le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum) colonise le pois ; les maraîchers tolèrent 10 à 20 pucerons par plante jusqu'à la floraison et plus de 30 ensuite, en regardant d'abord si les coccinelles et les syrphes sont là.
Le moment sensible : La plante est sensible de 10 feuilles jusqu'à 2 ou 3 semaines après la fin de la floraison, et dès la levée par temps doux et sec ; un temps frais ou pluvieux freine les pucerons.
Poivron
Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), le puceron du melon (Aphis gossypii), le puceron noir (Aphis fabae) et le gros puceron vert (Macrosiphum euphorbiae) colonisent le poivron ; Aulacorthum solani laisse des taches noires sur les fruits. Les pucerons y transmettent le virus de la mosaïque du concombre (CMV), et Balta est la seule variété de l'essai du GRAB tolérante à ce virus.
Le moment sensible : Les plants sont colonisés dès leur réception en mars, et toutes les parcelles suivies du Sud-Ouest étaient touchées en mai 2019.
Pomme de terre
Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le gros puceron vert ou rose (Macrosiphum euphorbiae) colonisent la pomme de terre et transmettent ses virus, dont le PVY. En 2025, en Centre-Val de Loire, les pucerons ont atteint 10 fois la normale maximale avant de chuter fin juin avec la chaleur, les orages et les auxiliaires.
Le moment sensible : Les auxiliaires sont arrivés 3 semaines après les premiers pucerons en 2025.
Radis
Le puceron cendré du chou (Brevicoryne brassicae), spécialiste des crucifères, s'attaque aussi au radis.
Rhubarbe
Le puceron noir de la fève (Aphis fabae) est le vecteur probable d'un virus de la rhubarbe ; sur cette culture, le puceron compte surtout comme vecteur.
Scarole
Comme les autres chicorées, la scarole est attaquée par le puceron de la laitue (Nasonovia ribisnigri), qui se cache dans le cœur, et par le puceron vert du pêcher (Myzus persicae).
Le moment sensible : Les infestations ont lieu au printemps et à l'automne, avec une baisse naturelle en été.
Tomate
Le gros puceron vert ou rose de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae) colonise aussi la tomate et les autres solanacées.
Quand surveiller
Il faut surveiller dès que la température moyenne dépasse durablement 4 °C, et surtout par temps doux et sec au printemps et au début de l'automne. Les jeunes plants, les plants achetés et les cultures sous abri sont touchés en premier.
| Facteur | Seuil | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Température moyenne | 4 °C | seuil de développement : en dessous, les pucerons ne se développent pas |
| Température moyenne | 22 °C | optimum : la multiplication accélère de 4 à 22 °C, puis ralentit au-delà |
| Somme de températures | 120 °C·jour | une génération : 10 jours à 12 °C, 6 jours à 20 °C |
| Temps chaud en été | 7 à 8 jours | de la naissance à l'adulte qui se reproduit ; un adulte peut produire jusqu'à 80 jeunes en une semaine |
| Temps sec en été et début d’automne | — | risque élevé pour le puceron cendré du chou ; risque presque nul en période humide |
| Plusieurs jours de pluie | — | des champignons font disparaître les colonies de puceron cendré |
| Fumure azotée élevée | — | favorise la reproduction des pucerons et des autres insectes piqueurs-suceurs |
| Présence de fourmis | — | les fourmis protègent les colonies de leurs prédateurs et parasitoïdes |
| Geste | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Risque | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre |
Quand intervenir : Aucun seuil n'est publié pour le potager familial : les seuils existants sont ceux des maraîchers, par exemple 10 à 20 pucerons par plante sur le pois jusqu'à la floraison, ou 30 pucerons verts par feuille sur l'artichaut. Sur les choux, le bulletin de Bretagne conseille de ne pas traiter le puceron cendré, parce que « la protection naturelle est efficace », et une plante bien installée supporte en général les piqûres.
Prévenir
- Voile ou filet sur les cucurbitacées
Posé jusqu'à la floraison femelle (voile P17, bâche 500 trous ou filet insect-proof), il empêche aussi la transmission des virus par les pucerons.
- Filet sur les salades
Des filets de 600 à 950 µm posés dès la plantation sur des plants sains ont donné de bons résultats ; posés trop tard, ils favorisent au contraire les pucerons.
- Paillage réfléchissant
Un paillage argenté a réduit la transmission des virus sur courgette et melon, et retarde de 2 à 4 semaines les premières infections au champ.
- Azote raisonné
Une méta-analyse montre que les insectes piqueurs-suceurs réagissent beaucoup plus que les autres aux engrais, et une plante riche en azote attire davantage les pucerons.
- Planter tôt les cucurbitacées
Les virus sont moins graves sur les cucurbitacées plantées tôt dans la saison.
- Désherber les abords
Les herbes spontanées (chardon, pissenlit, liseron…) servent de réservoir aux virus : le virus de la mosaïque du concombre compte plus de 1 000 plantes hôtes.
- Contrôler les plants
Les plants achetés et les œilletons d'artichaut doivent être examinés à leur arrivée, car ils apportent souvent les premiers pucerons.
- Arracher les vieux choux
Le puceron cendré passe l'hiver en œufs sur les vieux trognons, que la RHS conseille d'enlever après la récolte.
Les auxiliaires qui aident
- Coccinelles
Une coccinelle adulte mange 100 à 200 pucerons par jour, et une larve d'une centaine à plusieurs milliers pendant son développement.
- Syrphes
Une larve de syrphe mange 200 à 700 pucerons pendant son développement ; la France compte 510 espèces de syrphes.
- Chrysopes
Une larve de chrysope mange 200 à 500 pucerons en 15 à 20 jours de développement, et chasse surtout la nuit.
- Aphidius colemani (micro-guêpe parasitoïde)
Une femelle parasite 200 à 300 pucerons en 3 à 4 jours ; chaque puceron parasité devient une momie brun doré d'où sort un adulte au bout de 7 jours à 20 °C.
- Aphidoletes aphidimyza (cécidomyie)
Une larve mange 10 à 100 pucerons par jour, surtout entre 15 et 25 °C par temps humide.
- Champignons entomopathogènes
Après plusieurs jours de pluie, ils font disparaître les colonies de puceron cendré sur le chou-fleur.
Lutter : ce que disent les essais
Un produit n'apparaît comme utilisable que s'il est autorisé au jardin pour la culture concernée, d'après le catalogue officiel E-phy (gamme « Emploi autorisé dans les jardins »). Bio, naturel ou « biocontrôle » ne veut pas dire autorisé au jardin.
Ce qui marche, d'après les essais
Laisser travailler les auxiliaires
Efficace
Ne pas traiter quand coccinelles, syrphes, chrysopes ou momies sont présents, et tolérer quelques pucerons sur les plantes bien installées, qui nourrissent les auxiliaires.
Ce que disent les essais : Les bulletins observent que les auxiliaires indigènes maîtrisent seuls les foyers sur courge et sur aubergine, et celui de Bretagne juge un insecticide « contre-productif » sur l'artichaut, parce qu'il favorise une recolonisation rapide.
Limites : Les auxiliaires arrivent après les pucerons : en 2025, sur pomme de terre, ils sont apparus 3 semaines après les premiers pucerons.
Voile ou filet anti-insectes
Efficace
Poser un voile P17, une bâche à 500 trous ou un filet insect-proof sur les cucurbitacées jusqu'à la floraison femelle, et un filet de 600 à 950 µm sur les salades dès la plantation. C'est l'un des rares moyens qui protègent des virus, parce que l'insecticide arrive trop tard : le puceron transmet le virus en quelques secondes, avant d'être tué.
Ce que disent les essais : Les couvertures empêchent la transmission des virus par les pucerons, et les filets posés tôt sur des salades saines ont donné de bons résultats dans le projet ECLIPSE.
Limites : Posé trop tard ou sur des plants déjà porteurs, le filet favorise les pucerons, et les auxiliaires n'entrent pas dessous : il faut surveiller les plantes couvertes.
Paillage réfléchissant
Effet partiel
Un paillage argenté posé au pied des cucurbitacées désoriente les pucerons ailés et retarde l'arrivée des virus, que l'insecticide ne peut pas empêcher puisqu'il tue le puceron après la transmission.
Ce que disent les essais : Il a réduit la transmission des virus sur courgette et melon, et retarde de 2 à 4 semaines les premières infections au champ.
Limites : Il retarde l'infection sans l'empêcher.
Variétés résistantes ou tolérantes
Effet partiel
Choisir des laitues « Nr:0 » contre le puceron de la laitue, des melons « IR Ag » (Vat) contre la colonisation, et des courgettes, courges, concombres ou poivrons tolérants aux virus transmis par les pucerons.
Ce que disent les essais : Ces résistances réduisent la colonisation ou les dégâts des virus, mais aucune n'est complète : de nombreux foyers ont été vus sur des melons IR Ag en 2026, et le biotype Nr:1 contourne la résistance Nr:0 de la laitue.
Limites : Aucune variété de melon n'est tolérante aux virus, et une variété tolérante peut encore porter des fruits virosés, comme la courge Kaori Kuri en 2021.
Bandes fleuries
Effet partiel
Semer près des cultures des bandes de fleurs qui nourrissent les syrphes, les chrysopes et les micro-guêpes parasitoïdes.
Ce que disent les essais : Des bandes adaptées ont réduit les pucerons de 75 % dans des pommes de terre voisines, et une synthèse mondiale trouve en moyenne 16 % de régulation en plus près des bandes fleuries ; sur la laitue en France, le projet ECLIPSE n'a trouvé aucun gradient d'efficacité prouvé.
Limites : Le résultat dépend de la culture et du mélange semé.
Éloigner les fourmis
Effet partiel
Empêcher les fourmis de monter sur les plantes, parce qu'elles élèvent les pucerons pour leur miellat et chassent leurs prédateurs.
Ce que disent les essais : Sous serre de poivron en Espagne, exclure les fourmis a augmenté les momies de 22,2 % et réduit les colonies de puceron du melon, sans changer le rendement en fruits.
Limites : Sur la fève, une exclusion des fourmis a réduit à la fois les pucerons et leurs ennemis : l'effet dépend de l'espèce de fourmi, et aucun essai n'existe sur un légume de plein air.
Lâchers d'auxiliaires sous abri
Effet partiel
En serre ou sous tunnel, lâcher tôt des micro-guêpes (Aphidius colemani, Aphidius ervi), des cécidomyies (Aphidoletes) ou des larves de chrysope.
Ce que disent les essais : Au GRAB, les pucerons sont restés rares sur poivron avec des Aphidius lâchés tôt ; sur concombre, il a fallu 4 lâchers d'Aphidoletes en 2004.
Limites : Les lâchers sont peu rentables sur une culture courte comme la courgette, et peu utiles en plein air, où les auxiliaires indigènes arrivent seuls.
Achat de coccinelles
Effet partiel
Lâcher au jardin des coccinelles achetées.
Ce que disent les essais : Les recherches de l'Université de Californie montrent qu'il faut lâcher un très grand nombre de coccinelles pour contrôler les pucerons.
Limites : Les coccinelles indigènes arrivent d'elles-mêmes, avec quelques semaines de retard sur les pucerons.
Pratiqué, mais jamais mesuré
Écraser les colonies
Jamais mesuré
Écraser les colonies entre le pouce et l'index, et pincer les pointes de fève très envahies.
Ce que disent les essais : La RHS le recommande, mais aucun essai chiffré n'a été trouvé.
Limites : Le geste n'atteint que les colonies visibles, pas les pucerons cachés dans le cœur des salades ou les feuilles crispées.
Jet d'eau
Jamais mesuré
Déloger les pucerons en secouant la plante ou en l'aspergeant d'un jet d'eau puissant.
Ce que disent les essais : UC IPM le recommande, mais aucun essai chiffré n'a été trouvé sur un légume ; le chiffre de 70 à 90 % qui circule n'apparaît pas sur la page de Texas A&M à laquelle on l'attribue.
Macération de rhubarbe
Jamais mesuré
Pulvériser une macération de feuilles de rhubarbe sur les pucerons.
Ce que disent les essais : Un extrait a montré 57,8 % d'activité insecticide dans des conditions non précisées, et aucun essai de terrain n'a été trouvé.
Plantes répulsives (ail, ciboulette, basilic, thym)
Jamais mesuré
Planter des Allium ou des aromatiques au milieu des légumes pour éloigner les pucerons.
Ce que disent les essais : L'effet répulsif est surtout démontré au laboratoire ; au champ, les odeurs sont souvent trop diluées pour gêner les pucerons, et aucun essai n'a été trouvé sur les légumes du potager. Dans l'essai de Warwick, la ciboulette chinoise a eu un effet sur le puceron cendré du chou de Bruxelles, et le poireau intercalé n'a pas réduit les pucerons du poivron.
Capucine plante-piège
Jamais mesuré
Planter des capucines pour attirer les pucerons loin des légumes.
Ce que disent les essais : Aucun essai n'a mesuré une baisse des pucerons sur les légumes voisins, et la capucine est elle-même un hôte du puceron noir de la fève.
Huile de colza (Nativert, Nativert Spray)
Autorisé au jardinJamais mesuré
Produit de biocontrôle à l'huile de colza, autorisé au jardin contre les pucerons sur les cultures légumières : 3,6 ml/m² pour Nativert (848,24 g/l), 200 ml/m² pour Nativert Spray prêt à l'emploi.
Ce que disent les essais : L'autorisation existe, mais aucun essai indépendant n'a été trouvé sur son efficacité.
Limites : Trois applications au plus, à 7 jours d'intervalle. L'usage lu vise les « cultures légumières » ; la pomme de terre et le fraisier n'y sont pas nommés.
Autorisé sur épinard, laitue, chicorée, scarole, poivron, piment, artichaut, aubergine, haricot, rhubarbe, melon, courgette, courge d'hiver, concombre, chou cabus, chou rouge, chou-fleur, chou de bruxelles, chou kale, brocoli, radis, petit pois, tomate, mâche, patate douce, ail, échalote, carotte · délai avant récolte : 1 jours · AMM n° 2170978, 2170977 · vérifié dans E-phy le 3 octobre 2026.
Huile de colza (Naturen Eradibug, Naturen Eradigun)
Autorisé au jardinJamais mesuré
Produit de biocontrôle à l'huile de colza, autorisé au jardin contre les pucerons sur les cultures légumières et la pomme de terre : 2 ml/m² pour Eradibug (777 g/l), 1 litre pour 10 m² pour Eradigun prêt à l'emploi.
Ce que disent les essais : L'autorisation existe, mais aucun essai indépendant n'a été trouvé sur son efficacité.
Limites : Trois applications au plus. Le fraisier n'est pas nommé dans l'usage.
Autorisé sur épinard, laitue, chicorée, scarole, poivron, piment, artichaut, aubergine, haricot, rhubarbe, melon, courgette, courge d'hiver, concombre, chou cabus, chou rouge, chou-fleur, chou de bruxelles, chou kale, brocoli, radis, petit pois, tomate, mâche, patate douce, ail, échalote, carotte, pomme de terre · délai avant récolte : 2 jours · AMM n° 2110150, 2110149 · vérifié dans E-phy le 3 octobre 2026.
Huile essentielle d'orange (Limocide J)
Autorisé au jardinJamais mesuré
Produit de biocontrôle à l'huile essentielle d'orange (60 g/l), autorisé au jardin contre les pucerons sur les haricots et pois frais et les légumineuses sèches, à 8 ml pour 10 m².
Ce que disent les essais : L'autorisation indique une efficacité montrée sur Aphis et Macrosiphum ; chez les professionnels, l'huile d'orange vise d'abord les aleurodes et les thrips, avec un effet secondaire sur les pucerons, et aucun essai indépendant chiffré n'a été trouvé.
Limites : Six applications par an au plus. Elle agit comme le savon, par contact, et brûle davantage les feuilles, surtout au-dessus de 0,6 % et par chaleur.
Autorisé sur haricot, petit pois · délai avant récolte : 1 jours · AMM n° 2200059 · vérifié dans E-phy le 3 octobre 2026.
Ce qui ne marche pas
Purin d'ortie
Sans effet
Pulvériser un purin ou une infusion d'ortie sur les pucerons.
Ce que disent les essais : Dans deux essais de terrain du GRAB en 2003, l'infusion d'ortie n'a montré aucune efficacité significative, et un extrait d'ortie n'a pas eu d'effet significatif sur prunier et groseillier ; aucun essai n'a été trouvé sur un légume au jardin.
Limites : En serre, sur une plante ornementale, une tisane d'ortie a réduit les pucerons moins bien que l'azadirachtine, sans protéger les plantes encore saines ; l'ortie, substance de base européenne, n'a qu'un effet « limitant en début d'infestation ».
Purins de prêle et de fougère
Sans effet
Pulvériser un purin de prêle ou de fougère sur les pucerons.
Ce que disent les essais : Sur courgette sous abri, ces purins n'ont montré aucune efficacité contre le gros puceron vert, alors que le pyrèthre en tuait 70 % le lendemain.
Œillet d'Inde
Sans effet
Planter des œillets d'Inde (Tagetes patula) parmi les légumes pour repousser les pucerons.
Ce que disent les essais : Dans les essais de Warwick pour la RHS, l'œillet d'Inde a au contraire augmenté la colonisation des choux de Bruxelles par le puceron cendré.
Limites : Ce résultat vient d'un poster, pas encore d'une publication.
Interdit au jardin, même si on le conseille souvent
Savon potassique (savon noir)
Interdit au jardin
Les sels de potassium d'acides gras tuent les pucerons par contact. Aucun savon potassique n'est autorisé au jardin sur les légumes : les produits amateurs (Pucerons CPJ, Rapid'Total, Insectes et maladies CPJ) ne visent que les plantes d'intérieur et balcons, les rosiers, les fleurs et les arbustes, et Flipper et Neudosan sont réservés aux professionnels. Le savon noir ménager n'est pas un produit phytosanitaire, et sa teneur en savon varie de 5 à 30 %.
Ce que disent les essais : Le GRAB juge ses résultats très variables et souvent très décevants quand les pucerons sont cachés dans les feuilles crispées ou sous les feuilles, et moins bons sur les gros pucerons verts ; au laboratoire, il tue tous les pucerons verts du pêcher à 37,5 g/l.
Pourquoi : Il est fortement toxique pour les micro-guêpes parasitoïdes adultes : la dose qui tue la moitié des Aphidius (2,75 g/l) est plus faible que celle qui tue la moitié des pucerons adultes (5,5 g/l).
Vérifié dans E-phy le 3 octobre 2026.
Pyrèthre naturel (pyréthrines)
Interdit au jardin
Les pyréthrines tuent les pucerons par contact. Aucun produit amateur à base de pyréthrines n'est autorisé sur les légumes : Spruzit, Rapidinsect, Botaver et Fazilo ne visent que les rosiers, les fleurs, les arbustes et les plantes d'intérieur.
Ce que disent les essais : Sur courgette sous abri, le pyrèthre a tué 70 % des pucerons le lendemain ; son efficacité baisse au-delà de 25 à 30 °C, et il est resté sans effet sur l'artichaut, où le puceron se cache à l'aisselle des feuilles.
Pourquoi : Il est fortement toxique pour les pollinisateurs et pour les auxiliaires (Aphidius adultes, Aphidoletes).
Vérifié dans E-phy le 3 octobre 2026.
Azadirachtine (neem)
Interdit au jardin
L'azadirachtine, extraite du neem, n'a aucun usage autorisé au jardin sur les légumes, et c'est le seul produit utilisable en agriculture biologique classé reprotoxique (mention H361d).
Ce que disent les essais : En serre, sur une plante ornementale, elle a réduit les pucerons davantage qu'une tisane d'ortie ; sur la laitue, le projet ECLIPSE n'a obtenu aucun résultat probant avec le neem.
Pourquoi : Le GRAB ne la préconise pas.
Vérifié dans E-phy le 3 octobre 2026.
Son cycle
La plupart des espèces passent l'hiver en œufs sur un arbuste (le pêcher pour le puceron vert du pêcher, le fusain et la viorne pour le puceron noir, le groseillier et le cassissier pour le puceron de la laitue) ou sur les vieux choux pour le puceron cendré ; en hiver doux, des femelles restent actives sur l'épinard et les choux. Au printemps et en été, les femelles se reproduisent sans mâle et mettent au monde des larves, une quarantaine par femelle chez le puceron vert du pêcher, qui enchaîne 20 à 21 générations par an. Les formes ailées apparaissent quand la colonie devient dense, et le puceron vert du pêcher vole au printemps (avril à juin) puis revient de mi-septembre à mi-novembre.
Avec le climat qui change
Le puceron vert du pêcher est aujourd'hui détecté vers le 7 mai, contre le 24 mai dans les années 1960, soit 2,5 semaines d'avance en 40 ans, et 2 °C de plus feraient passer les pucerons de 18 à 23 générations par an. Au Royaume-Uni, chaque degré de plus en janvier ou en février avance leur sortie de 8 jours. Les bulletins français relient les fortes pressions aux années chaudes et sèches, comme 2022 sur les choux et 2025 sur la pomme de terre, où les populations ont atteint 10 fois la normale maximale.
Les 106 références de cette fiche
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- Agri-Réseau Québec, fiche Myzus persicae (lu dans le résumé du moteur) praticien ou réseau technique
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- Baillie et al. (Warwick / RHS), poster, Royal Entomological Society, 2024 praticien ou réseau technique
- Baillie, Griffiths, Salisbury, Jukes, Elliott, Collier (Warwick / RHS), poster, Royal Entomological Society, 2024 praticien ou réseau technique
- Dossier rhubarbe (Sources/rhubarbe.md:197) praticien ou réseau technique
- Dossier rhubarbe (Sources/rhubarbe.md:350, :364) praticien ou réseau technique
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- Mon Potager en Carrés, article 41159 « Auxiliaires » source non vérifiée
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